‹ Œuvres égyptologiques de William N. GroffChapitre 160 sur 309 · II. — LES COULEURS DU SOLEIL, D’APRÈS LES ANCIENS · texte numérisé non relu

II. — LES COULEURS DU SOLEIL, D’APRÈS LES ANCIENS

ÉGYPTIENS

Le phénomène naturel des diverses couleurs du soleil qu’on observe de nos jours et que nous venons d’étudier doit, naturellement, avoir eu lieu dès la plus haute antiquité; il semble bien que les anciens Egyptiens l’ont observé, ainsi que nous allons maintenant le constater. Pendant son cours de l’orient à l’occident, si l’atmosphère est pure, la couleur du disque du soleil est blanche; on rencontre si souvent des allusions à ce fait dans les textes des anciens Égyptiens, que nous croyons qu’il est inutile de développer ici cette proposition. La couleur du disque, représentée le plus souvent sur les monuments, papyrus, etc., est le rouge1.

au soir, cette zone disparaît de l’orient, elle illumine le ciel de l’occident et il me semble qu’il y a une augmentation de lumière (voy. Bail, de l’Inst. ègrjpt., 1893, p. 150, note vers la fin, et p. 360, note A) et qu’il y a un changement de couleur sur le ciel de l’occident.

1. On voit souvent, surtout près de l’horizon, le disque du soleil de cette couleur. Il y avait une assimilation entre la vie et le soleil (visible) : le rouge est, pour les artistes de l’Égypte, la couleur qui représente les hommes vivants, mais comme les femmes sont représentées de couleur jaune, on voit aussi le soleil représenté de couleur jaune (et la lune aussi?). A ce propos on peut faire l’observation' suivante : on voit le

d’après lès anciens égyptiens

Lorsque l’atmosphère est relativement pure, le soleil parait être rougeâtre, c’est-à-dire de couleur orange, jaune ou jaunâtre ; les Égyptiens avaient bien observé que les couleurs du soleil diffèrent, car il est qualifié d’ « Épervier saint, à l’aile fulgurante, Phénix aux multiples couleurs1 ». Pour faire ressortir comment les Égyptiens parlent dans leurs écrits de la couleur du soleil, nous citerons quelques exemples où il est question de la couleur jaune ou jaunâtre du disque.

On trouve tant d’exemples, dans les écrits des anciens Egyptiens, où le soleil est assimilé à l’or, qu’on est embarrassé de faire un choix. Il est dit que le soleil brille à l’état de l’or, qu’il est un disque d’or2 :

(( (O Ammon-Râ)... lorsque tu brilles à l’horizon du ciel, » tu l’éclaires (la demeure, le temple bâti par le roi) de l’or » de ton visage sur elle... )) Il semblerait donc que le soleil levant, dont l’éclat est figuré par l’or, est le « soleil radieux » qui a chassé les ténèbres... 3 » On peut relever une allusion à la couleur jaune du disque du soleil levant, dans le titre si fréquent de Hornub, « Horus vainqueur, Horus d’or», c’est-à-dire le soleil dont la face brille comme l’or, à son

disque de couleur rouge quelquefois entouré d’une bande verte. Peutêtre est-ce par hasard, ou bien les anciens Égyptiens ont remarqué que la couleur complémentaire du rouye, c’est-à-dire le cert, faisait un bon effet ; peut-être aussi cette bande aurait été suggérée par le fait que le bord du soleil à l’horizon est, ainsi que nous l’avons vu, de cette couleur. Notons encore que, « si nous plaçons de la cire à cacheter rouge » sur une feuille de papier blanc et que nous l’observions attentive- » ment, nous verrons bientôt un cercle verdâtre autour d’elle » (Quackenbos, N attirai Pliilosophy, p. 257). On voit pourtant le disque rouge, dans les représentations des anciens Égyptiens, entouré d’un cercle jaune.

1. Lepsius, Denhmaler , VI, 116, 61 ; Maspero, Histoire , 4e édit., p. 283, et Oberziner, 7/ Culto clol sole, p. 110 et suiv., 115, etc.

2. Voy., par exemple, le marquis de Rochemonteix, Le Temple d'Edfou , dans les Mèm. de la Miss. arch. française au Caire, t. X, p. 13; cf. p. 98, 121, 228, etc.

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