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Salle n° 7 au Musée de Ghizeh

2. Pour le disque de couleur verte, voy. au Musée de Ghizeh, n° 1242 (entouré par rouge) ; salle n° 84, sur l’armoire D, disque vert, entouré par bande (étroite) rouge, puis bande noire (bleue?) ; cf. salle n° 59, armoire B n° d’entrée 2785, ligne 5. On voit sur les sarcophages d’Ammon, au Musée de Ghizeh, le disque juste apparaissant (du signe kha) de couleur rouge, ce que l’on voit en réalité, mais ici, peut-être, le signe est coloré d’après la première règle indiquée dans la présente étude, celle de la coloration décorative.

3. Partie supérieure, peut-être suggérée par l’usage de répéter les couleurs, cf. disque vert (voy. la première règle dans cette étude).

4. Voy. ma note, Bull, de l’Inst. ègypt ., avril 1894, p. 221 et suiv. [,ef. p. 225-227 du présent volume] ; cf. présente étude, note 31 (fin).

5. N" 65 au Musée de Ghizeh ; voy. Bull, de l'Inst. ùgtjpt., 1893, p. 155 [; cf. p. 179 du présent volume]. Le ciel à l’orient, au moment du lever du soleil, est, d’après mes observations, généralement rougeâtre ; j’ai remarqué, un certain nombre de fois, quand l’atmosphère est pure, au matin, avant le lever du soleil, sur le ciel à l’orient, près de l’horizon, d’abord une lueur rougeâtre (ou rouge), puis jaunâtre (ou jaune), qui devenait verdâtre (ou verte) ; enfin, au moment de l’apparition du soleil, rougeâtre (ou rouge). J’ai observé sur le ciel à l’occident, ^près de'

remarquer, sur la planche qui accompagne la note de M. Daressy1, que les couleurs, sur les exemples du signe kha (figures 6 et 7 de la planche), ne sont pas toujours d’accord avec celles, ou telles que je les ai indiquées pour les exemples du signe kha de la bijouterie de Dahchour, dans ma note publiée dans le Bulletin de l' Institut éyyptien* ; je crois, cependant, devoir maintenir que les couleurs sont disposées, sur les exemples cités par moi, telles que je les ai indiquées. Quanta l’exemple tiré du bas-relief d’Illahoim3,

l’iiorizon, quand l’atmosphère était pure, lors de la disparition du soleil, la coloration rougeâtre (ou rouge), qui devenait verdâtre (ou verte), puis jaunâtre (ou jaune), enfin une lueur rougeâtre (ou rouge). Pourtant, quelquefois, quand l’atmosphère est dans un état particulier que je ne saurais décrire, avant le lever du soleil et au moment de ce lever, le ciel à l’orient est verdâtre (on peut également observer ce phénomène au coucher du soleil et après ce coucher); alors le disque (plus ou moins complètement) apparaît (ou au coucher, pendant qu’il est encore visible à l’occident) être souvent de couleur verdâtre. Mais c’est ordinairement quelques minutes avant le lever (ou après le coucher) du soleil, qu’on voit le reflet de couleur verdâtre qui vient illuminer l’atmosphère (ou les corpuscules dans l’atmosphère), à cause de la réfraction de cette couleur par l’atmosphère (la même explication s’applique aux autres couleurs dont on voit le reflet au ciel); voy. la première partie de cette étude, Bulletin de l'Institut égyptien, 1895, p. 245 et suiv. [, cf. p. 249 sqq. du présent volume], et M. le Dr Franceschi, Bull, de la Soc. k/iôdic. de Géogr., t. IV, p. 2 et suiv., série n° 9, p. 603 et suiv. J’espère revenir en détail sur la question du ciel verdâtre, cf. Pierrot, Le Liera des Morts , p. 241 ; Mélanges d’ Archéologie, t. II, p. 163, à ce qui précède et au Bulletin de l’Institut égyptien, 1893, p. 152 et p. 155, note] ; cf. p. 175 et p. 180, note, du présent volume].

1. Bull, de l'Inst. éggpt., 1894 (mai), p. 253 et suiv., et planche, fig. 6 et 7.

2. Bull, de l’Inst. éggpt.. 1894 (avril), p. 222 [; cf. p. 226 du présent volume]. Voy. la publication de la bijouterie de Dahchour; je vois, sur le pectoral au nom d’Ousourtésen II, bleu et bleu pâle.

3. Bull, de l’Inst. éggpt., 1894, p. 255, cf. p. 253 et planche, fig. 5. Quant aux figures 10, 11, et cf. 12 de la planche, voy. Bull, de l’Inst. éggpt., mai 1894; Mém. de la Miss., t. X, p. 41 (Horus, I, lig. 7, 8) et p. 68 (Ilorus, lig. 8 et 9) ; cf. p. 134, etc.

