Renan, Histoire du peuple d’Israël, t. I, p
LA FILLE DE PHARAON
Pharaon ». Selon une tradition, elle aurait été nommée 0îp[xoùO[ç ; ce nom correspondrait, mais difficilement, à des mots égyptiens, quelque chose comme T-mer-mout, ou T-mer-n-mout. D’après une autre tradition, son nom aurait été <F«oîa, ce qui peut correspondre à une sorte de transcription de Neferari, nom que portait une des filles de Ramsès II. Selon une autre encore, elle s’appelait MÉphc, — en égyptien mer ou meri, — peut-être une forme apocopée du nom Amenmerit que portait une autre fille de Ramsès II1 2. Enfin, d’après la tradition rabbinique, son nom était Bithyâ \ Ces diverses opinions montrent clairement qu’on n’avait aucune idée ou tradition arrêtée quant au nom de la fille de Pharaon que la Bible met en scène ; tous ces noms n’ont pour autorité que des écrivains qui ont vécu vers le commencement de l’ère chrétienne, sauf peut-être pour un seul de ces noms, et celui-là est très intéressant.
Nous venons devoir que, selon les rabbins, la « fille de Pharaon », qui aurait trouvé Moïse, s’appelait Bithyâ. On serait tenté de croire que les rabbins ont pris ce nom aux I Chroniques , iv, 18, où il est dit : « ... et ceux-là (sont) les » enfants de Bithyâ, fille de Pharaon, que Marèd prit (pour » femme)3 ».
Le nom d’une personne devait indiquer ce qui était l’état de la personne. Bithyâ signifie « fille de Ya », c’est-à- » dire de Yaho (improprement Jéhovah) »; s’appeler fils ou fille de Dieu, chez les Hébreux, aurait été un blasphème.
Pour faire ressortir clairement combien il est inadmissible qu’une personne chez eux ait eu un pareil nom, on n’a qu’à lire, dans les Évangiles, la scène décrite où le grand prêtre
1. Voy. Pierret, Voc., p. 26 et 262; cf. mon Étude sur les noms propices chez les Égyptiens. — Rco. ègyptol., t. V, p. 85 s. [; cf. p. 24-32 du présent volume].