‹ Œuvres égyptologiques de William N. GroffChapitre 261 sur 309 · Excepté les déterminatifs finaux · texte numérisé non relu

Excepté les déterminatifs finaux

MOÏSE ET LES MAGICIENS

par un pseudonyme, Mambrès\ formé sciemment au moyen d’une lecture alphabétique des signes employés, en démotique, pour écrire son vrai nom \ On croit assez généralement que le prince Ha-m-us était mort avant que Mer-en-ptah3 régnât ; peut-être la tradition s’est-elle trompée en mettant en lutte avec Moïse et Aaron un magicien déjà mort au temps où il fut censé les combattre. Toutefois, d’une étude que j’ai faite sur cette question, il semble ressortir que le prince Ha-m-us, après avoir régné, vivait encore sous le règne de Mer-en-ptah, et qu’il se serait occupé des fonctions sacerdotales et surtout de la magie. Sa momie est, nous le croyons, actuellement au Musée de Ghizeh4.

On ne peut pas s’empêcher de remarquer combien est ferme la tradition qui groupe autour des règnes de Ramsès II et de Mer-en-ptah tout ce qui se rapporte aux scènes décrites aux premiers chapitres de Y Exode; il est intéressant d’en voir le héros en personne, si, comme il est loisible de le croire, la momie conservée au Musée de Ghizeh, au nom de Ra-ha-m-us, est celle du célèbre magicien, le prince, et probablement aussi roi, Ha-m-us, le Mambrès de la tradition chrétienne.

1. « Dans la littérature pseudo-clémentine, « Simon le magicien » est souvent un pseudonyme de saint Paul » (Renan, Les Apôtres , p. 153). Pour certains noms ou pseudonymes, voyez mon étude, Le Nil, Bulletin de l’Institut égyptien, 1892, p. 171.

2. Discours (précité) prononcé au Lane Tlicological Seminary .

3. Voyez Pierret, Dictionnaire d’ Archéologie égyptienne, p. 289, et Lefébure, Rites égyptiens , p. 28 ; cf. les observations de Maspero, Histoire ancienne , 4e édition, p. 255 et note 2.

4. Discours prononcé au Lane Tlicological Seminary (précité); ce serait la momie n° 1196 du Musée de Ghizeh, désignée par la forme pleine du nom. Voyez mon Étude sur les noms propres, dans la Reçue égyptologic/ue, t. V, p. 85 et suiv. Voyez des observations dans Virey, Notice des principaux Monuments exposés au Musée de G De h, p. 314, et Maspero, Les Momies royales de Dcir el-Bahari ( Mémoires de la Mission française, t. I, p. 568).

ÉTUDE SUR LES PERSONNAGES

DU

ROMAN DE SETNÉ-PTAH HA-M-US'

Un des personnages les plus illustres cle la XIXe dynastie fut Ha-m-us, fils favori de Ramsès II, frère de Bent-Anta et de Mer-en-ptah. Après sa mort, la tradition garda pieusement le souvenir de ce personnage que des légendes vinrent entourer comme d’une nébuleuse. Ainsi que la lumière d’une étoile traverse l’espace, l’éclat de la gloire de Ha-m-us a franchi des siècles et est parvenu jusqu’à nous, mais, pendant son long parcours, sa mémoire a dû subir bien des vicissitudes : un conte, écrit sous un des Ptolémées, nous fait connaître comment on se figurait Ha-m-us un millier d’années après sa mort1 2.

Dans le roman dit de Setné-Ptah Ha-m-us, le conteur a brodé sur un canevas de l’histoire vraie, mais la fable est

1. Publié dans le Recueil de Trac aux, t. XXII, p. 41-50. — La plupart des faits développés dans la présente étude ont été indiqués dans mon étude précédente : Moïse et les magiciens à la Cour de Pharaon, dans le Recueil de Travaux, t. XXI, p. 219 et suiv.f; cf. p. 434-438 du présent volume].

2. Le papyrus où est raconté le roman de Setné-Ptah Ha-m-us est conservé au Musée de Ghizeh, où j’ai pu l’étudier; le texte et la traduction en ont été publiés par Revillout, Le Roman de Setna, et par Hess, Der Demotische Roman von Setne Ha-m-us. Voyez la traduction, le commentaire et la bibliographie dans Maspero, Les Contes populaires de l' Égypte ancienne, Introduction et p. 163 et suiv.

ÉTUDE SUR LES PERSONNAGES

tellement enchevêtrée avec la réalité, qu'il est aussi difficile de les toujours séparer que de dire là où la nuit finit et où le jour commence. Assurément Ha-m-us a existé, il fut prince, grand prêtre de Ptah, il a régné; la tradition veut qu’il se soit beaucoup occupé de la magie, et on dit qu’il allait chercher des écrits sur la sorcellerie dans des tombeaux. Des personnages qu’on met en scène avec lui sont en partie, probablement, fictifs, en partie réels1.

Voici les personnages légendaires :

Ptah-na-nefer-ka, dont le nom signifie « Ptah (le) beau » taureau2 3 4 ». Ce nom est formé de ceux de deux divinités si populaires à Memphis, Ptah et Ka « taureau », c’est-à-dire a Apis », divinités auxquelles Ha-m-us fut très dévoué. Le tombeau de Ptah-na-nefer-ka, où Ha-m-us serait allé chercher un écrit sur la magie, devrait être situé, selon la légende, non loin du Sérapéumh

Aliuré « (la) grande vache » est un nom qui convient tout à fait à la femme d’un « beau taureau », — un Apis au point de vue religieux. Les Égyptiens jouaient quelquefois sur le nom d’Hathor en l’appelant Aht-ur « la grande vache* ».

,Lç ou .) y Mer-ab ou Mev-ab-Ptah,

i?JM

et

i^Jj^ § est un nom théophore,

écrit à la forme apocopée et à la forme pleine ; la signifi-

1. Revillout, Le Roman de Setna, Introduction; Hess, Der Demotische Roman von Seine Ha-m-us , et Maspero, Les Contes populaires de V Égypte ancienne , Introduction.

2. Voyez Revillout, Un Poème satirique , p. 80 ; Hess, Der Demotische Roman von Setnc Ha-m-us, p. 14. Le nom de Ptah-na-nefer-ka ressemble à celui de Ptah-nofer-her.

3. Peut-être le tombeau de Ptah-na-nefer-ka, où Ha-m-us est supposé aller chercher l’écrit magique, est-il l’écho d’un tombeau où il allait, peut-être le Sérapéum.

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