Cf. Amélineau, Le Tombeau d’ O sir i s (précité), p
2. La même restitution est indiquée par M. Amélineau, Le Tombeau d’Osiris (précité), p. 112.
3. Ainsi que l’a reconnu M. Amélineau, Le Tombeau d Osiris (précité), p. 111.
4. Restitution assez certaine indiquée par M. Amélineau (précité),
LA DATE DU CÉNOTAPHE d’ûSIRIS
importants pour établir l’identité du roi dont les cartouches ont été martelés, et des formules religieuses banales.
Quant aux cartouches, il y en a six : celui du pied, le texte en est effacé; celui de la tête et le premier de chaque côté sont évidemment le prénom, car on voit d’abord le signe o, puis deux signes ou groupes effacés, ainsi : Le car¬
touche-nom, à gauche, est long de dix centimètres et haut de quatre. Il y a, d’abord, un espace en blanc de deux centimètres, puis un groupe de signes, de deux centimètres, qui ont été martelés, ensuite un espace en blanc de un centimètre, puis un martelage, d’à peu près quatre centimètres, enfin un blanc de un centimètre; on peut représenter le
cartouche ainsi :
Le cartouche- nom, à droite, est plus profondément martelé. Ses dimensions sont : longueur, neuf centimètres; en blanc, 0ml; martelé, 0ra2; en blanc, 0m 1 ; martelé, 0m5. Ainsi, le prénom du roi devait être écrit par trois signes commençant par o (ou ce signe suivi par deux groupes de signes, etc.), et le nom aura été écrit par deux groupes de signes (peut-être trois).
On s’attendrait à ce que le nom du roi fût un de ceux qu’on trouve martelés ailleurs, — de la dynastie éthiopienne, ou le nom d’Amasis; — on est très tenté de lire le prénom
G® , en admettant que ce ne sont que les signes hiéroglyphiques qu’on aurait martelés dans le second cartouchenom du roi : toutefois il serait difficile d’y placer les signes employés pour écrire le nom de ces rois de manière qu’ils correspondissent aux martelages. On est tenté de rétablir
les cartouches sur le cote droit . dl
mais, en examinant soigneusement le second cartouche sur le côté gauche, on reconnaît les débris d’un signe qui paraît avoir été «MW 1 . Puis, on voit les places où auraient été des
1. Ce qui ferait penser à Néchao; mais les signes employés pour écrire
la date du cénotaphe d’osiris
signes qui paraissent correspondre à v^»-, et, en dessous, # et si ces derniers appartiennent réellement à l’inscription, la question du nom du roi serait tranchée. Enfin, on
. B /wwv\
voit ce qui paraît être s — o, ce qui donne : , le commen-
cernent du nom du roi Nectanébo ; la seconde partie du cartouche aurait contenu les signes ou , mais l’espace est un peu trop grand. De plus, on voit tout à fait en haut - et au-dessous une trace de (?), ce qui indi¬
querait N37 ; puis, sous ce signe, il y a la place pour
et ce qui donnerait le cartouche-nom
les traces du prénom semblent bien indiquer c’est-
à-dire Nectanébo II. Au cartouche-nom, à droite, au milieu du premier martelage, on distingue ^ — , peut-être est-ce et, à la partie supérieure du second groupe, on voit - , peut-être une partie de N37.
On peut résumer les indications de la date du cénotaphe ainsi. Le style du monument, le travail, et tout, jusqu’aux détails, est analogue aux œuvres du temps de Nectanébo II. Les titres qui s’y trouvent sont ceux de ce roi. Le seul prénom et nom d’un roi dont les signes hiéroglyphiques, employés pour écrire son nom, correspondent aux martelages et débris de signes, est Nectanébo II ; enfin, on croit
bien lir
, ce qui indiquerait que le monument
est du temps de Nectanébo IL Le fait que les noms et les titres de ce roi ont été martelés est explicable. Après sa chute, Nectanébo II 11e fut pas
ce nom ne correspondent pas aux martelages. Nephéritès y correspondrait mieux, mais le cartouche-prénom de Nephéritès Ier (peut-être Raba-en) est trop long, et celui de Nephéritès li, s’il a jamais existé, est inconnu.