CHEZ LES ANCIENS ÉGYPTIENS

lorsque M. Daressy aura bien voulu indiquer ici où se trouve actuellement ce bas-relief, je verrai ce que j’ai à en dire.

Mes conclusions, d’après l’exposé qui précède, sont que le signe h ha est bien l’idéogramme du soleil levant. Les couleurs employées sur ce signe sont bien d’accord avec le phénomène qui a lieu au lever du soleil, et par suite la coloration de ce signe serait une représentation exacte du phénomène du soleil levant.

3e Règle. — Nous arrivons maintenant à la troisième règle ou manière selon laquelle on aurait employé les couleurs, c’est-à-dire, conformément aux croyances religieuses.

La base de la religion des anciens Égyptiens était la nature, ou plutôt les phénomènes de la nature. La plus éclatante manifestation de cette puissance invisible est le soleil : c’est lame, ou, si l’on aime mieux, le cœur qui fait circuler le sang, donne la vie, dans les croyances religieuses des anciens Égyptiens. C’est donc à cette source intarissable que nous devons rechercher les lois fondamentales qui auraient suggéré ou imposé l’emploi des couleurs dans les représentations qui se rattachent aux croyances religieuses. Nous avons vu que, selon les Égyptiens, le soleil est dit être ou fut représenté, pendant le jour, blanc, rouge ou jaune, et, pendant la nuit, vert ou bleu. Le jour était assimilé à la vie, la nuit à la mort ; c’est là qu’on trouve la loi fondamentale régissant l’emploi des couleurs dans les représentations se rattachant aux croyances religieuses, la vie rouge ou jaune, la mort verte ou bleue. Quant aux êtres vivants, ou plutôt ceux de ce monde-ci, les Égyptiens avaient une tendance à les représenter d’après nature, c’està-dire, tels qu’ils sont1. Quelquefois il est dilficile de cléter-

1. Il est parfois dillicile de décider si l’on a, dans une représentation colorée, des exemples purement décoratifs, ou d’après nature, ou se rapportant aux croyances religieuses ; on peut même trouver, dans une

miner si Ton est en présence d’exemples où la coloration est d’après nature ou suivant les règles établies par les croyances religieuses. Ainsi, les hommes sont généralement représentés de couleur rouge et les femmes jaunes 1 , ce qui doit, en quelque sorte, s’approcher de la réalité, car les hommes doivent avoir été plus bruns, rougis par le soleil, que les femmes ; mais ces colorations seraient aussi d’accord avec celles des couleurs employées dans les représentations colorées suivant les règles établies par les croyances religieuses, car le rouge ou le jaune étaient les couleurs des êtres vivants, les couleurs de la vie. Dans la scène du jugement, on voit Osiris, chez qui les parties visibles du corps sont de couleur verte ; devant lui est le trépassé, ou plutôt son double ou âme, qui est représenté de couleur rouge, quelquefois jaune2. Peut-être, dans ce cas, en est-on à un moment précédant le jugement, après lequel seulement' lame pouvait être assimilée au soleil nocturne.

C’est surtout dans les diverses représentations qui se rapportent à l’autre monde ou se rattachent aux croyances religieuses qu’on reconnaît bien les exemples de l’emploi des couleurs.

Les anciens Égyptiens se figuraient l’autre monde3 à

seule représentation, des exemples des figures colorées d’après ces diverses règles. CL les observations de Virey, Main, de la Miss., t. V, p. 203, etc.; cf. Bénédite, Le Tombeau de la reine Titi , dans les Mèm. de la Miss., t. V, 3" fasc.

1. Pas toujours; il y a des exceptions (cf., par exemple, au Musée de Gliizeh), et l’on voit des hommes de couleur jaune.

2. Cf. Bull, de l’Inst. egypt., 1893 (mars), p. 154, note 4 (quelquefois, femmes blanches).

3. Quant à la question de savoir où, selon les anciens Égyptiens, se trouvait l’autre monde, s’il était situé dans un plan parallèle à ce monde-ci, c’est-à-dire sur cette terre (voy. Bull, de l'Inst. èggpt., 1893, p. 150 et suiv.), ou s’il était au-dessous , dans l’hémisphère inférieur, elle est indécise. Il y a quelque temps j’entendis des Arabes s’entretenir à propos de ce fait qu’en été, après le coucher du soleil, la lumière

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l'instar de celui-ci ; mais, ainsi que nous l'avons vu, ils croyaient que le soleil, là-bas, était de couleur verte ou bleue, les dieux et les déesses de l'autre monde étaient illuminés, ou mieux assimilés à ce soleil nocturne et on les représentait de ces couleurs, ou de l'une de ces couleurs.

