‹ Œuvres égyptologiques de William N. GroffChapitre 138 sur 309 · Voy., par exemple, Gesenius, H.W. B., p. 848 et suiv · texte numérisé non relu

Voy., par exemple, Gesenius, H.W. B., p. 848 et suiv

5. Voy. Max Müller, Lectures on tlie Science of Language , vol. II, p. 448.

6. « Nom. Le terme qui sert à désigner une personne ou une chose » (Larousse, Nouveau Dictionnaire).

LE NIL NOIR

» un objet quelconque qui éveillait son intérêt, sans avoir « d’abord remarqué une qualité générale qui semblait à ce » temps fournir la caractéristique d’après laquelle l’objet » méritait le mieux d’être nommé » 1 , de sorte que le mot employé pour désigner un objet, soit animé, soit inanimé, devrait le décrire, indiquer ce qu’il est, en un mot, comme dit la vieille légende, « être son nom ».

Le nom d’une personne devait indiquer l’état de la personne. On pouvait avoir plus d’un nom, l’un employé habituellement, l’autre, le plus vénéré, marquait la relation entre la personne et une divinité ; ce nom était censé mettre la personne sous la protection d’une divinité2.

Il en fut souvent de même quant aux noms des localités, mais quelquefois des noms furent donnés en commémoration d’un événement quelconque. Plus tard, parfois, on oublia l’événement, mais le nom resta, puis on l’expliqua par une étymologie, souvent erronée, qui donna naissance à une légende, laquelle bientôt passa pour un fait réel et, ensuite, devint de l’histoire3.

Les noms de fleuves furent souvent donnés d’après l’aspect, la couleur des eaux ou, enfin, le caractère général du cours d’eau. Le même fleuve pouvait avoir, à la fois, plusieurs noms, mais, suivant les vicissitudes de toute chose mondaine, quelquefois, au cours des siècles, ces noms subirent des transformations dont l’histoire est des plus intéressantes.

Chez les anciens Égyptiens le nom sacré du fleuve d’Égypte était Hapi; le fleuve était « qualifié de revivant, à cause de sa réapparition annuelle », et, pour la même raison,

1. Max Müller, Lectures on the Science of Lctnguage , vol. II, p. 68.

2. Voy. mon Étude sur les noms propres chez les Égyptiens, dans la Reçue èggptologique, t. V, p. 85 et suiv.[; cf. p. 24-32 du présent volume].

3. Voy. ma Notice sur M. Ernest Renan, dans le Bulletin de l'Institut égyptien, 1893, p. 36 [; cf. p. 142-143 du présent volume].

230 ORIGINE DES NOMS GÉOGRAPHIQUES

de «renouvelant de la vie»1. Il est aussi nomriié iam, iuam, c’est-à-dire « mer », à cause de l’aspect du fleuve, ou de l’Égypte, à l’époque de l’inondation2. D’un côté

la désignation grecque ’üxeavôç* et de l’autre l’arabe £ sont l’écho de cette qualification. Il peut en être de même quant au nom uet-ur, qui signifie « grand vert » et qui sert à désigner et la mer et le fleuve1 4 5, mais peut-être ce nom, appliqué au fleuve, doit-il son origine à une allusion à la couleur verdâtre ou verte, des eaux au moment où l’inondation commence ; la Bible parle des eaux nauséabondes, c’est-à-dire verdâtres, du Nil, et fait mention de la couleur rougeâtre, ou rouge, des eaux du fleuve’.

En hébreu le nom poétique du Nil est shihor, dont la signification verbale est « être noir », et, comme adjectif, « noir », de sorte que shihor signifie « (le fleuve) noir » ; ce nom est évidemment donné à cause de la couleur des eaux, ou mieux des limons noirâtres, ou noirs, charriés par le fleuve6. On trouve l’équivalent de ce nom dans la désignation grecque MéXa? (et lat. Melo).

Le nom populaire du fleuve d’Égypte, chez les anciens Égyptiens, était atul qui devenait aul, aol, itiaol, ial, il, etc. Ce nom signifiait « fleuve, lieu arrosé » et le sens verbal paraît en avoir été « couler ». Ce nom pouvait être muni du qualificatif ââ « grand », être précédé de l’article

1. Pierret, Dict. d’archèol. ègypt ., p. 368, et Vocab., p. 115.

2. Voy. mon étude, Le Nil , dans le Bulletin de l’Institut égyptien , 1892, p. 165 et suiv.[; cf. p. 120-133 du présent volume].

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