Cailliaud, Voyage à Mèroè, t. II, p. 202 et suiv
ORIGINE DES NOMS GÉOGRAPHIQUES
observations sont peu satisfaisantes, car les eaux du Bahr el
azreq sont généralement bourbeuses. Il est probable que
M. Cailliaud a voulu dire que le fleuve blanc a été ainsi
nommé à cause de la blancheur de ses eaux et le fleuve
(selon lui) « bleu » à cause de l’argile ou limon charrié par
les eaux ; mais ces limons ne sont pas bleus, ils sont noirs.
D’après Wilkinson, « le nom Bahr el-Azreq, en opposi-
» tion au Bahr el-Abiad ou « fleuve blanc », doit être traduit
» fleuve noir (non pas bleu). Malgré que azreq ait la signi-
» fication de bleu, il est aussi employé dans le sens de
» notre noir foncé1 ; et hossan azrek est un cheval noir,
» non pas bleu »2. Sur ces observations de Wilkinson on
peut faire des réflexions. D’abord, même d’après lui, on
n’aurait pas dû employer le mot Jj)l avec une signification exceptionnelle; puisque les eaux du fleuve sont noirâtres,
ou noires, on s’attendrait à trouver employé le mot . Enfin peut-être y a-t-il lieu de modifier la traduction à.’ azreq par « noir foncé » et de le traduire par « bleu foncé » ou « noirâtre ».
Dans la dernière séance de l’Institut égyptien, M. le président, Yacoub-Artin pacha3 a attiré l’attention sur un fait qui s’accorderait bien avec ce que nous venons de voir. Dans l’iiistoire d’Abu Salih h il est dit qu’il y a dans le Soudan un fleuve connu par le nom « le blanc » ; ce fleuve s’unit à un autre connu par le nom « le noir ». Ce dernier vient de l’est ; puis, dit-il, « ce fleuve noir sort d’une monta-