‹ Œuvres égyptologiques de William N. GroffChapitre 119 sur 309 · Genèse, xi · texte numérisé non relu

Genèse, xi

un point de ralliement. La vie nomade tend à se changer en vie sédentaire 1 .

Dans la vieille légende patriarcale, ou roman, de Job, on trouve, mais sous une forme bien poétique, la même conception du monde. La terre est assimilée à un vaste tapis étendu; la lumière de l’aurore, en venant l’éclairer, chassait les malfaiteurs, comme, quand on secoue un tapis, on en chasse la poussière'2.

Mais l’homme était susceptible de progrès. Bien et bien des fois il avait attendu avec impatience l’aurore, épié les premiers rayons de lumière et salué le soleil levant qui chassait les ténèbres, éveillait la nature et faisait revivre le monde.

Le côté vers lequel il tournait ses regards devenait pour lui le devant, l’avant, Y orient, et, par suite, l’arrière était Y occident, la gauche, le nord, et la droite, le sud. Ainsi naquirent avec le jour, aux rayons du soleil levant, qui rendait visible la terre, les premiers éléments qui sont la base de ,toute géographie. Le monde fut divisé en quatre parties : est, ouest, nord, sud, et voilà le premier système d’orientation; c’est celui, à peine modifié, qui est employé encore de nos jours. Mais, pendant les cinq mille ans de son existence probable, il doit avoir eu une histoire. Sans essayer d’être complet, notons en quelques épisodes, plus particulièrement parmi ceux qui ont eu lieu dans la vallée du Nil. Il faut supposer que l’origine du système d’orientation que nous venons de décrire eut lieu chez les Sémites, en Asie. Il est souvent difficile, dans le texte hébreu de la Bible, de savoir si l’on doit traduire semo/ par « gauche » ou par « nord » et yamin par « droite » ou par « sud ». Abram aurait dit à Lot : « Si (tu vas) à gauche, j’irai à droite »; d’après les Septante, àpiaxspâ et Miâ, ou : « Si (tu vas au) nord, j’irai

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