‹ Œuvres égyptologiques de William N. GroffChapitre 126 sur 309 · Walp. OZ · texte numérisé non relu

Walp. OZ

Xty est traduit par ejme«T, et l’arabe dit ij, f « occident ». Ainsi, il semblerait bien que la version grecque ait traduit le texte hébreu au point de vue, ou suivant le système d’orientation des Égyptiens, et qu’elle ait été suivie par les versions copte et arabe. Dans l’arabe littéraire, on a conservé

l’ancien système d’orientation sémitique; ainsi JA signifie « lever du soleil, orient », v j j. « coucher du soleil, occident », J LA « côté gauche, nord », Jy « côté droit », Jy « le sud1 ».

Aujourd’hui, en Égypte, \efellah, se figurant suivre le cours du fleuve, tourne sa face vers le nord, qui est indiqué par le

nom j f « vers la mer », c’est-à-dire, pour lui, « le nord » ; lui sert à désigner le « sud », et J, f « orient » signifie

également « droite », f « occident » et « gauche »2. Ce serait le contraire du système populaire des anciens Égyptiens qui avait pour point initial le sud; mais 1 q fellah, en s’orientant vers le nord, aurait fait ce que firent, peut-être, les aïeux des anciens Égyptiens, il y a bien et bien des siècles, car « il n’y a rien de nouveau sous le soleil ».

Chez les anciens Égyptiens, c’est une assimilation bien vieille, celle de a la vie d’un homme au cours diurne du soleil », de même que la vie d’un homme est assimilée à la vie d’un peuple.

Quelques indices laissent, peut-être, supposer que, dans la nuit du passé lointain, les aïeux des anciens Égyptiens s’orientaient vers le nord; nous venons de le constater, à l’aurore de l’histoire, on se tournait vers le soleil levant. Au midi de la prospérité, les anciens Égyptiens s’orientaient vers le sud ; à l’époque de leur déclin, nous avons vu des indices qu’on se tournait vers le soleil couchant. Puis, de

1. L’orientation d’après la Mekke (ou J.J) sort du cadre de la présente étude.

2. Yacoub Artin Pacha, Bulletin de l'Institut égyptien, 1891, p. 265.

même qu’après que le soleil a tourné sa face vers Y Amen-ti, vient la nuit, l’Égypte, vieille de siècles, reposa dans ses tombeaux qu’elle avait creusés pour elle-même.

Chez les anciens Égyptiens c’est une croyance bien vieille : le soleil, qui disparaissait à l’occident, faisait un circuit au nord et reparaissait à l’orient.

Aujourd’hui, comme, peut-être, de même qu’on fit au crépuscule de la période préhistorique, les Égyptiens s’orientent vers le nord. « Ce qui a été, c’est ce qui sera, et ce qui a été fait, c’est ce qui sera fait », dit-on. Tournons alors nos yeux vers l’orient; on croit y voir déjà poindre l’aurore. Espérons que bientôt les gloires du passé revivront en Égypte, au jour d’une ère nouvelle.

QUELQUES NOTES1

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