Ainsi, on voit Osiris, le roi et juge de l'autre monde, soit comme statue, soit figuré sur des sarcophages, des papyrus, etc., les parties visibles de son corps représentées aussi de couleur verte1. On voit Ptali, dans son rôle de divinité de l’autre monde, représenté aussi de couleur verte et bleue2 ; et Sokar, « sa forme est celle d'une momie dont le visage et les mains découverts ont la teinte verte ou bleue3 ».

Quant à la couleur bleue du dieu Ammon, en égyptien amen signifie « enveloppé, caché, mystérieux » ; Ammonest le Soleil « caché », c’est-à-dire pendant son voyage à

semblait s’en aller vers le nord tandis qu’avant, et au lever du soleil, elle semblait venir de cette direction, puis qu’en hiver le soleil semblait s’enfoncer droit dans le désert Libyque et surgir directement de derrière le Mokattam ; ils expliquaient ces phénomènes en disant qu’en été le soleil faisait le tour au nord, mais qu’en hiver, il allait au-dessous de la terre. Je me suis demandé si les anciens Égyptiens n’avaient pas, peut-être, fait des raisonnements analogues, et si, pour eux, il n’y avait pas un autre monde qui se trouvait au nord (peut-être les champs d’Aarou), puis un autre en dessous de la terre (le Duau-t), peut-être, fondamentalement, celui-là pour les plus heureux, celui-ci pour les moins heureux : les deux conceptions se seraient, au cours des temps, plus ou moins amalgamées. Voy. Maspero, Le Licre des Morts, dans la Reçue de l'Histoire des Religions (extrait), p. 6 etsuiv. ; cf. Histoire , p. 283 : « tu as voilé le ciel inférieur », etc. Cf. Pierret, Dict. d'Arch. ùggpt., p. 395.

1. « Dit l’équipage de Ra, le soir de la journée; vit Osiris après la mort comme le soleil chaque jour ». Le Licre des Morts , ch. ni, 2 et suiv. (édit. Pierret, p. 15); cf. Pierret, Dict. d'Arch. àggpt., p. 395.

2. Voy. Me ni. de la Miss., t. V, p. 397, cf. pl. I; cf. le disque de mafek, Chabas, Ant. hist., p. 23, cf. p. 25.

3. Maspero, Hgpogôes, dans la Reçue de l’Histoire des Religions , 1888 (extrait), p. 17; Pierret, Dict. d'Arch. ùggpt ., p. 517.

o38 SUR LES LOIS RÉGISSANT L’EMPLOI DES COULEURS

travers les régions de l’autre monde. C’est à cause de l’assimilation entre ce soleil et Ammon qu’on voit ce dieu représenté, soit comme statue, soit sur les monuments, le corps peint en bleu1 2. « Le soleil couchant, ou plutôt le soleil avant son lever, se nommait Toum ou Atoum » ; on voit cette divinité représentée ayant « la forme humaine, son corps est peint en bleu 3 4 5 6 ».

Notons encore qu’on voit représenté « Thoutmès III, devenu Osiris et uni au disque solaire... Son visage est bleu, ainsi que ses mains3 ».

Quant aux déesses \ dans leur rôle de divinités de ce monde-ci, elles sont représentées de couleur claire, c’est-àdire blanchâtre, jaune ou rouge ; mais, lorsque leur rôle se rapporte à l’autre monde, elles sont représentées de couleur sombre, c’est-à-dire verte ou bleue3.

Hatlior reçoit le soleil entre ses bras à son coucher, elle personnifie le ciel nocturne dans lequel l’astre semble se renouveler, et elle est la mère du soleil levant ; ainsi le rôle qu’elle joue dans l’autre monde explique la raison d’être des couleurs verte ou bleue qu’on emploie dans les représentations de cette déesse0. La déesse « Néit personnifiait

1. Voy. Pierret, Dlct. d'Arcli. èggpt., p. 35; Oberziner, 11 Culto del sole , p. 85 et suiv. « La propriété d’avoir pour corps le disque solaire n’est pas spéciale à Osiris. . . puisqu’elle est prêtée. . . à Ammon ; c’est un attribut de l’être suprême, quel que soit le nom qu’on lui donne » (Mèl. d'Archèol ., t. II, p. 197, note). Peut-être Ammon était le soleil d’été et Osiris le soleil d’hiver, du moins à une époque quelconque.

2. E. de Rougé, Notice sommaire des monuments égyptiens du Musée du Loucre, p. 128.

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