‹ Œuvres égyptologiques de William N. GroffChapitre 266 sur 309 · Hérodote, II, cvn, traduction Buehon, p · texte numérisé non relu

Hérodote, II, cvn, traduction Buehon, p

3. Krall, Ein nouer historischer Roman in demotischer Schrift (Mien), p. 1, n. 3; Hérodote, II, cxli, traduction Buehon, p. 84, éd. Wiedemann, p. 501 et suiv.

4. Maspero, Mémoires de la Mission française au Caire, t. I, l'asc. IV ; Les Momies roj/alcs de Deir el-Bahari. Cf. Virey, Notice des principaux Monuments exposés au Musée de G R eh, p. 265 et suiv., et 297 et suiv.

£>U ROMAN DE SETNE-PTAH HA-M-US

dans le tombeau avec Ptah-na-nefer-ka, — ce que Ha-m-us est représenté faisant lui fut probablement fait, et son corps fut réuni avec ceux des autres personnes de sa famille ; — le nom même de Ha-m-us semble se rattacher en quelque sorte à Thèbes. En tout cas, il est probable qu’on aura essayé de sauvegarder la momie de Ha-m-us de la même manière que celles des autres personnes de sa famille, et tout nous porte à croire, a priori, qu’on doit trouver sa momie avec celles des souverains des XVIIIe, XIXe et XXe dynasties.

Sur une des momies découvertes avec les momies royales, conservées actuellement au Musée de Ghizeh1 2, est tracée en hiératique, à la hauteur de la poitrine, sur l’étoffe qui enveloppe la momie, une inscription ainsi conçue :

=£/ ân /y,-? 3 y f i ï 'k f/of

dont la transcription en caractères hiéroglyphiques est : n ^ r>n\\n 6b f PI 1 1 ^ /\ o

tm O - y

e S^-l'âT ce signifie : (( Env°ya Sa

T AAAAM ï—i - - . •Tl* J

)) Majesté, en l’an VII, deuxième mois de la saison des se- » mailles, jour 16, pour emmaillotter le roi Ha-m-us ». C’est précisément la même mention qu’on trouve sur le

1 Ng 1196. Maspero, Mémoires de la Mission française au Caire,

t I p. 566 et suiv. ; Virey, Notice des principaux Monuments exposes au Musée de Gi&eh, p. 314 et suiv. ; Croît, Recueil de Trac aux, t. XXI p. 221 et suiv.l; et. p. 437-138 du présent volume].

2 Lors de la rédaction de mon étude, j’obtins l’autorisation d enlever des étoffes qui couvrent la momie, d’étudier l’inscription et de voir ce qu’elle était réellement ; le résultat de cette etude est donne ici par le texte 4a transcription et la traduction. J’ai fait la recherche indiquée

au mois d’août 1899.

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maillot de Séti Ier, et qui semble bien devoir se rapporter au règne du Pharaon qui régnait à Tanis tandis que Menkhopirri était grand prêtre à Thèbes1 2, c’est-à-dire probablement au règne d’Amen-em-apt. Sur un morceau d’étofïe qui fut employé pour envelopper la momie, se trouve une mention d’après laquelle l’étoffe aurait été donnée par Nesizonsu, en l’an VP.

Ainsi, il paraît que, sous la XXIe dynastie, en l’an VII, présumablement, d’Amen-em-apt, le 16 Mécliir, on aurait emmaillotté les momies des rois Men-ma-ra et Hci-m-us. Une étoffe, faite probablement vers le temps de Pinedjem II, fut employée comme enveloppe extérieure de Ha-m-us.

