Spiegelberg, Académie de Berlin , 1896, p. 563 et suiv
4. Voy. ma note dans le Bulletin de l’Institut égyptien, 1896, p. 59, ou les résultats du présent mémoire sont résumés.
5. La stèle se trouve actuellement au Musée de Ghizeh, salle 25.
LA STÈLE DE MËRENPTAtt
est mentionné Israël1. Si l’on regarde le texte sur la stèle sans se préoccuper de le lire, on remarquera que les 25 lignes et un tiers, où il est question de la guerre contre les Libyens, paraissent être d’une seule rédaction. L’écriture en est bonne, les caractères se ressemblent, on dirait volontiers qu’on les a gravés tous en un même temps. Au contraire, le passage final, à partir du premier tiers de la ligne 26 (après le nom du roi), et les lignes 27 et 28 semblent se détacher de ce qui précède. La pierre y est autrement dressée que dans le récit, elle est mieux égalisée, les caractères hiéroglyphiques paraissent confus et sont plus mal et plus légèrement gravés2, ciselés dans la pierre; l’écriture ressemble à celle du récit, il est vrai, mais les caractères sont d’une autre facture. Ces faits me font croire que le passage final, à partir du nom du roi, ligne 26, et les lignes 27 et 28, a été ajouté au récit par les Egyptiens pour remplir l’espace qui aurait été laissé en blanc sur la pierre. A une époque indéterminée, mais sous le règne de Merenptah3 4 (qui paraît avoir été court), on aurait ajouté le post-scriptum h Peut-être est-ce le même graveur qui le cisela, mais ce n’est plus la même sûreté de main. On dirait que dans sa jeunesse il avait raconté la victoire du roi contre les Libyens; quand il vint
1. Voy. mes observations à ce sujet dans le Bulletin clc l’Institut égyptien, 1896, p. 59 et suiv.
2. Quelques signes sont bien gravés au commencement des lignes 27 et 28 (cf. le commencement des lignes 1, 2 et 3, inscription d’Eschmounazar, C. I. S ., n° 3, tab. II). Après em . (mehu em), ligne 27, la mauvaise écriture commence. On peut soupçonner que peut-être il y a une faute dans le texte (une ligne passée ?), mais le verbe meh « s’emparer de » prend cm (a/n) pour marquer l’accusatif (cf. Papyrus d'Orbineg, III, 7; X, 7; voy. mes Études , p. 8 et 28), comme etli en hébreu après les verbes lai, -ad et loyal i).
3. Car on l’a trouvé ailleurs (Dümichcn, H. J. S., Tafel I, d’après Spiegelberg, Académie de Berlin , 1896, p. 593 et suiv.).
4. Peut-être le même scribe qui avait tracé le récit a-t-il également tracé à l’encre, sur la pierre, le passage final.