Voy., par exemple, Quackenbos, Ncitural Philosophy
LE SOLEIL LEVANT
paraissant cle couleur verte (ou bleue), mais est-ce à dire qu’on ne voit jamais la couleur complémentaire au moment du coucher du soleil? Je crois l’avoir constatée, mais la sensation est tout autre que celle qui est produite sur l’observateur par la couleur réelle ou apparente du disque.
L’explication de la cause des couleurs lumineuses qu’on voit au ciel le matin et le soir, le premier rayon du disque du soleil apparaissant et le dernier rayon du disque du soleil couchant, et la couleur du disque du soleil près de l’horizon, paraît être assez simple. Rappelons quelques faits très connus1. La lumière blanche (ou un rayon blanc) du
1. Par suite des circonstances, je suis amené ici à étudier le phénomène de la couleur du premier et du dernier rayon du soleil à l’horizon plus en détail que dans mes études précédentes. J’ai, à diverses reprises {Bull, de l'Inst. èrpjpt., 1893, p. 149, note, p. 360, note; 1894, p. 181, note, p. 222. note; cf. p. 172, note 1, 191, note 1, 224, note 2, 226, note 6, du présent volume), indiqué ce phénomène comme étant atmosphérique ; c’est une explication qui me semble plausible, et j’avais espéré trouver le phénomène étudié et expliqué dans des ouvrages, afin d’avoir, ou la confirmation de l’hypothèse à laquelle j’étais arrivé, ou la vraie explication, mais, malgré toutes mes recherches, je n’ai rencontré nulle part l’étude du phénomène du premier et du dernier rayon (zone lumineuse) du soleil à l’horizon sur le désert. Mais assurément le phénomène des couleurs du soleil à son lever et à son coucher sur le désert a dû être étudié et expliqué et j’espère pouvoir compléter plus tard les indications données ici à ce sujet : la seule indication directe que j’aie rencontrée jusqu’ici est dans Jules Verne, Le Rayon cert , p. 181 et suiv. (cf. p. 26 et suiv.). Mais là il est question du rayon vert sur la mer; il y est dit : « Ce dernier rayon que lance le soleil au moment où le bord su- » périeur de son disque effleure l’horizon, s’il est vert, c’est, peut-être, » parce qu’au moment où il traverse la mince couche d’eau il s’imprègne » de sa couleur. . . — à moins .que ce vert ne succède tout naturellc- » ment au rouge du disque, subitement disparu, mais dont notre œil a » conservé l’impression, parce que, en optique, le vert est la couleur » complémentaire ! » La première de ces explications n’est, croyonsnous, qu’à moitié fausse; au fond, en quelque sorte, dans la présente étude, nous l’avons adoptée, mais avec des modifications. Ainsi la cause de la couleur, ou des couleurs, du premier et du dernier rayon du soleil — du soleil à l’horizon, et les couleurs qu’on voit au ciel, soit au matin,
Le soleil levant
soleil est composé de sept1 rayons de couleurs différentes, rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo et violet. En passant d’un milieu rare à un autre plus dense, ces rayons sont réfractés, c’est-à-dire détournés de leur chemin droit, mais on a remarqué qu’ils n’ont pas tous la même force de pénétration, c’est-à-dire que les uns sont plus détournés de leur chemin que les autres. Le rayon qui est le moins détourné est le rouge, par suite c’est le rayon le plus fort, et celui qui est le plus détourné de son chemin droit est le rayon violet, par suite c’est le rayon le plus faible ; les autres rayons occupent, naturellement, des places intermédiaires.
Quand la lumière du soleil, lorsque l’astre est au-dessous de l’horizon, vient frapper et traverser l’atmosphère, on voit, par la réfraction atmosphérique, les rayons, c’est-àdire la lumière, de couleur différente sur le ciel, d’où les belles couleurs qu’on peut admirer sur la voûte céleste, soit le matin, soit le soir. Au fur et à mesure qu’au matin le soleil avance vers l’horizon ou au soir s’en éloigne, les couleurs changent par suite des différentes positions qu’occupe le soleil et, par suite, qui causent des rayons lumineux de couleurs différentes réfractées par l’atmosphère, illuminant la voûte céleste. Quant au soleil à l’horizon, rappelons les faits suivants : a La réfraction atmosphérique est » la déviation dans le plan vertical que l’atmosphère fait » subir à la direction des rayons lumineux. L’effet de la
soit au soir, telles qu’on les trouve développées ici, sortent d’observations directes (voy. Bull, de l’Inst. égypt., 1893-1894, articles précités) et des explications données par Quackenbos, Naturcil Pkilosophy, New-York, 1867; Burrett. Gcography ofthe Hcaccns, New-York, 187(1; Annuaire publie par le Bureau des longitudes , Paris. Voy. encore Flammarion, Astronomie populaire , partie, p. 388 et suiv. ; Les étoiles , p. 776, etc. Nous avons déjà dit quelques mots relativement à l'hypothèse qui expliquerait le phénomène de la couleur verte du dernier rayon du soleil par la théorie des couleurs complémentaires.