Pierret, Dictionnaire d' archéologie égyptienne , p
2. Revillout, Revue ègygtologique, t. II, p. 39. — On trouve dans les textes hiéroglyphiques la mention des points intermédiaires, nordest, nord-ouest, sud-est, sud-ouest, de même que dans nos langues modernes.
(Kpôvo? ) serait né à gauche, mort à droite, légende qu’il assimile au Nil qui aurait son origine au sud, ou à gauche, et se jetterait dans la mer au nord, ou à droite. Pourtant il faut se rappeler la position de la déesse Nout, personnification du ciel et que le soleil, suivant le système d’orientation populaire des anciens Égyptiens, se lève (serait né) à l’orient, ou à gauche, et se couche (serait mort) à l’occident, ou à droite1.
Ainsi tournait lentement, poussé, pour ainsi dire, par une main invisible, le point initial du système d’orientation égyptien, tantôt peut-être au nord, assurément à l’est, au sud et, comme nous venons de le voir, à l’ouest : il suivait le cours du soleil.
Ainsi les deux grandes races de l’antiquité avaient chacune son système d’orientation ; le Sémite tournait sa face vers le soleil levant, le Hamite vers le midi. Lorsque les rapports entre ces deux peuples deviennent de plus en plus intimes, on trouve, dans les textes égyptiens appliqués à l’Asie, les termes usités par le système d’orientation asiatique, et de même, dans les textes sémitiques relatifs à l’Égypte, le système d’orientation égyptien2.
Des noms et termes géographiques, en passant d’un peuple à un autre, furent, soit transcrits par allitération ou bien traduits, quelquefois transcrits et aussi traduite.
Chez les Sémites, yernin signifie la « droite » et le « sud » ; chez les Égyptiens, il a pris le sens de « droite » et
1. Mélanges d'archéologie, t. I, p. 117; Hennés Trismègiste, édit. Ménard, p. 205 ( Seb représente bien la position occupée par l’Égypte); Plutarque , édit. Parthey, p. 54-55; Chabas, Les Inscriptions des mines d’or, p. 33. Pour une étude plus développée des rapports entre ces peuples, voyez mon Étude sur les rapports entre l'Égypte et le Livre de Jonas ( Mèm . de l’Inst. èggpt., t. III).
2. Voy. mon étude sur L’Égypte et la Bible au point de eue géographique, dans le Bulletin de la Société khédiviale de géographie , IIIe série, p. 801 et suiv.[; cf. p. 152-170 du présent volume].
cT« ouest ». Chez les Sémites la « gauche » est le « nord », et dans le décret de Canope, la Syrie est nommée Retennu-(t) ab-t « Retennu gauche »; ici le texte égyptien porte la traduction ab « la gauche », c’est-à-dire à gauche du royaume des Ptolémées (formé par la Libye, l’Égypte et l’Arabie), suivant le système d’orientation asiatique. La Phénicie était nommée, par des Sémites, mat ahâré, c’està-dire le pays qui est arrière , derrière ; on trouve ce nom transcrit, dans les textes égyptiens, « Khar » et traduit par Kefa , mot qui signifie en égyptien « derrière » h
Suivant le système populaire d’orientation égyptien, ha « derrière » sert à désigner le nord, dès une bien haute époque. La mer Méditerranée est au nord de l’Égypte, le nord pouvait être désigné comme le côté de la mer1 2. En égyptien, le « sud » était le « devant »; dans le texte hébreu de la Bible, on le trouve désigné par le mot qâdim « devant »3.
Le nom d’une ville égyptienne était Khem : le dieu Khem ayant été assimilé au Pan grec, la ville est nommée tantôt xéppuç, tantôt navÔTroXiç.
Les Égyptiens nomment le pays à l’est de la vallée du Nil teser « rouge » et, par extension, les habitants et la mer qui la borne. Les Grecs traduisirent cette désignation ainsi : les peuples furent nommés les ’EpuOpaïot et la mer qui la borne était la mer ’EpuOpà (6aXaa-<ra). Strabon et Pline transcrivirent le nom grec de cette mer par « Erythraeum », qui est aujourd’hui devenu « Erythrée ». Cicéron traduit ce nom grec par « Mer Rubrum ». C’est cette forme, traduite de nouveau, qui sert dans nos langues modernes à désigner la mer Rouge.