Voy. E. de Rougé, Origine de l’cdphabet , p. 33 s
5. Voy. Maspero, Hist., p. 138, 357; Schrader, K. A. T., p. 284 s.; E. de Rougé, Origine de l’alphabet, p. 33 s.
« fille de Pharaon », et, selon la légende rabbinique,cë fut te nom de celle qui aurait trouvé Moïse; mais nous avons constaté qu’au point de vue hébraïque une personne ne pouvait pas porter, chez les Hébreux, un pareil nom. On peut se rendre compte de l’origine de l’étrange nom de Bithyâ que les Chroniques et la tradition rabbinique nous ont conservé ainsi. Les Chroniques furent rédigées vers le IV0 siècle avant l’ère chrétienne, et le rédacteur ou les rédacteurs avaient entre les mains des documents, et assurément on connaissait des légendes et traditions, que nous n’avons, ni ne connaissons plus ; c’est là, sans doute, qu’on aurait trouvé le nom étrange Bithyâ . La légende, dont on a conservé le souvenir, doit reposer sur des traditions beaucoup plus anciennes que le temps où les Chroniques furent rédigées. — Quant à l’origine de ce nom propre de Bithyâ, le premier élément Bith est identique avec le premier élément du nom de la fille de Pharaon, Beat ou Bet-anta. Quant au second élément y a, c’est-à-dire Yaho (Jéhovah), on sait que des noms divins variaient entre eux. Il est parfaitement admissible, pour une raison que nous ne pouvons que deviner, qu’à une époque déjà ancienne on aurait remplacé, peut-être traduit, le nom divin Anta par Ya, dans le nom de la princesse Bent ou Bet-anta, d’ou le nom si étrange Bithycc; puis, peutêtre par vanité, on l’aurait introduit dans les généalogies, mais en gardant le souvenir qu’elle était, ainsi que le dit le texte des Chroniques, «fille de Pharaon». La tradition rabbinique aurait conservé la tradition, bien plus ancienne \ qu’elle était la fille de Pharaon qui aurait trouvé Moïse.
Ainsi, en comparant la narration biblique et les hiéroglyphes, il en ressort qu’elle aurait été la fille favorite de Ramsès II, nommée Bent ou Bet-anta, dont le nom devint, dans la légende biblique et rabbinique, Bithyâ, « fille de » Pharaon », mais qu’elle fut désignée simplement par l’ex-
1. Si, toutefois, elle n’est pas basée sur la mention aux Chroniques.
pression « fille de Pharaon». Toutefois, malgré ces divers noms, ils paraissent bien avoir été employés à désigner une seule personne Bent ou Bet-anta, et ce fut elle qui, selon la légende, aurait trouvé et élevé Moïse, et l’aurait adopté comme fils.
Il y a quelque temps, Monsieur Gavillot, vous avez attiré mon attention, en me proposant de l’étudier, sur un sarcophage en granit rose actuellement en votre possession, et qui aurait appartenu à feu M. le duc d’Aumonth Ce sarcophage avait été, ainsi que l’attestent les inscriptions qui le recouvrent, celui de la princesse Bent ou Bet-anta, laquelle était, ainsi que nous venons de le voir, probablement « la » fille de Pharaon » qui, selon la légende, aurait trouvé Moïse et le fit élever.
Sur la cuve et sur le couvercle, sont gravées des inscriptions en caractères hiéroglyphiques, sur lesquelles j’espère revenir ; mais ce qui est particulièrement intéressant, est le fait qu’à la partie supérieure du couvercle a été sculpté le buste d’une personne. Le visage est admirablement modelé, et, quand on étudie cette représentation, il en ressort un fait ayant un rapport des plus intimes avec la présente étude.
Il faut d’abord se rappeler certains faits très connus. On trouve souvent des momies portant un masque ; « on a cher-
1. M. de Rougé l’aurait signalé, même par des observations relatives à ce sarcophage, me dit-on, dans un article paru vers 1861, et il aurait reconnu que le sarcophage est celui de la princesse Bent-anta; ce qui, du reste, est dit formellement dans les textes hiéroglyphiques gravés sur le monument. Je n’ai pas ses observations, mais il est probable que, du moins dans un certain nombre de cas, nous sommes arrivés aux mêmes résultats — à peu près comme c’est le cas quand deux personnes traduisent le même texte avec le même dictionnaire. — Je renvoie le lecteur à son article; quant à la présente étude et aux observations qui s’y trouvent, elles me semblent ressortir clairement de la mention biblique, de l'histoire égyptienne et du sarcophage (cf. présente étude, p. 285, note 1),
)) clié de tout temps, dans les embaumements un peu riches, » à donnera ces masques la ressemblance du défunt... Des » portraits peints remplacèrent les masques à l’époque ro- » maine ». Ainsi ces masques nous auraient conservé les traits de la personne, de la momie, à laquelle ils auraient appartenu ou appartiennent. Quant aux sarcophages, « les » Égyptiens, si magnifiques dans tout ce qui regardait les » sépultures, ont décoré ces monuments avec un soin tout » spécial... Au commencement du nouvel empire et pen- » dant l’époque saïte, on a fait des sarcophages en forme de » momie dont la matière est le granit, le basalte ou la pierre » calcaire. Les plus anciens portent une simple inscription » d’une colonne courant de la tête aux pieds, ou de courtes » légendes tracées par bandes horizontales et verticales qui » se croisent sur la poitrine1... ».
Sur le sarcophage de la princesse Beat ou Bet-anta sont gravées des inscriptions et des représentations ; puis, sur le couvercle, est une ligne allant de la tête aux pieds et d’autres inscriptions allant de vers le milieu en bas. Quant à la représentation du buste d’une personne qui est gravé sur le couvercle, si, ainsi que nous l’avons vu, on prenait tant de soin de rendre le masque de la momie semblable à celui du défunt, ou bien, au lieu d’un masque, d’y peindre un portrait de la personne, il est évident qu’il en était de même quant au buste sculpté sur le couvercle d’un sarcophage2, et surtout quand le sarcophage contenait une personne de la famille royale qui aurait été aussi connue et célèbre que la princesse Bet-anta, « fille de Pharaon ». On n’a guère besoin de rappeler avec quel soin, dès les très anciennes époques, on sculptait les statues des rois, de même que des