‹ Œuvres égyptologiques de William N. GroffChapitre 202 sur 309 · Pierret, Vocabulaire hiéroglyphique , p · texte numérisé non relu

Pierret, Vocabulaire hiéroglyphique , p

4. En démotique, voy. par exemple Le Décret de Canope , édit. Groff : « lever » (d’un astre), p. 22, 24, 27 ; « manifester », p. 31 ; ( ti-klia ) « produire », p. 39; « faire paraître », p. 40, 41 ; « fête », p. 22, 23, etc.

5. Voy., par exemple, les passages précités du décret de Canope ; cf. mon étude sur Le Papyrus d’Orbiney , p. 46.

6. Voy. Môm. de la Miss., t. X, p. 85, 169 (cf. p. 135); cf. Pierret, Vocal), hièrogl ., p. 722.

CHEZ LES ANCIENS ÉGYPTIENS 329

l’idéogramme syllabique qu’on aurait employé pour écrire les verbes « se lever, resplendir, briller et naître » et qui recevrait comme déterminatif le signe de la divinité. Il paraît évident que l’idéogramme qui conviendrait le mieux, le seul, du moins à ma connaissance, qui répondrait aux diverses indications que nous venons de voir, en un mot, l’idéogramme qui aurait été choisi, est la représentation graphique du phénomène le plus grandiose que la nature ait permis à l’homme de voir : « le soleil levant » b

1. Le signe hha « représente le soleil levant » (E. de Rougé, Rec. èfiuptol., t. IV, p. 94, n. 3). Ajoutons aux indications que nous venons de relever, le rôle du déterminatif, ou peut-être, quelquefois, sujet idéographique de ce signe. Ainsi, le verbe tes signifie « monter »(Pierret, Vocab., p. 694). Quand il s’agit d’une personne qui monte, ce verbe peut recevoir comme déterminatif le signe représentant les jambes, et quand il signifie « porter, élever » (Pierret, Vocab., p. 695), il reçoit comme déterminatif la représentation d’un homme qui porte un fardeau sur la tête. Lorsqu’il s’agit de quelqu’un qui parle à haute voix, le verbe tes peut recevoir comme déterminatif la représentation d’une personne (voy., par exemple, Mèm. de la Miss., t. V, p. 514, pl. II). Le mot tes signifiant « ciel » (Pierret, Vocab., p. 695) peut recevoir comme déterminatif le signe qui sert à écrire idéograpbiquement le ciel (ou plutôt « pluie, nuage », etc. ; voy. Rrugsch, Grcun., p. 134, nu 93). Lorsque le verbe tes est appliqué au soleil, il peut recevoir, comme déterminatif ou comme sujet idéographique, le signe du disque du soleil ( Ra ); quand il s’agit du soleil levant (shou), le verbe tes peut recevoir le signe de l’horizon avec le soleil en lui (voy. Mèm. de la Miss., t. X. p. 125). Enfin, quand il s’agit du soleil au moment de son apparition, le verbe tes peut recevoir comme sujet idéographique, soit déterminatif, le signe hha, l’idéogramme du soleil levant (cf. l’exception, Grébaut, Hymne à Ammon, p. 268). Rappelons enfin comment, souvent, le signe hha est associé avec le soleil (Ra) dans les noms propres. Le rôle idéographique du signe hha serait très long et très compliqué à étudier en détail. On peut, du moins en partie, le résumer ainsi : l’usage constant de ce signe pour écrire les verbes « briller, apparaître », etc., avait tellement affaibli son sens fondamental, le lever, l’apparition du soleil, que, même quand ce signe était employé dans ce dernier sens, quelquefois on ajoutait le mot « soleil » (ou du soleil). Le signe hha est très souvent employé substantivement, par exemple « son lever » ou « ses

Quant à l’opinion de M. Daressy, que ce signe serait « l’imitation d’un couvercle de coffre, image assez bien » choisie puisque ces couvercles se levaient et que, par » métaphore, on trouve le sens primitif requis pour cet » hiéroglyphe )) il me semble, si je comprends bien, que le couvercle d’un coffre ne se lève pas, on le lève, ou, si l’on aime mieux, on le soulève. Le couvercle d’un coffre n’est pas un verbe , mais un régime. D’ailleurs, je ne me figure pas bien pourquoi les Egyptiens auraient choisi le couvercle d’un coffre, ou mieux la représentation de cet objet, pour écrire des verbes « resplendir » et a briller »2.

L’histoire du signe klia , telle qu’elle semble ressortir des observations qui précèdent, ou telle que je crois la comprendre, se résume donc en ces termes. Lors de la formation de l’écriture égyptienne, on aurait représenté graphiquement le soleil, juste au moment où il apparaissait à l’horizon h Au cours des siècles, avec le développement de l’écriture, on aurait attribué au signe idéographique une valeur phonétique, kha, et ce signe, à cause de sa signi-

levers », c’est-à-dire « ses apparitions », en parlant du soleil. Souvent on rencontre le signe kha employé quand il s’agit du soleil, et il est difficile de décider s’il faut le considérer comme un idéogramme syllabique, ou bien comme le verbe « se lever »ou, peut-être, l’idéogramme pur.

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