Dozy, Supplément aux Dictionnaires arabes, p
2. « ... of a dark-brown colour... » (Petherick, Egypt, the Soudan and Central Africa, p. 331).
3. On ne peut pas objecter que le mot Soudan, lui-même, dérive du
mot car les habitants de ce pays, sauf sous une influence
étrangère, ne se désignent pas ainsi; ils sont désignés par des étrangers comme étant des Soudanais, c’est-à-dire des noirs. Par exemple, un Égyptien dirait qu’un homme est un Soudanais, mais l'homme luimême dira qu’il est de telle ou telle tribu, ou bien localité.
ORIGINE DES NOMS GÉOGRAPHIQUES
:bleue aurait été, et est, désignée par un autre mot : céleste (&L-J). 9r“
Je citerai maintenant des exemples du mot employé dans le Soudan égyptien pour indiquer la couleur noirâtre ou noire. Dans le pays de Sennaar où coule le Balu' el azreq, on distingue, dit-on, habituellement les hommes par un qualificatif selon la couleur de la peau. Ainsi un homme blanc serait naturellement désigné par le qualificatif el abyad; un homme pâle, souvent d’origine arabe, est dit el asfar ; un mulâtre est dit el ahmar et un homme ■ de couleur encore plus sombre, c’est-à-dire un nègre, est qualifié el azreq. Il y a encore d’autres qualifications pour . les diverses nuances de couleur1 ; les nègres de sang .pur -sont souvent désignés, qualifiés, selon la tribu ou localité de leur origine. Quant à la qualification d ’el azreq, rappelons l’exemple déjà cité2 ûLïx , c’est-à-dire « Othman le nègre », pour le distinguer des hommes d’origine arabe,
des mulâtres, et enfin des Soudanais de sang pur. Voici
un autre exemple du mot Jj)' employé dans le Soudan (égyptien) pour indiquer la couleur noire. Le père Ohrwalder raconte que chaque khalife avait ses propres soldats, cavalerie, porte-lances, tous de la tribu à laquelle il appartient ; « chacun avait son drapeau distinctif : celui
1. Par exemple, el akhdar , litt. : « le vert », sert à désigner un homme de couleur très sombre, probablement plus foncé (noirâtre) que celui qui est dit cl ahmqr, mais plus pâle que celui qui est dit..ç/ azreq. El akhdar, employé comme qualificatif d’un homme, est un autre exemple d’un nom de couleur employé en arabe avec une signification hors de son sens ordinaire, beaucoup plus frappant que ceux d 'ahmar et d ’ asfar. Pour les diverses désignations des personnes employées au pays de Senaar, voy., par exemple, Colton’s General Atlas (New-York, 1873), article Nubia (Sennar). Toutes ces désignations (au féminin) doivènt s’appliquer également aux femmes.