Maspero, Histoire ancienne , p
EN ÉGYPTIEN
époques? C’est alors que les hiéroglyphes nous montrent deux tribus. L’une s’appelant Jakob-el, l’autre Josep-el, faites prisonnières par Thoutmès III à Mageddo et amenées captives en Égypte, à Thèbes. Avons-nous ici une page de la Bible perdue?
Voici, mon cher maître, les quelques remarques que j’avais à faire, espérant que vous voudrez bien les traiter avec la même bienveillance que tous mes premiers travaux et me considérer comme un de vos élèves à l’École du Louvre.
Agréez, etc.
Août 1885.
William N. Groff.
UNE QUESTION DE PRIORITÉ1
Notre élève et ami M. Groff a publié dans le dernier numéro de la Revue égyptologique (1885) un article fort intéressant sur les tribus de Joseph et de Jacob d’après les textes hiéroglyphiques. Or, depuis l’apparition de cet article, M. le professeur Meyer, de Breslau, a fait paraître dans la Zeitschrift für die alttestamentliche Wissenschaft (1886) un travail sur le même sujet, travail dont les conclusions diffèrent d’ailleurs sensiblement des siennes, mais qui utilise les mêmes données hiéroglyphiques. Comme ce second travail ne cite pas celui de Groff, j’ai tenu à prendre en Allemagne des informations précises à ce sujet.
Ces informations, je les ai eues par l’intermédiaire d’un ami commun. M. Meyer m’a affirmé lui-même qu’il ne connaissait en rien l’article de Groff quand il a écrit son travail, travail qui, dit-il, a été rédigé en août de l’année dernière (1885) et tiré à part en octobre, bien qu’il n’ait paru que cette année (vers le 15 avril) dans la revue citée plus haut2.
Or, l’article de Groff m’a été remis pour être imprimé en juillet 1885. A ce point de vue seul, il y aurait pour lui priorité. Mais ce n’est pas tout. M. Renan avait communiqué et discuté publiquement sa découverte à son cours le 13 avril 1885, et, dès 1884, Groff en avait parlé à un ami qui avait fait un article à ce sujet. J’ai reçu sur ces faits, déjà connus de moi, deux attestations que je m’empresse de publier. J’y pourrais joindre d’ailleurs beaucoup d’autres témoignages qui prouvent d’une façon incontestable l’antériorité de la découverte de notre cher élève et ami. Ajoutons seulement