Voy. Pierret, Vocal)., p
4. « De même que sous l’action de l’humidité la graine doit pourrir et se décomposer dans la terre, avant de mettre au jour une plante nouvelle, de même l’être animé, homme ou taureau, doit se fondre et se
dissoudre avant de se transformer en une nouvelle existence . Ce
que la Providence faisait si manifestement pour les plantes, on voulut croire qu’elle le faisait de même, par des voies plus mystérieuses, pour les êtres animés » (Virey, L’épisode d'Aristùe , p. 11 et 8; cf. Sale, the Koran, p. 61, introd.). — L’assimilation du soleil à une pierre exclut l’idée de la décomposition, putréfaction, etc. — Les deux conceptions sont totalement distinctes, mais, peut-être, au cours des siècles, elles se sont rencontrées. Nous reviendrons sur cotte question dans la deuxième section de cette étude.
les couleurs du soleil
soleil, est qualifié « dieu grand, maître du ciel, vert des levers » brillants ». Ailleurs, il est dit : « J’accorde que soit vert ton » lever comme le soleil. J’accorde que tu apparaisses vert » comme le soleil1 2. » N’ayant pas l’intention d’étudier ici cette question, nous croyons qu’il est inutile de citer d’autres exemples où le mot uet « vert » est mis en rapport avec le soleil. Les anciens Egyptiens auraient donc observé que le soleil à l’horizon est de couleur rouge (rougeâtre), orange ou jaune, quand l’atmosphère est troublée par des nuages ou des brouillards; mais quand l’atmosphère est relativement pure, la couleur du disque est verte ou bleue, c’est-àdire que le dernier et le premier rayon sont verts ou bleus, d’où l’on aurait conclu que le soleil est de cette couleur (ou de ces couleurs) entre son coucher et son lever, en d’autres termes, pendant qu’il illuminait l’autre monde. C’est pour cette raison qu’on voit, dans les représentations graphiques des anciens Égyptiens, le disque du soleil souvent de couleur verte ou bleue3. Cette croyance à la couleur du soleil dans l’autre monde serait restée vivace chez le peuple, môme après la chute de la religion égyptienne. On lit en effet, dans un passage de Macrobe : « Hoc argumentum Aegyptii » lucidius absolvunt, ipsius solis simulacra pinnata fin- » gentes, quibus color apud illos non est unus. Alterum » enim cærula specie (... aten n mawek), alterum clara » fingunt ; ex his clarum superum, et cærulum inferum » vocant 3 » . Ce passage de Macrobe semble bien faire allusion à Y aten-n-mafek ou aten-m-mafek des textes égyp-
1. Mèm. de la Miss, franc., t. X, p. 119 (nous avons choisi cet exemple à dessein) et p. 129 ; cf. « Shou marche vers lui en son nom » de spath vert » (Le Livre des Morts , clx, 2, édit. Pierret, p. 547). — J’espère revenir sur cette question.
2. Voy. la discussion plus en détail dans la deuxième section de cette étude [; cf. p. 321-348 du présent volume].
3. D’après Maspero, Du genre èpistolaire , p. 78, note; Macrobe, Saturnales , I, 19.
d'après les anciens égyptiens
tiens1, mais il correspondrait plus exactement à aten-n-khesbet ou aten-m-khesbet. Le minéral nommé khesbet dans les textes égyptiens est représenté graphiquement en monceaux peints de couleur bleue ; il a été identifié avec le saphir, sapphirus, cæruleum, le lapis-lazuli, l’outremer, l’émail bleu et la couleur dans, la préparation de laquelle il entre, etc.2. — C’est par la croyance que le soleil était de couleur verte ou bleue pendant qu’il illuminait l’autre monde qu’il faudrait expliquer, dans nombre de cas, l’emploi de ces couleurs, soit des représentations, soit même des objets chez les anciens Égyptiens. Par exemple, il est dit : « Tu es le sca- » rabée de vrai lapis (khesbet-n-ma). O scarabée! Tu es le » scarabée de vrai lapis (khesbet-n-ma). Tu es l’œil du soleil, » l’œil de Tum, les entrailles de Shou, le cœur d’Osiris3 4 ».
Rappelons que le scarabée est le symbole de la transformation, que c’est à son coucher et à son lever que l’on croyait que le soleil se transformait, qu’Atoum ou Toum est « le soleil qui se couche », puis « le soleil nocturne », et qu’il est le précurseur du « soleil levant1 », d’où la couleur (ou les couleurs) des scarabées. Nous aurons occasion de discuter cette question plus loin. Arrêtons-nous ici pour aujourd’hui. Ainsi que nous venons de le voir, les anciens Égyptiens firent mention, dans les textes écrits, des couleurs du soleil. Il faudrait maintenant étudier le rôle joué
1. « M. Brugsch traduit par turquoise le mot. .. mcucek , que l’on traduit ordinairement par cuivre. Un certain nombre de passages semblaient s’opposer à cette interprétation; ainsi, dans un des papyrus de Berlin, le disque solaire est appelé aton n mcucek, qui semble devoir se rendre par disque de cuiore, disque jaune, plutôt que disque bleu. Un passage curieux de Macrobe explique fort bien cette qualification et prouve qu’il faut traduire soleil bleu, soleil de turquoise et non pas soleil jaune, soleil de cuiore » ( Maspero, Du genre èpistolaire, p. 78, note).