Lenormant, Les premières civilisations , t. II, p
les contenait se serait arrêté au rivage, une louve aurait nourri les deux enfants, puis un berger aurait trouvé Romulus et Rémus et les aurait élevés 1 2 .
Ainsi l’épisode de Moïse trouvé et élevé par la fille de Pharaon est, si l’on veut, une forme de conte populaire qui s’attache à la personne des fondateurs d’empires ou de religions — soit que ces circonstances aient existé ou bien qu’elles n’aient été que des créations de l’imagination du peuple.
(( Que penser de l’homme, devenu colossal parmi les » grandes figures mythiques de l’humanité...? Il est bien » difficile de répondre. » La légende a consacré l’existence de Moïse, mais, quoique « les documents les plus anciens » sur Moïse soient postérieurs de quatre ou cinq cents ans à » l’époque où ce personnage a dû vivre * », son existence doit être considérée comme très probable. Néanmoins, laissant de côté cette question, recherchons, d’après la narration biblique et les textes hiéroglyphiques, qui aurait été la princesse que l’on met volontairement ou involontairement en cause, et examinons ce que l’on peut relever de relatif à elle, qui s’accorderait avec le rôle que la Bible lui prête3.
Il faut d’abord relever un synchronisme entre les histoires bibliques et égyptiennes. Au premier chapitre du Livre de l’Exode , verset 11, on dit que les Égyptiens éta-
1. Voy. Lenormant, Les prcin. cixilis citions, t. II, p. 107 s. — Dillmann, Exodus und Leciticus, p. 17, cf. Anthony, A Classiccil Dict., aux noms propres cités (voy. encore// Rois, xi s.). — Quant à l’explication du nom de Moïse, voyez les observations à ce sujet dans Dillmann, Exodus, p. 15.