Quant à l’identité du roi Ha-m-us :

Le titre de Ha-m-us ou de Ha-us se trouve parmi ceux de Ramsès IX et de Ramsès XII, mais ce n’est pas un nom propre. Ni l’un ni l’autre de ces souverains ne fut jamais, du moins à ma connaissance, ainsi nommé; c’est un titre qu’on trouve parmi d’autres, soit dans le second nom, soit en dehors, — jamais dans le prénom, — et c’est un prénom que nous devrions trouver sur la momie. La momie de Ham-us me paraît avoir été bien faite, et on serait très surpris que la momie de l’un des derniers rois ou du dernier roi de la XXe dynastie eût eu besoin d’être eminaillottée de nouveau sous la XXe, — quelques années seulement après la mort de la personne ; la momie devait avoir été faite depuis au moins un siècle, avant d’avoir besoin d’être emmaillottée de nouveau, c’est-à-dire dès la XIXe dynastie, et,

1. Maspero, Mémoires de la Mission française au Caire , t. I, p. 554 et suiv. ; Daressy, Contribution à l'étude de la XX P dynastie égyptienne , dans la Reçue archéologique , 1896.

2. M. Maspero corrige le texte et lit l’an V. Peut-être est-ce l’an VI d’un autre roi que celui sous lequel Nesi-xhonsu serait mort, ou l’an VI d’un grand prêtre; peut-être est-ce l’an VI d’Amenemapt; cl. Daressy, Contribution à l’étude de la XXP dynastie égyptienne, dans la Reçue archéologique , 1896 (extrait), p. 15.

DU ROMAN DE SETNÉ-PTAH HA-M-US 449

à cause de ces faits, elle ne doit pas être le corps de l'un des derniers souverains de la XXe dynastie1.

Un des fils de Ramsès III fut nommé Ramsês-Ha-m-us ; on serait donc porté à croire que la momie est, peut-être, son corps, mais ce prince, autant que nous le savons, n’a jamais régné, et, par suite, n’aurait pas reçu les titres d’un roi2 3.

L’identification qui rencontre le moins de difficultés, la seule possible, et celle qui paraît être tout indiquée, est de reconnaître que la momie au nom de Ha-m-us est le corps de Ha-m-us, fils favori de Ramsès IL

L’aspect de la momie est celui d’un homme à l’âge viril : ce n’est ni un jeune homme, ni un vieillard. La momification me parait être analogue à celle qui fut employée non pour les momies des XXIe ou XXe dynasties, mais pour celles de la XIXe ; toutefois le procédé employé pour conserver le corps de Ha-m-us ne me paraît pas être le même que celui de Séti Ier, ni de Ramsès II, mais il ressemble à celui de la momie supposée être celle de Ramsès Ier. On peut se demander si, peut-être, Ha-m-us n’a pas été momifié à Memphis, suivant la méthode qui aurait été employée dans cette localité.

Le visage de Ha-m-us est beaucoup plus petit que celui de Ramsès III, plus petit que ceux de Séti Ier, de Ramsès II, même de Ramsès Ier (?), mais on voit bien que la figure de Ha-m-us est celle des Ramessides ; le front ressemble un peu à celui de Ramsès III, mais le nez:i, les pommettes, la

1. Il parait que le cercueil cle Ramsès IX a été enlevé du tombeau ; il ne se trouvait pas dans la cachette de Deïr el-Bahari (il y avait, pourtant, des fragments d’une caisse au nom de Ramsès IX, n 1208, au Musée de Ghizeh). Le cercueil et la momie du roi doivent se trouver (mais peut-être pas ensemble) dans une cachette ou une tombe, peutêtre non loin de Thèbes.

2. Daressy, Mèdinet-Habou , p. 134. Peut-être le titre de roi distinguet-il Ha-m-us de ce prince.

3. Le nez a été un peu écrasé, soit par un accident, soit par les bandelettes.

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bouche et surtout le menton sont semblables à ceux de Ramsès II. On dirait volontiers que le visage de Ha-m-us est celui de Ramsès II, dont les parties saillantes exagérées ont été adoucies 1 .

Nous venons de voir que les momies de Séti Ier et de Ha-m-us furent emmaillottées le même jour. On comprend bien que, sous la XXIe dynastie, les momies de la XIXe aient eu besoin de soins, et, par conséquent, qu’on se soit occupé en même temps du grand-père et du petit-fils, c’est tout à fait naturel. Probablement on avait réuni les momies royales de la XIXe dynastie dans le même lieu, et naturellement celle de Ha-m-us se trouvait avec celles de ses prédécesseurs, contemporains et successeurs illustres.

