‹ Œuvres égyptologiques de William N. GroffChapitre 140 sur 309 · Quatremère, Màm. gèogr., t. II, p · texte numérisé non relu

Quatremère, Màm. gèogr., t. II, p

ORIGINE DES NOMS GÉOGRAPHIQUES

az'req, on traduit ordinairement ce nom par « le fleuve bleu », mais, selon des personnes qui l’ont vu, les eaux de ce fleuve sont de couleur brune, noirâtre, ou même noire.

M. le Dr Abbate pacha1 a attiré l’attention sur un fait caractéristique qui a dû très vivement frapper les riverains. Après la réunion des deux fleuves, quoiqu’on les voie couler côte à côte dans le même lit, les eaux de chacun d’eux, qui sont de couleurs différentes, restent nettement séparées pendant une certaine distance2. En parlant du Bahr el azreq, M. Forni dit que « l’épithète de bleu donnée » au Nil semble proprement avoir eu son origine dans » ce pays, où il est ainsi nommé en opposition du fleuve » blanc, vu les diverses couleurs des eaux de l’un et de » l’autre ; mais il n’est, en vérité, jamais de couleur bleue, » et encore moins en Égypte, apparaissant en tout temps » trouble et bourbeux 3 4 ».

Selon Wilkinson « la même qualité de sol et dépôt » d’alluvions semblent accompagner le Nil dans son cours » de l’Abyssinie à la Méditerrranée, et, malgré que le fleuve » blanc soit le cours d’eau principal, étant bien plus large )> et apportant une plus grande quantité d’eau et venant de » plus loin que le fleuve bleu (noir) ou branche abyssi- » nienne. . . , ce dernier peut réclamer le mérite de posséder » le vrai caractère du Nil b).

Ainsi, tandis que le Bahr el azreq « porte de nombreux limons qui font la fertilité de l’Égypte », c’est le Nil blanc qui « maintient le courant d’étiage5 ».

Page 1