‹ Œuvres égyptologiques de William N. GroffChapitre 127 sur 309 · SUR L’ÉTYMOLOGIE DU NOM DE THÈBES · texte numérisé non relu

SUR L’ÉTYMOLOGIE DU NOM DE THÈBES

En égyptien, ap signifiait « petite maison, édicule », et servait à désigner « un quartier de Thèbes » ; au pluriel, api-u était un des noms de la ville de Thèbes. Ce serait, dit-on, ce nom, précédé de l’article féminin singulier, ta, soit ta-api-u, que les Grecs auraient transcrit par erfîcu, d’où le nom moderne, Thèbes.

D’abord on est surpris de trouver un nom au pluriel précédé par l’article singulier, ce qui pourtant est explicable mais, à part cette question, l’origine des noms adoptés par des peuples étrangers doit souvent être cherchée dans la langue populaire. On trouve la ville de Thèbes désignée, dans les textes démotiques, par le nom tap. Le premier caractère est le signe ta (abréviation du signe ta) « terre » (voyez, par exemple, pour le signe ta, Rev. égyptol., t. Il, nos 2 et 3, pl. 10, 11). Le second est p. Il faudrait supposer que les deux voyelles qui se rencontrent en ta-ap sont représentées par la voyelle du signe ta, mais le texte grec transcrit par rt (peut-être faudrait-il supposer te-ap, ea = T)). Quant à la terminaison at du grec ©rjêai, elle peut être expli-

1. Publié dans le Bulletin de l’Institut égyptien , III" série, t, V, 1894,

QUELQUES NOTES

quée comme correspondant à un pluriel égyptien. Alors on aurait ap, api-u, ta-api-u (te-api-u) tap (tapi-u) Qrfîou.

Il semble bien qu’on n’aurait qu’à garder l’explication qui reconnaîtrait le prototype ©rjëa- dans le mot api-u, mais au lieu de l’article singulier il faudrait expliquer le 0 par le mot ta « terre »; ainsi eïfîxi signifierait « terre » (des) api-u 1 2 * * .

LA DATE DU PAPYRUS Nu 1 DE BERLIN

Un des documents qu’on considère comme étant des plus importants pour l’histoire de la XIIe dynastie est le roman de Senehat, conservé par le papyrus n° 1 de Berlin. Le début manque, mais on l’a complété par un texte d’ostracon, publié dans le deuxième volume des Mémoires de l’Institut égyptien.

La narration est des plus simples. Un Égyptien se sauve au pays de Chanaan ; après y avoir séjourné pendant un certain nombre d’années, il retourne en Égypte. Selon l’ostracon, sa fuite aurait été causée par le fait qu’il avait appris la mort du roi.

On suppose que l’ostracon est de la XXe dynastie8; quant au papyrus, on le croyait de la XIIe dynastie. M. Maspero le place entre la XIIIe et la XVIIIe. Il dit que le roman fut « composé, au plus tard, vers la XVIe ou la

1. Résumé, d’après mes souvenirs, du résultat d’une conversation à ce sujet avec M. Revillout. Voyez Brugsch, G m g rapide der alten Æggptens, p. 177 et suiv. ; Chabas, Le nom de Tliôbes, p. 8; Brugsch, Dict. gèogr., p. 216 et suiv.; Pierret, Vocab. hièrogl ., p. 18; Brugsch, Gram, hièrogl., § 24; Wiedemann, Herodots Zweites Bach, p. 48.

2. Je le crois bien plus moderne. Notons que l’ostracon semble sous-

entendre un état politique un peu différent de celui qui est générale¬

ment accepté ailleurs.

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