‹ Œuvres. Édition critique avec notices et glossaireChapitre 82 sur 269 · V. 161 1. — Puis paix se fait, et me lasche ung gros pet · texte numérisé non relu

V. 161 1. — Puis paix se fait, et me lasche ung gros pet

« Faire sa paix », en dehors de l'acception commune « se réconcilier » avait un sens erotique, celui de « faire l'amour ». Ce sens est nettement indiqué par le passage suivant et le contexte du Livre de Lee s ce :

Quant il n'a de quoy sa paix faire, Pour ce se doit tel homme taire.

(T. II, p. 29, V. 925-26.) — Il y a chez Villon, un souvenir d'Ovide, mais plutôt de Jean de Meun qui avait emprunté ce trait au poète latin :

Oscula daflenti, Veueris da gaudia flenti,

Pax erit ! hoc uno solvitur ira modo.

Cum bene saevierit, cum certa videbitur hostis, Tum pete concubitus foedera, mitis erit 1 {Amor. lib. II, 459-462.) — Parlant du « ribaut » qui l'exploitait et 1.1 rouait de coups, la Vieille reconnaît

Qu'il savoit trop bien sa pez faire !

Ja tant ne m'eùst fiait contraire.

Ne ja tant m'eùst mal menée Ne batuê, ne traînée Ne mon vis blecié, ne nerci, Qu'ainçois ne me criast merci Que de la place se meùst, Ja tant dit honte ne m'eùst Que de pex ne m'amoncstast Et que lors ne me refaitast.

Si ravions et pez et concorde. ..

(T. III, p. 29, V. 14693 et suiv.)

Page 1