V. 1654. — Près voisin d'Angelot Verbicr
■ — -près voisin, locution :
Ouyent la noise et le hutain
De ceulx qui sont moult près voisin.
Le Roman d'Athos, cf. Du Cange s. v. hulimis .
Il erent si très près voisin
Entre aus deus n'avoit c'une selve.
Cf. Du Cange, s. v. sylva. — « Je me transporta}' en l'ostel d'une assez près ma voisine ou j'avoie acoustumé d'alcr souvent deviser. » Fr. 21 51, fol. 5.
CXLV. — Rien aux Enfants-Trouvés. Les consolations de Villon vont aux Enfants perdus. On les retrouvera sans doute à l'école publique que tient « Marion l'Ydolle ». Il leur lègue ses derniers conseils.
V. 1660-61. — Item, riens aux Eufans Trouve^; Mais les perdus J\uit que consolle...
Villon équivoque sur le terme d'Eufaiis Troufe^, qui s'appelaient également les Enfans perdus. « Item, a l'œuvre de Nostre Dame huit solz parisis ; aux povres enfans perdus de Nostre Dame, quatre solz parisis » (16 octobre 141 1) ÇÏUQtty y Testamenls,f^. 536), et les autres enfants perdus, les mauvais sujets de son espèce. — Le refuge des Enfants Trouvés avait été installé par le Chapitre de Notre-Dame dans une maison située au bas du Port-l'Évèque et que l'on nommait La Couche. On y portait les enfants recueillis sur la" voie publique dans le berceau placé en évidence à l'entrée de l'église : Par son testament en date du 2 septembre 1431, Isabeau de Bavière (-j- 29 septembre 1435, « un peu avant minuit ») leur faisait un legs de huit francs. « xxvin. Item, aux pauvres enfans trouvez de Nostre Dame de Paris huict francs.» Testament de la reine Isabeau de Bavière, dans Féllbien et Lobineau, Recueil de pikes justificatives poxir servir de Preuves à l'Histoire de Paris (1725), t. III, p. 5 54'\ d'après l'original de la Cour des Comptes, dont une copie dans le fr. 16586 (fol. 274) donnant le testament et le codicille (fol. 270 et suiv.). Ce testament et codicille de 143 1 annulaient un premier testament dont l'original, en parchemin, se trouve dans le fr. 6544 (pièce 3), (« a Melun, 5 avril 1407 avant Pasques »), et le codicille (pièce i) (« donné au chastel du boys de Vincennes, le 15 avril 141 1 après Pasques »). Dans ce dernier testament (1408), le legs aux enfants trouvés de Nostre Dame ne figure pas. Cf. également Jaillot, Recherches critiques sur Paris ; Quartier de la Cité, p. 97 ; et le plan en tête du volume (1772). — Dés 1363, la confrérie du Saint- Esprit-en-Grève, autorisée par l'évêque de Paris, avait acheté une maison et une grange en la place de Grève, attenant à l'hôtel du Daupliin où est à présent l'Hôtel de Ville, pour y recueillir le grand nombre d'enfants abandonnés dans la rue. (Du Breul-Malingre, Antiquitei de
Paris (1640, in-fol.), p. 575.) Dans son testament du 20 août 1409, Jeanne la Héronne laissait « au Saint Esperit en Grève, pour les pauvres orfelins et trouvez d'ilec, xx solz parisis » (Tuetey, Testaments, p. 487). Du temps de Villon, par lettres patentes de Charles VII de l'année 1445, les enfants trouvés n'y furent plus admis, l'asile du Chapitre de Notre-Dame restant particulièrement affecté à ces derniers. Quant à l'Hôtel-Dieu, il ne recevait pas d'enfants trouvés, malgré l'affirmation contraire de Giovanni di Francesco di Neri Cecchi, chancelier de l'ambassade florentine envoyée, en 1461, auprès de Louis XI, dans la relation qu'il fit de son séjour à Paris. Il rapporte qu'audessous de la grande salle où sont les femmes malades se trouve un petit hôpital pour les Enfants trouvés, spedaletto di Gittategli. (Cf. le texte de ce passage à la note du vers 1642.) Dans la rapide visite qu'il fit de l'Hôtel-Dieu, Messer Giovanni ayant remarqué des enfants dans cette salle affectée aux « femmes gisans d'enfans », aura conclu qu'il s'agissait d'enfants trouvés. (Cf. également A. Husson, Etudes sur les Hôpitaux, Paris, 1862, in-40, p. 495.) A l'Hôtel-Dieu « il n'y avait pour les enfants ni salles particulières, ni lits spéciaux ; on les recevait dans la chambre des accouchées ou dans la Salle Neuve. » Coyecque, U Hôtel-Dieu de Par is au moyen âge, t. I, p. 65.