V. 1658. — Fors plain poing d'osiers fre^ cueillis
— plain poing, « pleine main », locution.
Lequel tenoit entre ses deys A plain poing une gente chose.
La Confession Margot, dans VioIlet-le-Duc, ^«c. Théâtre franc, t. I, r- 375-
— d'osiers fre^ cueillis, l'osier frais cueilli dont se servait le bourreau pour fustiger les condamnés au fouet. « ... fut bastu par les carrefours de Lyon de vert osier.» Martial d'Auvergne, Arrests d' Amours, I ; cf., ci-dessus, la note au vers 652 du Testament.
v. 1639. — -^^ "'"" jardin ; je l'abatidonne.
— je r abandonne; faut-il entendre avec un commentateur (Bernard, Fr. Villon, p. 150) « je l'abandonne à son sort », ou plutôt donner à «abandonner » le sens qu'a « g':tter a bandon » au vers 1778 du Testament ?
v. 1640-41. — Chastoy est une belle aiimosne, Ame n'en doitestre marry.
« Le châtiment est chose louable; il n'est homme qui s'en doive peiner. » — « Icellui Danois. . . prinst deux vergerons de faux, et l'en bâti (son fils) a nu par les fesses, par manière de doctrine (correction) et de chastoy (châtiment). » Du Cange, s. v. doctrinare; cf. également aux mots : eleemosyna, et anima.
V. 1642-43. — Un:^e vins coups liiy en ordonne Par les mains de ntaistre Henry .
C'est cette dernière leçon de / (et des incunables) qui a été suivie ici, après La Monnoye, bien que AC donnent : Livre:^ par les mains de Henry, et F : Livrer par la main de Henry. Il semble, en effet, que lorsque l'exécuteur des hautes œuvres est désigné par son nom, il doive être précédé de la qualification niaistre. Parlant du bourreau qui avait décapité Mansart du Bois, le rédacteur du fournal d'un bourgeois de Paris ajoute que ledit bourreau mourut quelques jours après, « et estoit no;nmé maistre Guieffroy » (p. 18, an. 141 1). « Item pour faire batre
par troys jours de feste un garçon pour certains maléfices par lui perpétrez et condempné par la justice de Monseigneur par niaistre Henry, pour son salaire xii s. p. » (Compte de Jacques Seguin, prieur de Saint-Martin-des-Champs, Arch. nat. S. 1461% 31 mars 1457; '^ité par Champion, t. II, p. 339). L'auteur de la Chronique scandaleuse, après avoir parlé de « maistre Henry Cousin, maistre bourreau en ladicte ville de Paris » (t. II, p. 58, an. 1477), ajoute un peu plus loin « ... et furent tous quatre penduz au gibet de Paris par les mains dudit maistre Henry. » Ihid., p. 60. — Livrei, fourni par ^CF avec le sens de «donnés, administrés » ne semble par indispensable au sens suffisamment clair par luy en ordonne : au contraire, Henry, dont il n'a pas encore été question, a besoin du qualificatif iHfl/i/r«, pour éviter toute équivoque. Quoi qu'il en soit, la leçon par les mains, donnée par ACI doit être préférée, vraisemblablement, à par la main (F) adoptée par les derniers éditeurs, Longnon (les 5 édit.), Wurzbach et Schneegans.
CXLIII. — A l'Hôtel-Dieu, de même qu'aux pauvres hôpitaux, Villon, ne sait que donner, chacun leur envoyant les reliefs de sa table. Les Mendiants, dit-il, ont eu mon oie; que les pauvres gens des hôpitaux en aient les os. Et Villon de conclure par un double jeu de mots : A menue gent menue monnoye.
V. 1644-45. — Item, ne sçay qu'a VOstel Dieu Donner, n'a poires hospitaulx.
Voici la description de l'Hôtel Dieu de Paris faite, de visu, eu janvier 1462, par le chancelier de l'ambassade florentine, Giovanni di Francesco di Neri Cecchi : « Uno spedale grande, clie vi sono 500 letti, lo quale a uno andito, et in su la testa di quello è in croce, et dal lato ritto délia f sono le donne malate ; inanzi si giungha alla testa dell' andito, cioè alla f, à due altri luoghi, cioè anditi per letta d'infermi; da man mancha sono letta per lato, cioè per andito per ogni mano, uno et due nel mezo in modo è largo l'andito. Et di sotte a esso spedale è uno altro spedaletto di gittategli (ceci est inexact, cf. plus loin la note du vers 1660). Governano detto spedale donne religiose con habito nero, che sono 40, et hanno 20 altre donne sanza habito. Dicesi vive di limosine lo spedale. A il detto spedale la cappella a man sinistra alla sua entrata, et è posto prcsso alla
chiesa di Nostra Dama. » Archivio storico italiano (Florence, 1865), 3e série, t. I, p. 51.
« Item a .xii. povres hospitaux de Paris, comprins ens cellui de Saint Jaques du Hault Pas, de Nostre Dame des Champs... » Tuetey, Testaiiients, p. 434.