Wilkinson, The Ancient Egyptians, vol. II, p
5. Prompt, Le Soudan nilotique, dans le Bulletin de l’Institut égyptien, 1893, p. 75.
LE NIL NOIR
On est autorisé à se figurer la couleur des eaux du Bahr èl azrek d’après la couleur du limon que le Nil apporte annuellement en Égypte; c’est-à-dire, les eaux de ce fleuve seraient, selon la saison de l’année, bien de couleur sombre (grisâtre), noirâtre ou noire. Alors si l’on traduit le nom Bahr el azreq par « le fleuve bleu », on serait, ainsi que nous l’avons constaté, en flagrante contradiction avec la réalité; on qualifierait, on décrirait un fleuve comme étant ce qu’il n’est pas.
Ce fait semble avoir embarrassé les voyageurs depuis bien longtemps. Selon Bruce. . « dans la plaine entre le
» Fazoglo et le Sennaar, le fleuve s’appelle Nil, c’est-à- » dire, bleu; et les Arabes traduisent ce mot par celui » d’Azerque, que le Nil porte jusque auprès d’Halfaia, où » il se joint au fleuve blanc1 ». Il est évident que Bruce
aura vu dans le nom « Nil » l’équivalent de l’arabe « indigo » ; puis il aura supposé qu’ « Azerque » , c’est-àdire JA', en était la traduction2. Mais les Arabes n’auraient eu aucun besoin de traduire le nom « Nil » ; ils l’auraient gardé.
D’après M. Casati, « le Babr el-Azrek, ou fleuve bleu » est « peut-être ainsi nommé à cause de l’indigotier d’où l’on extrait la couleur bleue3 4 » ; cette explication ne supporte pas même un examen.
M. Cailliaud dit : « Le fleuve bleu, dans les régions du » sud, coulant en général sur un fond de roche, doit à sa » limpidité son nom de Bleu; le fleuve blanc, au contraire, » roule probablement ses eaux dans un lit argileux1. » Ces