Pierret, Dict. d'Arch., p. 76 et suiv
LES COULEURS ou soleil
par les couleurs dans les représentations chez les anciens Egyptiens, — rôle qui se rattache, qui a pourpoint de départ le phénomène de la couleur ou des couleurs du soleil à l’horizon, • — puis rappeler la haute antiquité de l’observation, par les anciens Egyptiens, de ce phénomène naturel ou astronomique.
LA FILLE DE PHARAON
Lettre à M. Gaviltot sur un sarcophage ayant appartenu à feu M . le duc d’A umont et Villequier 1
Monsieur,
Selon la tradition, un roi d’Égypte aurait ordonné qu’on mît à mort, à leur naissance, les enfants mâles des Hébreux . En ce temps-là, dit-on, naquit un enfant que sa mère aurait tenu caché pendant trois mois, puis elle l’aurait mis dans un coffret de joncs qu’elle aurait déposé parmi des roseaux au bord du Nil. Alors « la fille de Pharaon descendit pour se » baigner au fleuve, et ses servantes se promenèrent sur le » rivage. Elle vit l’arche au milieu des roseaux, elle envoya » sa servante, (qui) la prit. Elle l’ouvrit et vit l’enfant2... » Elle dit : Celui-ci (est) un enfant des Hébreux ». Alors la sœur de l’enfant se serait approchée et aurait suggéré à la fille de Pharaon de chercher une nourrice. La princesse agréa cette proposition, et la mère de l’enfant, dit-on, fut appelée. La princesse lui dit : « Emporte cet enfant et allaitc-
1 . Cette étude n’est que provisoire, je me réserve d’y revenir en détail prochainement, et de la compléter; j’eus l’honneur de l’annoncer à la séance de l’Institut égyptien du 6 décembre 1895 ( Bulletin do l'Institut , 3° série, 1895, t. VI, p. 270). — Elle a été publiée dans le Bulletin de l’Institut égyptien, 3° série, 1895, t. VI, p. 313-323, et t. VII, p. 59-87.
2. Les mots depuis « et voici » jusqu’à « à lui » paraissent être une interpolation; voy. Dillmann, Eæodus , p. 14.
» le pour moi, et moi je te payerai. Et la femme prit l’en- » fant et elle l’allaita. L’enfant grandit et elle l’amena à la » fille de Pharaon et il fut à elle (comme) un fils 1 , et elle » appela son nom Moshé, disant : « Car des eaux je l’ai tiré, » ki min hammayim meshithihou 2. »
Chez divers peuples « de l’antiquité, l’imagination popu- » laire s’est complue à entourer de ces circonstances, qui » roulent dans le même cercle, l’enfance des grands chefs » de peuple, les fondateurs d’empires, de ceux qui ont » appelé des nations nouvelles à la puissance et les ont fait » sortir de l’obscurité3 ».
Sargon l’Ancien aurait été, à sa naissance, déposé par sa mère dans une corbeille de joncs et mis au fleuve qui l’emporta. Un ouvrier des champs l’aurait trouvé et élevé comme s’il était son fils, puis Sargon se serait emparé du pouvoir. Sémiramis aurait été exposée au désert et aurait été sauvée par des tourterelles qui l’auraient nourrie pendant une année, jusqu’à ce qu’un berger la trouva et l’éleva comme son propre enfant. On aurait ordonné de tuer Cyrus à sa naissance, mais on lui substitua un enfant déjà mort. Selon la mythologie grecque, Persée et sa mère furent enfermés dans un coffre et jetés à la mer ; le coffre aurait été apporté à une île où on le trouva, et Persée et sa mère furent sauvés. Rappelons encore la légende de Dionysus enfant « transporté sur les flots dans un coffre jusqu’à la côte de » Brasiae en Laconie », et, enfin, comment Romulus et Rémus furent, dit-on, abandonnés sur le Tibre : le panier qui
1. La princesse est loin des sentiments exprimés, Genèse , xliii, 31.
2. D’après le deuxième chapitre du Livre de l’Exode. Voy. Dillmann, Exodus , p. 1 s. et p. 12 s. Quant à la version arabe, voy. Sale, Koran , p. 235, n. Asia ressemble à la première partie du nom As-nefcr que portait « la femme de Ramsès II ; — fille du même, femme de Meneptali Ier » (Pierret, Voc. hier., p. 48). Voy., plus loin, la deuxième partie de la présente étude [; p. 292 du présent volume].