Ainsi, il ressort de ces faits que la momie conservée au Musée de Ghizeh au nom de Ha-m-us est, selon toute probabilité, le corps du fils favori de Ramsès II, le prince, le grand-père de Ptah, le régent ou roi Ha-m-us, le Mambrès de la tradition chrétienne2.

D’après le roman, Setné avait été accompagné, dans son expédition au tombeau de Ptah-na-ne f'er-ka , par

c i vi — 3 j A ^ V7 :1 « An-h-hor-eroa, son

» frère4 5 de compagnonnage3 ». Ce personnage a tout à fait l’air d’avoir été introduit dans le roman uniquement pour aller chercher le talisman de Ptah et l’apporter à Setné.

1. Peut-être serait-il intéressant de comparer le visage de Ha-m-us avec celui de Mer-en-ptali.

2. Résultat indiqué dans mon étude sur Moïse et les magiciens à la Cour cle Pharaon , dans le Recueil de Travaux, t. XXI, p. 221 et suiv.f; cf. p. 437-438 du présent volume].

3. Colonne IV (II), ligne 31. Revillout, Le Roman de Sctna , p. 104 (cf. p. 107); Hess, Dcr Demotische Roman ton Sctnc Ha-m-us , p. 97 (cf. p. 99 et 145).

4. Litt : « frère », mais probablement dans le sens de l’hébreu HK et dans celui de l’arabe ^4 , ^>4 « frère, camarade, ami ».

5. Au lieu clc mens , lire mon-t, la préformante juiut, et ari « corn-

DU ROMAN DE SETNÉ-PTAH HA-M-US

Son nom est des plus étranges, et on peut en faire l’analyse ainsi* 1 : an est le verbe an ((apporter», le signe suivant

h, puis vient le dieu Horus, — le h, qui le précède, peut en être le complément phonétique, mais H-hor ferait penser à Hathor2, si, pourtant, la forme régulière du nom de cette déesse n’était pas autrement écrite, — enfin, erou, , epioov, epoo-v « à eux3 ». — « Horus

(ou Hathor) a apporté à eux », c’est-à-dire l’enfant à ses parents, serait un nom propre peu satisfaisant1 5 6 *. Un nom tliéophore devrait indiquer le rapport entre la personne et la divinité8 ; les personnages fictifs du roman ont des noms d’une signification claire, et on s’attendrait à trouver Ptali comme divinité. Fait à noter : les personnages réels du roman ont souvent leurs noms mal écrits, par exemple, le

prénom de Ramsès II, f< © Ra-user-ma sotep-en-ra

ou

est écrit

^j'jj ", le nom de Mer-en-ptah est écrit ^ □ | ^

Mer-ba-ptah, ainsi que nous l’avons déjà vu. Si donc An- h hor-erou était un personnage réel, on s’attendrait à trouver

pagnon », ment-ari « compagnon » (Revillout, Renie èyyptoloyiquc , t. IV, p. 82, n. 20, cf. n. 17).

1. Voyez la transcription cle ce nom dans Iless, Der Demotisc/ie Roman cou Setne Ha-m-us , p. 145.

2. Voyez Maspero, Les Contes populaires de l’Égypte ancienne , p. 192 (cf. p. 168).

3. Erou. Voyez Erman, Ncuœgyptische Grammatik, p. 74; Brugsch, Grammaire domotique, § 229 ; Stern, ICoptischc Grammatik , § 498.

4. Ce nom fautif aurait été formé en assimilant un nom propre à des noms comme A/-Amcn-crou ; voyez mon étude dans la Reçue ègyptolo- (jique, t. V, p. 89 [; cf. p. 32 du présent volume].

5. Voyez mon Étude sur les noms propres, dans la Reçue ègyptolo- Çjique, t. V, p. 85 et suiv.

6. Maspero, Les Contes populaires de l’Egypte ancienne, p. xxxvm.

Ces derniers noms sont lus de droite à gauche. Ci. Ap|/.ij<rr)ç (?).

