Peut-être l’une ou l’autre, peut-être toutes les deux
LA FILLE DE PHARAON
Usurper un sarcophage aurait été donc, non seulement, un crime terrible contre celui qu’on dépossédait, mais contre celui qu’on aurait mis sur une couche funèbre appartenant à un autre1. Il me semble difficile d’admettre qu’on aurait maudit, -pour tout le temps et l’éternité, l’âme d’une princesse parmi les plus célèbres de l’Égypte ; mais pourtant-, chez les Égyptiens, on maudissait quelquefois l’âme dans l’autre monde.
Dans le roman de Sinouhit, il est dit : « Tu n’es pas mis » dans une peau de mouton quand on t’ensevelit ». Hérodote nous explique cette allusion en disant qu’« il n’est pas » permis d’ensevelir dans un vêtement de laine » certaines personnes.
Lorsqu’on découvrit les momies royales, il y avait une momie qui « était enfermée dans une caisse blanche, sans » inscription, et n’avait rien sur elle qui permît de cons- » tater son identité. Une peau de mouton l’enveloppait... ». Après le dépouillement des bandelettes, on constata que la personne «avait été empoisonnée ». « Les traits, horrible- » ment convulsés, indiquent d’une façon presque certaine » que le malheureux a dû succomber à une asphyxie vou- » lue et, fort probablement, causée par un ensevelissement » de son vivant » ; ou bien il aurait « succombé à des acci- » dents tétaniques dus à l’absorption d’un toxique végé- » tal2 3 ». Ainsi, non satisfait en mettant à mort la personne probablement royale, on maudissait son âme dans l’autre monde en enveloppant la momie dans une peau de mouton et en la mettant dans un sarcophage qui n’était pas à elle h