Colonnes V et VI, voy. la planche, fig. VI
2. On serait tenté de croire que l’N de ènphù aurait été changé en M devant le P (ou PH); voy. Stern, Gram., §§ 65, 66. Peut-être l’N de ènxnphè aurait été assimilé au plié (voy. § 68). Mais le sorcier paraît avoir pris soin de noter qu’il y a deux formes et que ènphù en est la seconde. Énphé ou émphé seul n’ont de sens complet ni l’un ni l’autre; ce n’est que quand ils sont réunis et qu’on reconnaît comme prototype
PETITES ÉTUDES ARCHÉOLOGIQUES
d’ailleurs êmphé employé dans la composition de divers noms des divinités invoqués par le sorcier. Un autre nom, d’une formation analogue, est émpto. Ici la préposition et l’article sont tous les deux exprimés. Ces faits nous porteraient à réunir dans un seul mot ènphé et êmphé, et à reconnaître comme prototype êmnphé. Lorsque nous recherchons l’origine de ce nom ou expression qui paraît avoir servi à qualifier pater, il en ressort un fait des plus intéressants et qui se rattache intimement au sujet que nous traitons, l’arrivée du christianisme en Égypte.
Émnphè signifie, en égyptien, « étant dans les cieux », ce qui revient à dire « qui es aux cieux », et on peut traduire l’invocation : « O saint Pierre ! O Père qui es aux cieux ! » Ainsi saint Pierre et « Pater noster, gui es in cœlis » 1 sont invoqués. Nous voilà, dirait-on, en plein christianisme, ou gnosticisme; c’en est un écho, indubitable. Le magicien 2 se serait vaguement rendu compte de quoi il s’agissait; on voit par les déterminatifs qu’on aurait reconnu que Jésus, Jean et Pierre, et môme le « Père qui est au cieux », sont des personnages augustes, peut-être même des divinités, mais l’étymologie grotesque qu’on aurait donnée au nom de Jean3 et la façon dont on aurait mal compris l’invocation « notre Père qui es aux cieux » 4
èmphè « étant clans les cieux », qu’ils ont une signification satisfaisante (de même formation que èmpto).