‹ Œuvres égyptologiques de William N. GroffChapitre 203 sur 309 · Bull, de l'Inst. èçirjpt., 1894, p · texte numérisé non relu

Bull, de l'Inst. èçirjpt., 1894, p

2. Je crois pouvoir ajouter que le couvercle d’un coffre ne se ferme pas : il n’a aucun mouvement propre en lui-même, ni même l’apparence d’nn mouvement. Au contraire, pour les anciens Égyptiens, le soleil se levait et se couchait réellement. Dans divers noms propres on comprend bien l’emploi du signe kha éveillant l’idée du soleil levant, mais il me semblerait bien plus difficile d’admettre qu’il s’agit du couvercle d’un coffre. Enfin, rappelons comment le signe kha est souvent associé avec Ra « le soleil ».

3. Peut-être à l’origine le même signe représentait-il le soleil juste au moment de son apparition et de sa disparition, c’est-à-dire à l’horizon oriental ou occidental. Ce dernier emploi fut abandonqé et le signe servit exclusivement à indiquer le soleil levant.

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fication idéographique, aurait été choisi de préférence pour indiquer le lever du soleil, puis, par extension, pour écrire les verbes «apparaître, se lever, briller, resplendir»1, et au figuré « naître ». L'assimilation du roi au soleil et de l'avènement d’un roi au soleil levant aurait donné naissance aux significations « apparaître en roi2 », « couronner » et « couronne ». Enfin, à cause des réjouissances lors de l’apparition du roi en public, de même, quand on faisait sortir des statues divines, ces événements furent indiqués par le signe kha, d'où la signification de « fête ».

Quelle est la couleur ou quelles sont les couleurs que nous devons trouver employées sur le signe kha, primitivement l'idéogramme du soleil levant 3 ? Nous avons vu que la partie fondamentale du signe est o, qui correspondrait au disque juste au moment où il apparaît à l'horizon, puis, 2° naturellement, le disque serait entouré par le ciel à l'orient. Nous avons constaté que sur le désert, ou bien sur le désert vu de l’Égypte, lorsque l’atmosphère est pure, le premier rayon du soleil levant, le disque appa-

1. Cf. khi « haut ciel », kha « lumière, éclat », etc. ; kliu-t « l’horizon du levant » (et aussi du couchant). Le signe kha se trouve en variante avec le signe sha; cf. shu « lumière », shu , shuti « sec, brûlant, brûlé » (voy. Pierret, Vocab., p. 409, 410, 412, 517, 575). Comme syllabique, dans la formation des mots, le signe kha pouvait être employé sans souvenir de son origine.

2. Le signe kha est souvent employé quand il s'agit du roi, fils du soleil, soit comme verbe, soit comme qualificatif. Pour les divers emplois du signe kha, voy., par exemple, Grébaut, Hymne à Amman , p. 191 et suiv., 197 et suiv., 213, 236, 282 et suiv.; Mélanges d’ Archéologie, t. I, p. 135; cf. t. III, p. 59; Recueil de Travaux, t. I, p. 116 et suiv. ; cf. Pierret, Mythol., p. 126; Dict. d'Arch. égypt., p. 270; cf. Wiedemann, Le Roi, p. 14. Voy. les observations de M. Revillout, Reo. égypt., t. VI, p. 63; cf. Letronne, Inscription grecque de Rosette,

3. Ce signe peut se trouver coloré d’après la première règle, décorativement; 2° d’après nature; 3° peut-être, le disque, d’après les croyances religieuses,

raissant à l’horizon est d’une couleur verte 1 ou bleue, puis le ciel à l’horizon, à l’orient, est rouge (ou rougeâtre) 2 et plus haut, vers le zénith, il est de couleur bleue. On trouve précisément cette combinaison de couleurs sur le signe

1. Mafck « vert » peut être intéressant à noter. Au temple d’Edfou ( Mèni . de la Miss ., t. X, p. 151), dans un passage où il est question du mafck, le dernier caractère de ce mot est le signe kh a . Si réellement le signe se trouve ainsi dans l’original et n’est pas une faute de la publication, on peut se demander s’il n’a pas été causé par l’assimilation entre le mafck et le soleil levant (voy. Bull, clc l’Inst. egypt., 1895, p. 255 sqq., p. 263 sqq. du présent volume). Notons que l’on rencontre le signe kha suivi par les mêmes signes (ou le même signe ; voy. Mém. de la Miss., t. X, p. 253) que l’on employait pour déterminatif du mot mafck et, enfin, que les mots klicsbct et mafck se trouvent déterminés par un cercle, le disque du soleil (?) ; voy., par exemple, Recueil de Travaux , t. II, p. 146, et cf. le mot maf( ek) (?), Mcm. de la Miss., t. X, p. 95). Le mafck était un talisman, Brugsch, Die Ægyptologic,pA53 et suiv., cf. p. 398; cf. Revue ègyptologique, t. IV, p. 121 et suiv. Je crois avoir observé le mirage sur le désert de la même nuance de vert que le premier ou le dernier rayon du soleil (voy. la première partie de cette étude, Bulletin, nov. 1895, p. 248 sqq. du présent volume, et voy. ma note à ce sujet, Bulletin clc VI nstit ut égyptien, 1894, p. 221 et suiv., p. 225-227 du présent volume, ainsi que 1895, p. 245 et suiv., p. 249 sqq. du présent volume). Rappelons les diverses formes du signe kha, figures 1 et 2. Quant à la dernière forme (fig. 2), on voit réellement le disque entouré de rayons, ainsi au lever et au coucher du soleil; cf. les observations assyriennes (Maspero, Lectures historiques, p. 326, 327 et 330). J’espère revenir plus en détail sur ces questions dans une autre étude, prochainement. Étoiles, Recueil de Travaux, t. V, p. 16, etc. ; cf. Bulletin de l’Institut égyptien, 1894, p. 186, et aux travaux cités, p. 243, note 1.

2. D’après les traductions de MM. Maspero et Brugsch, peut-être y a-t-il une allusion, dans le texte de la pyramide d’Ounas (lig. 422 et suiv.), à la couleur rougeâtre du ciel à l’orient au moment du lever du soleil; dans ce texte, il serait question de l’adoration du soleil qui serait, au moment de son apparition, enveloppé dans une lumière de pourpre. Voy. Recueil de Travaux, t. IV, p. 48, et Brugsch, Die Ægyp tologie, p. 69 ; cf. encore la mention de la couleur rougeâtre du ciel, Matth., xvi, 2 et suiv., et cf. l’allusion aux diverses couleurs du ciel à l’horizon, Mèm. de la Miss., t. XV, p. 16.

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kha. Par exemple, sur la bijouterie de Dahchour1, sur le pectoral au nom d’Ousortesen III, le signe kha, le disque du soleil apparaissant à l’horizon, est représenté de couleur verte2 ; puis il y a une bande rouge, qui correspondrait au ciel rougeâtre à l’orient, au matin, puis une bande bleue représentant le ciel plus près et au zénith, enfin, l’artiste avait ajouté, en crête, une bande verte3 4 5. Sur le pectoral au nom d’Ousortesen II, le disque, juste apparaissant, est représenté de couleur bleu pâle, alors il y a une bande rouge, puis une autre bleu foncé, correspondantes aux couleurs dont on voit le reflet au ciel à l’orient au moment du lever du soleil, puis l’artiste a ajouté, sur l’exemple que nous venons d’indiquer, une crête composée de bleu foncé et pâle mélangé'. Sur une stèle de la Ve dynastie on voit le signe kha, où le disque est représenté de couleur bleue, entouré par des bandes vertes et bleues b On peut

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