1. Ce que l’on voit au cartouche-nom, au pied, est bien d’accord avec cette restitution.
LA DATE DU CÉNOTAPHE D’OSIRIS
bien vu des Egyptiens’, mais les Persans ont dû être bien plus malveillants encore à son égard; par le fait que ses noms, titres et tout ce qui se rapporte à lui ont été effacés et que les textes religieux ont été respectés, on serait amené à croire qu’un dévot égyptien a cru devoir effacer ce qui pouvait offenser les vainqueurs, ce qui fut fait pour mettre à l’abri de leur haine le monument sacré.
Ainsi, le cénotaphe d’Osiris serait un des derniers, peutêtre le dernier travail fait sous une dynastie des anciens Egyptiens; on peut l’assimiler au fleuron qu’on voit à la fin d’un volume. C’est non seulement le cénotaphe d’Osiris, mais aussi celui des anciens Égyptiens; car, lorsqu’il fut sculpté, l’Égypte était à l’agonie. — Après sa mort, on effaça les noms de celui1 2 * * qui l’avait fait ciseler, afin que leur réminiscence ne fût pas éveillée et que leur mémoire fût oubliée.
Ghizeli, le 12 décembre 1899.
1. Voyez Revillout, Reçue à()t/f>tologir/ue, t. II, p. 61-152.
2. Ou de ceux qui... Voy. mon étude précédente ( Recueil de Tra¬
vaux, t. XXII, p. 48, 1. 15) ; à ajouter : Ramsès II, son nom écrit
comme p. 45, 1. 1 ; cf. Manéthon, éd. Unger, p. 158, n"5 45, 46, et dans
le texte.
LA
A la séance de l’Institut égyptien, du 13 mai 1898, M. Victor Loret rendit compte de la trouvaille, au tombeau d’Aménophis II, de neuf momies royales, parmi lesquelles, disait-il, il y a celle de Khu-en-aten, Aménophis IV2 3. Je contestai cette identification, car des prêtres d’Ammon n’auraient pas eu des égards pour le corps de leur grand adversaire; d’un côté les signes hiératiques indiquant le nom du roi semblaient bien correspondre au nom royal Ba-en-ra, c’est-à-dire Mer-en-ptah, et d’autre part le fait que Ba-enra est le seul prénom du roi qui corresponde aux signes écrits sur la momie me la fit identifier comme étant celle de Mer-en-ptah h Le 31 janvier 1900, M. le Prof. Maspero arrivait au Musée de Ghizeh avec les momies royales trouvées par M. Loret dans le tombeau d’Aménophis II. Le 10 février 1900, M. le Prof. Maspero, sur ma demande et avec moi, en présence de MM. Brugscli-Bey et
1. Publié clans le Recueil de Travaux, t. XXII, p. 136, et t. XXIII, p. 32-38.
2. M. Loret, Le tombeau d’ Aménophis II. Bulletin de l’Institut ù(jj/ptien , 1898, p. 90 et suiv.
3. Groff, Aménophis IV ou Mènepthah? dans le Recueil de Travaux , t. XX, p. 224, etc. (à part, bien entendu, Nephéritès, de la XXIXe dynastie, qui n’a vécu que longtemps après que les momies royales furent cachées, mais qui avait le même prénom que Mer-en-ptah.
Daressy, fit ouvrir la caisse contenant la pièce n° 4'. Après avoir enlevé la couverture, nous constatâmes que la momie porte bien, écrite en hiératique sur le linceul, à la
hauteur de la poitrine, la mention : ,,
T /WW\
Roi Ba-en-ru, c’est-à-dire Mer-en-ptah.