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son nom mal écrit. Tous ces faits nous engagent à essayer de corriger le texte démotique et à rechercher quelle est la personne dont le nom est défiguré dans le texte actuel. Le nom propre An-h-lior-erou s’y trouve deux fois, très bien écrit, et on voit que le scribe a voulu l'écrire tel qu’on le voit dans le texte, mais on peut régulariser un peu son nom en supprimant le qui précède le nom d’Horus; on aurait alors qui se lit bien an-hor-erou. Toutefois ces signes

ressemblent à cm, sep-sen ou cm bis' , c’est-à-dire

Anan ou Anna. Cette correction donnerait un nom propre tout à fait satisfaisant et très connu à la XIXe dynastie. Si nous avons, dans le roman, la mention d’un personnage réel,

on serait bien tenté d’y reconnaître le scribe

célèbre, « le maître des instructions1 2 », le maître des livres, qui aurait vécu précisément au temps de Mer-en-ptali et de Séti II. Assurément, ITa-m-us l’aura connu, probablement même fut-il son ami, peut-être intime; si Ha-m-us eut un compagnon dans ses recherches pour des écrits magiques, ce dut être un lettré comme Anna. Il semble bien que la tradition voulait que ce fût précisément Anna lui-même, ç’aura donc été Anna que, selon la légende, Setné envoya chercher le talisman de Ptah. D’après Pline, il aurait été ami, même collègue de Moïse3 4; peut-être Anna fut-il, en réalité, un ami des Sémites en Égypte. Il semble avoir été bien vu d’eux, car, dans Y É pitre à Timothée, attribuée à saint Paul,

son nom est conservé dans la transcription 'law-Tg h Ici encore,

1. Voyez Revillout, Un Poème satirique , p. 177; Hess, Der Dcmotische Roman von Sctne Ha-m-us , p. 21.

2. Maspero, Du Genre èpistolaire, p. 73, et mon étude sur le Papyrus d’Orbiney , p. 54-55.

3. Pline, Histoire naturelle, édit. Littré, p. 323. Voyez mon étude dans le Recueil de Travaux , t. XXI, p. 219.

4. Voyez mon étude dans le Recueil de Travaux , t. XXI, p. 219 et suiv., surtout p. 220, n. 6[; cf. p. 434-438 et surtout p. 436, n. 1, du présent volume].

DU ROMAN DE SETNÉ-PTAH HA-M-US

comme dans le roman, il aura été le compagnon de Ham-us, et il est représenté comme ayant des relations avec Moïse, ce dont Pline semble faire l’écho. Enfin, au premier siècle, les magiciens évoquaient, en même temps que celle d autres personnages célèbres, l’ombre d’Anna de chez les Mânes, comme étant celle d’un de ses prédécesseurs les plus célèbres 1 .

Nous venons de voir la plupart des personnages fictifs et des personnages réels du roman de Setné-Ptah Ha-m-us : il nous en reste encore deux, dont l’un peut-être, l’autre assurément, ne doivent leur existence qu’à de fausses lectures du texte démotique du roman.

A la planche III (I), ligne 10, on lit : « Après cola, il y avait

(.i fÿ y. 'im ha nés ptah. Si l’on traduit « une fête de

Ptah )), il faudra admettre, ou bien un emploi exceptionnel de la préposition nés, qui indique l’appartenance, ou bien qu’il y a une faute dans le texte, et il faudra la corriger et lire en. — Sur le papyrus, le mot nés (?) est écrit un peu plus fortement que le contexte; on voit bien qu’il y a quelque chose d’anormal, et le scribe semble l’avoir senti. Si l’on traduit : « un prêtre (nommé) Nes-ptah », le nom projDre serait satisfaisant, mais on rencontrera un nombre de difficultés : 1° suivant « après cela, il y avait », on s’attendrait à trouver la mention d’un événement; 2° Ha ne signifie pas « prêtre »; 3° dans le roman, le titre suit le nom propre; 4° à la ligne 'suivante, il y a un nouveau personnage en scène, qui ne serait autre que Nes-ptah ; sans cela, il n’au-

