Peut-être est-ce censé être une version libyenne
l’état de l’Égypte1 au moment de l’invasion des Libyens. Sutex se serait fâché contre2 « leur chef 11 »; l’Égypte fut dans un état de désolation, les travaux furent suspendus, on se cacha dans des cavernes1. Par bonheur, le pays fut protégé par Ra, et le roi, fils de cette divinité, le sauva de son ennemi5; le prince libyen fut vaincu grâce aux dieux de Memphis, et fut envoyé à Héliopolis, où il fut jugé par
1. Les Égyptiens ne sont pas allés faire la guerre dans la Libye.
2. C’est bien la signification de la phrase, mais l’analyse gramma-
fl
ticale en est un peu difficile.
signifiant « mettre quelque
chose à part )> (Pierret, Vocabulaire , p. 391), on peut admettre le sens « tourner », c’est-à-dire « détourner » (voyez Spiegelberg, Zeitschrift fur ciggptische Spraclie , 1896, p. 13 et 18), mais <rr> signifie « à, vers » et peut-être « contre » (stèle, ligne 19, voyez Zeitschrift fur ciggptische Sprache , 1896, p. 13), ce qui nous engagerait à traduire « tourner contre », c’est-à-dire « se fâcher contre » ; on peut en rapprocher l’hébreu '3 MB TIP31 ( Lèvitic/ue , xvn, 10, etc.) ; cf. mm MB in •’tÿys ( Psaumes , xxiv, 16; cf. 7ipoi7w7rov 6k Kuptou km uoioÿvta; xaxot, I Pierre, m, 12). Mais si l’on donne au verbe Xa le sens de « détourner » (cf. Anastasi V, 15, 7 ; Zeitschrift fur ciggptische Sprache, p. 18), on peut rapprocher de l’hébreu mnon “JMB D3b (Job, xm, 24 ; cf. Psaumes, cii, 2, etc,) le passage de la stèle de Mer-en-ptah (cf. Genèse, iv, 6), comme celui de la stèle dite de Mésa : « Camos était irrité contre sa terre» (Renan, Histoire clu peuple d’Israël, t. II, p. 303); cf. l’expression HU'iB 3b DK mtfpK MK1, appliquée à Mer-en-ptah (Exode)', cf. Genèse, xxxi, 2, et le passage de la stèle.
3. Il est difficile de savoir à qui pei-sen (lignes 10 et 11) se rapporte ; peut-être est-ce un Libyen (ou des Libyens) qui parle des Égyptiens, et « leur chef » serait un chef des Égyptiens.
4. Ce mot est mal écrit; il est probable qu’il faudrait y reconnaître
une forme de « Jj J\ ^re un trou... ®> (( ^JJ
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trou, caverne » (Pierret, Vocabulaire , p. 125 etseq. Cf. JT3;
cf. « ils entrent dans les trous, ils se cachent sous terre », Virey, Mémoires de la Mission française au Caire, t. V, p. 205). Cf. le passage de la ligne 11 de la stèle de Mer-en-ptah et celui qui se trouve à la ligne 8 de la stèle de Thotmès III (Reinisch, Chrestomathic , pl. VIII).