Pour voir la façon dont le scribe écrivait le signe /i ha, M. le Prof. Maspero, sur ma demande et avec moi, en présence de MM. Brugsch-Bey et Daressy, fit ouvrir la caisse contenant la pièce n° 5. Après avoir enlevé la couverture du sarcophage, nous reconnûmes, de môme que M. Loret l’avait déjà fait, que la momie porte, écrite en hiératique sur le linceul, la mention : 1 ^ /wwv\
# I AAAAAA 1 J CT W.Z3
O JH Roi Khu-en-ra, c’est-à-dire Se-ptah.
Ainsi que je l’avais déjà fait, nous constatâmes que la disposition des signes est différente dans les noms Ba-en-ra et Khu-en-ra, mais est conforme, pour chacun de ces noms, à celle qu’on trouve employée ailleurs pour les écrire (mais le signe Ra est ici, dans chacun de ces noms, à la fin).
Les formes graphiques des signes Ba et Khu sont différentes; de plus, ces caractères Ba et Khu sont accompagnés, ainsi Jn et , chacun, des signes complémen¬
taires déterminatifs qui leur sont propres, et qui sont, précisément, employés dans les textes pour les caractériser.
MM. Lieblein, von Bissing, Schâfer, Lange et Lacau vinrent alors nous rejoindre, et, tous ensemble, nous regardâmes les restes de celui que l’histoire nous a si bien fait connaître et dont tant de légendes ont entouré la mémoire, celui qui fut le fils et le successeur de Ramsès II, le frère de Bent- Anta, la fille de Pharaon, et de Ha-m-us, le grand magicien (l’adversaire, dit-on, de Moïse), celui qui fut, d’après la tradition, le Pharaon de l’Exode, et le célèbre El-Ryan
1: Voy., pour ces numéros, M. Loret, Le tombeau d’ Amènophis II, dans le Bulletin de l’Institut égyptien, 1898, p. 111.
des historiographes arabes, c’est-à-dire le roi Mer-en-ptah, Ba-en-ra 1 .
L’inscription sur le linceul de la momie du roi Mer-en-
ptah2 est ainsi écrite : J Q j 1 |-£j b la transcription en
et la traduction : Roi Ba-en-ra’',
est
A/VWSA i l AAAAAA
c’est-à-dire « Mer-en-ptah ». On voit bien, par la forme des caractères, qu’elle avait été écrite par un scribe très habile, peut-être le chef des écrivains; en tout cas, celui qui la traça doit avoir été un personnage important et qui jouait un rôle capital lorsqu’on réunit et cacha les momies royales.
1. Le nom « Mer-en-ptah Ba-en-ra » est composé du nom Mer-enptah, par lequel le roi est généralement connu, et de Ba-en-ra, la transcription du nom divin du roi écrit sur le linceul de sa momie (Grofî, Lettre du 14 mai 1898, dans The American Registcr).
2. La présente étude a été divisée en deux parties à cause du manque d’espace dans le fascicule précédent du Recueil. On peut résumer les notes ici ainsi : Loret, Le tombeau d’Aménophis II , dans le Bulletin de l'Institut ùggptien , 1898, p. 98 et suiv. (séance de l’Institut égyptien du 13 mai 1898); Grofî, Bulletin de l’Institut égyptien, 1898, p. 238, et 1900 (séance de février); Recueil de Tracaux, t. XX, p. 224, etc.; t. XXII, p. 136; Ha-ein-us, Mambrès de la tradition chrétienne; ci. K abus et H aman, de la tradition arabe (voyez mes études, Recueil de Tracaux, t. XXI, p- 219 et suiv., et t. XXII, p, 41 et suiv. ; Sale, The Koran , p. 115 et 290). — Le vrai texte est ’làvv^ç y.aî Map-êpr,? (cf . , à ce sujet, Smith, Die., t. I, p. 928).
3. Les textes des momies royales trouvées au tombeau d’Aménopliis II ont été révélés pour la première fois par M. Loret, à la séance de l’Institut égyptien du 13 mai 1898, mais les textes cités dans la présente étude le sont d’après mes propres copies, faites directement et soigneusement, par moi-même, sur les textes originaux des momies royales, actuellement déposées au Musée de Ghizeh.