1. Notes d’un sorcier , pubfiées par Hess, Der Gnostische Papyrus von London; Leetnans, Le Papj/rus dé motif/ ne n° G 5 du Musée de Le/jde (Monuments égyptiens du Musée d’antiquités des Pays-Bas). Le papyrus est analysé et étudié dans mes études Sur la sorcellerie ou le rôle que la Bible a joué che.s les sorciers , Mémoires de l'Institut ègyptien, t. III, fasc. IV ; cf. Bulletin de l'Institut égyptien, avril et novembre 1897, février, avril et mai 1898. J’espère revenir sur la tradition juive, signalée dans le Recueil de Travaux , t. XXI, p. 220, n. 6.

ÉTUDE SUR LES PERSONNAGES

rait pas eu de raison d'être mentionné à la ligne 10. Mais ici le personnage est dit être non pas Ha, mais Pe-ub « le )) prêtre », ce qui est tout autre1. Si l'on traduit « une fête » de Ptali », il faudrait que le Pe-ub fût introduit dans la partie qui manque au commencement de la ligne 11; or, on peut évaluer l’étendue de la lacune par des passages dont une partie manque et qui se retrouvent presque textuellement ailleurs, et on voit que la lacune est assez grande pour contenir la mention d'un prêtre qui aurait écouté et méprisé Ha-m-us qui lisait des écrits qui avaient peu d’importance2. Alors, en vue de tous ces faits, il devient bien douteux qu'il soit question d’un personnage nommé Nes-ptah dans le roman.

On a cru lire dans le passage final qu’un scribe, nommé Ziharpto , avait écrit le roman3. Un nom propre aussi étrange éveille des soupçons, et une étude du texte du papyrus fait disparaître à jamais ce prétendu personnage.

On lit avec certitude4 : « Rédaction achevée de cette » narration de Setné Ha-m-us et de Ptah-na-nefer[-ka], et » d’ Ahuré, sa femme, de Mer-ab, son fils ». Vient ensuite un passage mutilé, mais on voit par ce qui reste que la phrase est construite de la même manière et qu’elle correspond à celle que nous venons de voir; on lit, en effet, à la ligne 20 :

1. Voyez Revillout, Le Roman de Setna, p. 14 et note ; Hess, Der Demotisc/ie Roman von Setne Ha-m-us , p. 28 (ef. p. 170). Voyez aussi mon étude sur le signe S ha, au Bulletin de l’Institut, 1896, p. 283 et suiv.f; ef. p. 326 sqq. du présent volume]. La préposition nés, cf. Pierret, Vocabulaire hiéroglyphique, p. 280. Peut-être le scribe (ou un de ses prédécesseurs) aurait-il eu sous les yeux un texte mutilé ou fautif.

2. Pour les restitutions, voyez Revillout, Le Roman de Setna.

3. Krall, Der Naine des Schreibers der Chamois- S âge, dans le volume des Études dédiées à M. le professeur Lcemans , Leyde, Brill, 1886 ; cf. Maspero, Les Contes populaires de l’Égypte ancienne, p. 164.

4. Papyrus, colonne VI (IV), lignes finales. Voyez Revillout, Le Roman de Setna, p. 215 et suiv., et Hess, Der Demotische Roman von Setne Ha-m-us , p. 141.

