Batau
3. Pour la transcription, voir Maspero, Rom. etpoès., p. 38, n. 1, et mon Étude, p. 26, Mot; cf. la rem. sur Sali. IV, pl. 4, 1. 6, de Maspero, Rom. et pocs., p. 39, n. 6, Tcmout. L’alphabet égyptien offre quatre homophones pour l’articulation T. La main se trouve en var. avec d’autres signes dans.; par ex. Magcddo, Retenu, e te. (voir E. de Rougè, Origine de l’alph., p. 49 et suiv.). et dans Ketem, or; cf. Maktcir (voir Pieriet, Voc., p. 635, cf. 203). La main est rendue en sémit. par le iet dans les noms en p-tu..., le don de... (cf. Putiel, Ex., vi, 25), la main, ou var. trans. le tet en tabah , tuer (voir Chabas, Voyage, p. 110, 111), la main correspond au tac dans le nom de Ptolèmôe (voir Pierret, Voc-, p. 165; cf. C. I. S., 95 et 93). Le tac sémit., du tappouah, pomme, pommier, est transcrit en égyptien par la main (voir A. Kamal, Voc. hier, des noms de plantes, p. 303).
4. Le rôle de l’arbre as, dans le roman égyptien, envers Batau, semble correspondre à V arbre de cie, et dans le rôle néfaste envers la femme, à Y arbre de la connaissance du bien et du mal de la narration biblique. Dans un des récits primitifs, utilisé dans le récit biblique, probablement Y arbre de cie était en antithèse avec la malédiction mot-
le fleuve, elle, puis son mari, quittèrent leur séjour. Ce qui arriva finalement à la femme est obscur : peut-être, le scribe, embarrassé par l'anathème des déesses, a-t-il supprimé cette partie du récit1.
Constatons ici des faits :
Peu après la création de l’homme, Dieu lui dit dans le paradis : mot-tamout.
Peu après la création de la femme dans le paradis, le serpent lui dit: Lo mot-temouthoun.
Peu après la création d’une femme dans le paradis égyptien, les déesses lui dirent : à-ar-t-st -mot-tamout.
Dans tous ces exemples, la formule paraît être étrangère au langage du récit dans lequel elle est encadrée.
Avons-nous un simple fait accidentel en ce que le texte égyptien emploie la même formule que le texte hébraïque ? Le scribe égyptien a-t-il voulu, dans cette phrase si bizarre, faire un jeu de mots en égyptien2, ou bien la formule estelle identique dans les deux textes ?
Il est admis que le « mythe du paradis primitif n’est qu’une rédaction des idées babyloniennes3 », et que le roman égyptien est la transformation en conte populaire des données essentielles et fondamentales qui appartiennent en
tamout. Pour le rôle de l’arbre as, voir Lenormant, Les Premières Civil-, t. I, p. 375 et suiv., et pour les arbres en général, Orùj. de l’hist., I, p. 74 à 97 (voir partie, la note, p. 83 et suiv.; cf. l’arbre as du Conte des deux frères à l’arbre dont il est question p. 84 et suiv.).
1. Voir mon étude sur le P apuras d’Orbinc //, p. 53. Cf. Maspero, Contes populaircs[, 1" édit.], p. 63, n. 1.
2. Entre les mots mot « mourir » et trm ou teme.t « glaive », auquel mot, peut-être, a-t-on assimilé le mot tamout (voir, pour des transcriptions Groff, Le décret de Canapé (introd.), p. 3, 7 et 8, partie, la note 2, p. 8 = p. 59, note 2, du présent volume), ou mot mourir et tu-mout faire mourir.
3. Renan, Histoire du i>cuple d’Israël, t II, p. 347, n. 4; cf. t. I, p. 70. Voir à ce sujet, Delitzsch, Wo la<j das Paradies ? Cf. les observations de Lenormant, Les Orig. de l’hist., t. II, p. 529; et A. Quentin, Du prétendu parallèlisme entre les inscriptions cunéiformes et la Genèse.
commun aux trois mythes parallèles, d’Atys chez les Phrygiens, d’Adonis chez les Phéniciens et les Syriens, et dans l’histoire de Dionysus Zagreus chez les Grecs. Les auteurs de tous ces récits auraient puisé à la même source, le vaste cycle de l’épopée mythologique des bords de l’Euphrate1. D’après cela, la narration biblique du Paradis et le conte conservé dans le papyrus auraient eu le même berceau. Mais il faut observer qu’on n’a trouvé, ni dans les textes cunéiformes de la Mésopotamie, ni dans les fragments de Bérose, le récit parallèle du Paradis en Éden de la Genèse2. Un jardin rempli de fruits, séjour ou rendez-vous de Dieu ou des dieux, arrosé non par la pluie, mais par un fleuve, est une mise en scène matérielle purement égyptienne3.
Le rôle anthropomorphe joué par Dieu, qui, selon le texte hébreu de la Genèse, forme l’homme de la poussière du sol (a), souffle dans ses narines un souffle de vie (b), plante un jardin (c), fait pousser du sol les arbres (d), fabrique les animaux (e) et les oiseaux, bâtit une femme pour l’homme (f), parle d’une manière familière avec l’homme (g) et fait des réflexions assez naïves (h), sont des termes et des conceptions très usités dans les textes égyptiens, on dirait presque, des traductions1.
Le mot Ed, qui est employé pour expliquer comment le
1. Lenormant, Les Premières Civilisations , t. I, p 377, 378. Voir l’étude comparative de M. Maspero, Contes populaires, introd.