‹ Œuvres égyptologiques de William N. GroffChapitre 213 sur 309 · RELATIVES AUX PYRAMIDES DE GHIZEH · texte numérisé non relu

RELATIVES AUX PYRAMIDES DE GHIZEH

feux follets. Je m’étais demandé, en ce cas, si elles ne proviendraient pas d’un corps quelconque en décomposition près de la pyramide ou si elles proviendraient de l’intérieur de la pyramide même1 ; je me suis également demandé si les lumières que j’ai vues se rattachaient à un fait passager, ou si elles se sont manifestées, du moins de temps à autre, dans un passé plus ou moins lointain2.

Quelques recherches et une étude tout à fait provisoire m’ont fait soupçonner que ces lumières sont dues à des émanations qui sortent de l’intérieur de la pyramide ; qu’elles ont été vues, plus ou moins fréquemment, dans le passé, et que c’est à elles que sont dues certaines légendes et traditions relatives aux pyramides de Ghizeh.

Selon Makrizi, après leur construction, « à chacune des » pyramides fut assigné un gardien », et les pyramides furent entourées d’esprits immatériels. Puis, dit l’auteur

1. Cf. Makrizi, traduction Bouriant, Mémoires de la Mission française du Caire, t. XVII, p. 333 et 346, ligne 1 et suiv.

2. Ayant passé des nuits nombre de fois au désert, près des pyramides de Ghizeh, j’avais plusieurs fois remarqué des lumières à ces pyramides, sans avoir cherché, tout d’abord, à me rendre compte de leur origine ou de leur cause. Par la suite, je devins plus attentif et je fis quelques recherches, desquelles il paraît ressortir que ces lumières ne sont pas visibles très souvent, mais qu’on les voit quelquefois vers cinq heures du soir (heure arabe, c’est-à-dire vers cinq heures après le coucher du soleil). On croit que ces lumières sont des étoiles, mais, selon d’autres, on les croit des âmes, des esprits ou des démons. Quant aux lumières que j’ai remarquées il y a environ deux semaines, rappelons que nous traversons en ce moment une période de temps humide qui, peut-être, est plus favorable à ces manifestations qu’un temps plus sec ; puis, après le coucher du soleil ou pendant la soirée, l’air à l’intérieur des pyramides est plus chaud (léger) que l’atmosphère du désert, ce qui causerait des courants d’air sortant des pyramides qui entraîneraient avec eux des émanations qui sont ou deviennent lumineuses. C’était sur le côté nord et le côté est (?) de la pyramide que j’ai vu la lumière ou les lumières de huit heures, sur le côté nord que j’ai vu la lumière de onze heures se manifester et monter. J’espère revenir sur ces questions.

CERTAINES LÉGENDES ET TRADITIONS

arabe, « les Coptes racontent encore que l’esprit attaché à » la pyramide du nord est un diable jaune. . . » ; celui de la pyramide du sud « est une femme nue... elle est belle,... elle » charme les hommes qui la regardent, leur sourit, les » attire et leur fait perdre la raison. L’esprit de la pyra- » mide peinte est un vieillard qui tient un encensoir » d’église où brûlent des parfums. Bien des gens ont vu à » maintes reprises ces esprits qui faisaient le tour de la )) pyramide vers le milieu du jour et au coucher du soleil 1 ». Il me semblerait loisible de supposer, d’après la citation de l’auteur arabe, que les esprits que « bien des gens ont vus, à maintes reprises », tournoyer au soir autour des pyramides, sont des lumières phosphorescentes ou des feux follets. L’imagination du peuple aurait doué ces manifestations intangibles d’une forme, en apparence, réelle à la pyramide peinte ; c’était, disait-on, un encensoir d’église, où brûlent des parfums, qui était porté par un vieillard, l’esprit gardien de la pyramide.

Ce qui concerne la troisième pyramide est particulièrement intéressant à retenir. Elle fut construite par Menkaura, quatrième roi de la IVe dynastie2 3. Or, après Hérodote ce roi « reçut de la ville de Buto un oracle qui lui annon- » çait qu’il n’avait plus que six ans à vivre et qu’il » mourrait la septième année... ». Le roi fît faire un grand nombre de lampes. Dès que la nuit était venue, il les faisait allumer et il passait le temps à boire et à se divertir4. On

1. Makrizi (traduction Bouriant, Mémoires de la Mission française du Caire , t. XVII, p. 325 et suiv. On serait tenté de corriger le texte ou la tradition rapportée par Makrizi et de changer « vers le milieu du jour » en « vers le milieu de la nuit » ; ainsi, on aurait vu ces lumières au soir et vers minuit. Pourtant on peut avoir vu de petites émanations nuageuses sortir de la pyramide et flotter à l’entour pendant le jour.

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