DU ROMAN DE SETNÉ-PTAH HA-M-US

à la ligne 21 : >/a^ 'J*

« on a écrit », ce qui équivaut à « rédaction achevée » de la première partie. Le mot suivant doit correspondre à (( cette narration ». On y lit U..., mais, en examinant avec une loupe, on voit que le trait de ti est formé de deux / et — , et on doit lire peut-être ti-en. Le mot suivant paraît être et ensuite, après un petit espace, on reconnaît les débris de : ti-en-met ou ti-met serait un mot composé comme ti-oué « ensorcellement », et qui se trouve dans l’expression t’ emé-en-ti-oué « livre de sorcellerie ». Le mot met a été conservé dans le copte julottc, appelLare, invocare; incantatio, peq<u.oirre incantator. En démotique, met signifie, comme verbe, « ensorceler » (probablement par une ou des formules magiques prononcées), comme substantif « conjuration », « ensorcellement »; timet, « action d’ensorceler », « l'action d’ensorcellement » ; ti-en-met ou ti-met aurait la signification de « l’acte de ra- » conter », de « la narration de l'ensorcellement de quel- » qu’un’ ». Le mot ti-en-met ou ti-met est suivi par quelques débris de signes. On croit y reconnaître ne, l’article du pluriel, — le signe de l’enfant ou de la femme, puis un pluriel; enfin, à la ligne suivante, vient la date.

La traduction du passage final du roman serait : « Ré- » daction achevée de cette narration de Setné Ha-m-us et » de Ptah-na-nefer-[ka], et d’Ahuré, sa femme, de Mar-ab,

» son fils;onaécrit ce conte d’ensorcellement (des personnes)

» en l’an XV, au mois de Pachons, deuxième jour1 2. »

Le nom du roi n’a pas été écrit, et, comme presque tous les Ptolémées ont régné au moins quinze ans, il est difficile

1. Voyez Hess, Der Demotische Roman oon Sctno Ha-m-us , p. 97,

99, 148 et 161 ; Peyron, Lexique, p. 110.

2. Je crois bien lire la date de l’an XV sur le papyrus, et Pachons, . comme mois, est préférable à Tybi, mais le mois n’est pas certain. Un fragment d’écriture paraît indiquer la date du deuxième jour.

ÉTUDE SÜR LES PERSONNAGES

de déterminer auquel d’eux se rapporte la date, mais l’hypothèse la plus plausible serait de maintenir l’idée généralement acceptée que ce conte fut rédigé sous Ptolémée Philadelphie1, protecteur des lettres. En tout cas, la rédaction aurait eu lieu au moment où la Bible devint connue en Égypte, et à peu près au temps des Machabées ; ce sont des croyances, dont le roman fait l’écho, qui passèrent dans la tradition juive talmudique, dans le christianisme et dans l’islamisme2.

Le Conte des Deux Frères nous montre le rôle des magiciens à la cour sous la XIXe dynastie, et le Livre de l’Exode en parle longuement. Le grand magicien, le héros de ces temps-là fut Ha-m-us; le Roman de Setné-Ptah Ham-us nous fait connaître ce que disait de lui la légende. Il est intéressant pour nous, après trois mille ans, de pouvoir nous rendre compte, par des textes contemporains, de ce qu’il fut ; de savoir, par le Roman démotique, comment on se le figurait un millier d’années après sa mort; enfin, ce qu’il est devenu aujourd’hui, une momie presque en ruines; mais sa mémoire est bien vivace et florissante, et on se souviendra, pour bien des siècles à venir, du grand magicien Setné-Ptah Ha-m-us.

Ghizeh, août 1899.

1. Au temps de Ptolémée Philadelphe, d’après Revillout, Le Roman de Setna, Introduction, p. 47, et Maspero, Les Contes populaires de VÉggpte ancienne, p. 163. Par la forme de certains caractères employés dans le texte actuel, on peut soupçonner qu’il y avait primitivement une rédaction plus ancienne en hiératique.

2. J’espère développer ces observations et traiter plus en détail ces sujets.

LA DATE DU CÉNOTAPHE D’OSIRIS '

On reconnaît bien, par le style dn. monument, que le cénotaphe d’Osiris1 2 est une oeuvre de la basse époque, mais il paraît bien qu’on peut en déterminer encore plus exactement la date. Sur les quatre faces, il y a des inscriptions dont une partie a été martelée et dont l’autre est intacte ; on peut observer que ce sont les noms et titres du roi qui ont été plus ou moins effacés, les textes religieux ont été respectés. Il semble qu’on voulait dégrader le moins possible le monument, car, dans un certain nombre de cas, là où se trouvent les martelages, les signes sont encore très lisibles. Quelquefois on a fait disparaître les signes hiéroglyphiques,

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