Papyrus S allier IV
LA MALARIA
Ramsès II (Sésostris) avait « foulé aux pieds la terre de » Khéta, faisant des monceaux de cadavres, comme l’ardeur » dévorante et funeste du soleil (Sekhet), répandant la cala- » mité à la suite des miasmes1 2 ». Par un de ces calembours tant recherchés par les orientaux, le même mot servait à désigner et les miasmes et les Rois Pasteurs, dépeignant en couleurs des plus vives, l’antique haine des Égyptiens contre leurs vainqueurs. Écoutons un scribe de la XIXe dynastie :
« Il arriva, dit-il, était (la) terre d’Égypte aux Fléaux (Rois » Pasteurs), et il n’y eut pas de seigneur, roi. Après cela,
» voici . il y avait le roi Ra-sqenen, lui, à l’état de chef
» des bourgs du midi, (les) Fléaux de la ville de Ra, eux .
» ministres du (roi pasteur) Ra-Apepi (qui était) dans la » ville d’Avaris’. »
Selon les croyances de ces temps reculés, toute maladie était causée par des mauvais esprits : pour les éloigner, l’homme devait avoir recours aux incantations, à la magie. Chez les Égyptiens on conjurait les déesses « Sekhet et Bast » dans sa saison du fléau ».
Écrire l’histoire de la malaria serait, presque, écrire celle de l’humanité. Nous venons de le constater, aux époques primitives, elle exerça déjà ses ravages ; la terre, très marécageuse, engendrait plus de germes miasmatiques que de nos jours. L’homme d’alors supportait-il mieux qu’aujourd’hui les émanations malsaines? En tout cas leur influence sur l’humanité doit avoir été très considérable3.
Une bien curieuse légende de ces temps antiques : lorsque l’homme eut été créé, les dieux devinrent jaloux de lui4, car l’homme était doué d’une faculté que les dieux ne possé-