Blue- blach
3. Je suppose correctement, foncièrement, qu’essamaui indiquait, et indique, le bleu, et labani le bleu pâle.
ORIGINE dès noms GÉOGRAPHIQUES
au Bahr el azreq , il croit qu’il est probable que les Soudanais, dans l’opposition ( galb abiad, galb assuad ) Bahr abiad, Bahr azrek, comprennent encore ce dernier dans le sens du véritable « noir ». Enfin il croit avoir constaté que ces gens ont peu de capacité à distinguer des couleurs (Farbenblind) : ainsi les Galla disent « gurâcia » pour ciel et encore pour noir. D’après une autre lettre du père Ohrwalder, également de Souakin, il croirait que le Nil blanc est désigné ainsi à cause de ses eaux qui sont blanches : quant aux eaux du Bahr el azreq, elles sont, pendant la crue et la décroissance, d’une couleur jaunâtre (giallastro), mais à l’étiage elles sont limpides et de couleur verte marine.
Quant à ces observations du père Ohrwalder, dont il m’avait déjà entretenu lors de son séjour au Caire, elles s’accordent bien avec celles que j’avais recueillies d’ailleurs. Ainsi, il en ressort que, dans le Soudan égyptien, le mot azreq est employé pour indiquer la couleur noire, et qu’on entend, par le nom Bahr el azreq, a le fleuve noir ». Mais je crois que, peut-être, il est permis de douter du manque de capacité des Soudanais à bien distinguer les couleurs; autant que j’ai pu le constater, ils les distinguent bien. Relativement aux couleurs, je citerai une opinion de M. Max Millier qui dit : « Il y a des dialectes tels que le hawaïen, » dans lequel on ne distingue pas entre le noir, le bleu et » le vert foncé, ni entre le jaune brillant et le blanc, ni entre » le brun et le rouge. Cela ne provient pas d’un manque » de perception, car la moindre variation de teinte est cons- » tatée immédiatement par le peuple, mais d’une indolence » d’esprit1 2 * ». Quant au mot « Gurâcia» désignant et le ciel
et le noir, je rappellerai qu’en arabe même lî- 4 signifie
1. Max Miiller, Lectures on tlie Science of Lang liage, vol. II, p. 343.