4. Le cartouche manque, de même que, d’ailleurs, peut-être, on croyait le nom royal suffisamment indiqué par le mot « roi » qui le précède.
Ainsi, quant à l’identité de la momie, on a le témoignage, dans l’inscription, d’un des plus hauts fonctionnaires de la XXIe dynastie, peu de temps après la mort de Mer-en-ptah, et quand l’identité des momies royales était encore bien connue.
Le texte a 0m06 de haut et 0m16 de long. L’écriture est très claire et nette. On peut remarquer qu’à certains endroits elle est très noire, et à d’autres, plus pâle; l’étoffe a absorbé rapidement l’encre, ce qui la fit manquer sur le kalam, puis, plusieurs fois, elle céda sous le kalam du scribe, d’où une forme anormale de certains signes, par exemple, awwv n, qui est fait . La main du roi Mer-en-
ptah se trouve juste sous la partie supérieure du signe ^j, qui suit puis, il y a un petit espace où rien ne soutient l’étoffe, d’où l’hiératique du signe a la forme ^ .Un
peu après l’inscription, on voit ce qui paraît être une grosse tache d’encre. Dans le cercueil il y a quelques tiges de plantes, de fleurs1, ce qui témoigne la vénération des prêtres d'Ammon, ou d’autres encore, pour le corps et la mémoire du roi.
La lecture Khu-cn-aten des signes hiératiques est inadmissible, de même que l’identification avec Aménophis IV2. Nous reviendrons un peu plus loin sur le sort probable de ce roi et de sa momie.
Quant au nom propre écrit sur le linceul de la momie, en hiératique, précité, le seul roi, depuis la XVIIe dynastie jusqu’à la XXIe, dont on ne possède pas le corps, qui devrait se trouver avec ces momies royales, et dont le prénom est terminé par en-ra, est Ba-en-ra , c’est-à-dire « Mer-en-ptah ».
1. Voyez Loret, Le Tombeau d' Aménophis II, clans le Bulletin de l’Institut égyptien (précité). Peut-être leur attribuait-on des vertus magiques envers la momie ou envers l’àme du roi.
2. Voyez Loret, Le Tombeau d' Aménophis II, dans le Bulletin de l’Institut égyptien, étude précitée.
La momie du tioi mër-en-ptah ba-en-ra
On peut songer que le scribe, en écrivant le premier signe du nom divin du roi Mer-en-ptah Ier, c’est-à-dire Ba-en-rci , aura pensé au nom divin de Mer-en-ptah II, c’est-à-dire yit-en-ra ; le prénom de ce dernier roi est écrit
sur le couvercle de son sarcophage : Ço ^ [j “'j 1 au lieu de ( o^, ] , on aurait donné à Mer-en-ptah II un titre
de Mer-en-ptah Ier : j) ]• Mais, assuré¬
ment, le premier signe du nom propre sur la momie n’es , car, d’abord, le signe syllabique est ordinaire-
(e / 011 etnonpas
pas
ment accompagné par
par 1 ^j, qui servent à indiquer De plus, le premier signe hiératique du nom propre, sur le linceul de la momie, est autrement fait que le signe On n’a qu’à comparer ce nom avec celui de yu-en-ra, écrit sur le linceul de la momie de ce roi, ainsi : , qu’il faut
bien transcrire
AAAAM
et traduire
Roi y u-en-ra^. On voit que non seulement le premier signe hiératique des noms propres n’est pas le même, mais que la disposition des signes est différente dans les deux noms.
Plus important encore, le groupe de signes j f correspond à celui qui se trouve dans les papyrus employé pour
écrire le nom du roi
a Ra-ba-en »,
c’est-à-dire Mer-en-ptah1. On voit que l’hiératique du signe
Voyez Loret, Le Tombeau d Amenophis II, dans le Bulletin do l’Institut, égyptien, étude précitée. — Le manque.
2. Loret, Le Tombeau d’ Amenophis II, dans le Bulletin de l’Institut
égyptien, précité.