Genèse , xli
3. L e khamsin, « un vent oscillant entre S. et O. »; voy. Bulletin de l’Institut égyptien , 1889, p. 135 et suiv.
4. Voy. Dillmann, Exodus, p. 93. Il faudrait comprendre rouah gain
dans le sens de l’arabe c £. On s’attendrait à trouver une construction
du texte hébreu à l'Exode, x, 19, comme par exemple Job, i, 19. Par moment, on est presque tenté de se demander si le mot yâm n’est pas employé suivant son sens géographique ordinaire, mais tourné pour être l’opposé de qâditn ici {Exode, x, 13), signifiant le midi.
5. Exode, x, 13 et 19. Voy. la traduction grecque dite des Septante.
AU POINT DE VUE GÉOGRAPHIQUE 169
suivante (c’est-à-dire la neuvième) a déjà été reconnue comme ayant été causée par le khamsin1 ; elle est ainsi décrite : « Et Yalio dit à Moïse : Étends ta main vers les cieux et qu’il y ait des ténèbres sur le pays d’Égypte 2... et Moïse étendit sa main vers les cieux et il y eut une obscurité profonde3 sur tout le pays d’Égypte, trois jours4. »
III. On peut traduire le passage relatif à la séparation des eaux : « Et Yaho chassa la mer par un vent du sud (ouest) véhément, toute la nuit, et il mit la mer à sec 5. »
Ainsi, nous constatons que dans l’antiquité on avait bien le sentiment d’une couleur locale ; le livre de Job nous transporte chez les Bédouins, et les épisodes du livre de Rutli sont censés se dérouler aux jours quand les juges jugèrent.
En Égypte, le Papyrus Anastasi I, qui paraît avoir été le cahier d’un étudiant, est formé de fragments extraits d’ouvrages plus anciens. L’auteur de l’un des documents, dont le Papyrus Anastasi I paraît avoir conservé des extraits assez textuels, pour donner une couleur locale au récit, une sorte de voyage en Ckanaan, y introduisit des mots sémitiques, tout en traitant son sujet au point de vue littéraire et romantique. Un autre document, dont on trouve des fragments assez considérables conservés par le Papyrus Anas-
1. Exode , x, 21 et suiv.; cf. la traduction grecque dite des Septante. Voy. Dillmann, Exodus, p. 94.
2. Cf. Papyrus Sallier IV, pl. 11, iig. 5, G, cf. pi. 14, lig. 7 et suiv.
3. Hosêk-’apôlâ {Exode, x, 22), cf. l’expression égyptienne kakoui samoui. Voy. Maspero, Les Hypogées, dans la Ree. de Vlûst. des relig., 1888 (extrait), p. 24.
4. Le khamsin « se prolonge rarement au delà de trois jours » ; Mc/n. de l’ Inst, égypt., t. I, p. 369.
5. Exode , xiv, 21 h (jéhoviste). On peut objecter que c’était bien selon l’idée de l’écrivain, ou selon la légende, que le vent de l’est aurait séparé les eaux et qu’on n’employait plus, à ce moment de la narration, l’orientation égyptienne.
l’égypte et la bible
tasi I, paraît bien avoir aussi décrit un voyage enChanaan, mais cet ancien écrivain traitait son sujet en décrivant le pays1, etc.
Dans la partie de la Bible relative à l’Egypte, on essaya de donner une couleur locale ou égyptienne au récit en décrivant des mœurs et coutumes des Égyptiens ; de plus, on introduisit dans le récit des mots égyptiens 2. Ce qui est encore bien plus curieux, mais parfaitement dans l’esprit de la narration, on représenta non seulement le roi d’Égypte rêvant et parlant suivant l’orientation du système géographique des Égyptiens, mais on se figura soi-même être en Égypte et l’on parla suivant ce même système ; de plus, on décrivit fort exactement un phénomène naturel de l’Égypte, le vent du midi, le khamsin.
1. Le Papyrus Anastasi I, de la planche 1 à la planche 18, ligne 3, contient divers fragments sur divers sujets; c’est de la planche 18, lig. 3, jusqu’à la fin du papyrus, qu’on reconnaît des ouvrages antérieurs plus spécialement relatifs à Chanaan. — Notons que certains indices portent à croire que le Papyrus Anastasi I n'est que la copie, plus ou moins fidèle, d'un autre cahier qui fut, peut-être, lui-même la copie des études faites des ouvrages antérieurs ; en tous cas, ce qui paraît sûr, c'est qu’on reconnaît des fragments appartenant à des ouvrages plus anciens ayant chacun son caractère spécial. Le Papyrus Anastasi I, pl. 18, ligne 3 et suiv., ressemble ainsi, quant à la composition, à la Genèse, particulièrement chap. xxxix et suiv.; Exode, i et suiv. Au sujet du Papyrus Anastasi I, voy. Chabas, Voyage d’un Égyptien. Brugsch, Examen critique; Chabas, Réponse à la critique. Cl. M. Grébaut, Rapport de l’école pratique des Hautes- Études, 1882-1883, p. 36 et suiv.
2. Les scènes sont censées se dérouler à l’époque des rois Pasteurs sémites, et on trouve introduits dans le texte des mots usités dans la langue araméenne ou chaldéenne.
LA PLUS ANCIENNE OBSERVATION
d’un