Voir Lenormant, Les Orig. de l’hist., t. I, p. 74, etc
3. Voir les observations dans Dillmann, Die Genesis , p. 40 et 47.
4 Je regrette que l’espace ne me permette pas de développer encore plus en détail ce sujet, j’espère y revenir bientôt; notons, a, le rôle du dieu Xnoum, « son titre le plus fréquent est celui de fabricateur des dieux et des hommes... il est représenté façonnant, sur un tour à potier, une figure d’homme », Pierret, Dict. d'Archèol. èggpt., p. 374, cf. Grébaut, Hymne à Ammon, p. 122 et s. ; e, cf. Pierret, Dict. d’Archèol. èggpt., p. 565; d, voir par ex. Grébaut, Hymne à Ammon , p. 5, 48 s,, etc., etc.; e, p. 123, etc., etc. ;/ g h , voir par ex. le passage précité du papyrus d’Orbincg , voir p. 25 s. de mon Étude.
sol fut arrosé (v. 6) et qu’on traduit par vapeur , nuage, se trouve dans les textes hiéroglyphiques dès l’époque des pyramides, et est devenu en copte eiote, rosée1 2. Edin, en suméro-accadien, peut signifier la plaine, le désert 8, mais il se trouve, croyons-nous, en égyptien, un mot qui ne serait autre que l’équivalent de YÉden biblique et qu’on devrait traduire par campagne fertile3 * * .
Ajoutons que la malédiction mot-tamout , prononcée par Dieu et citée par le serpent, se trouve dans un texte égyptien.
A part, bien entendu, la partie morale de la narration biblique, ces faits semblent indiquer que la mise en scène et les décors de l’endroit de l’arbre as, décrits par le papyrus égyptien, sont identiques avec ceux employés par l’écrivain biblique dans la légende du Paradis en Éden. Yaho-Élohim agit d’une façon bien égyptienne ; le mot éd , employé par le texte hébreu, se trouve (en araméen) et dès les plus hautes époques, dans les textes hiéroglyphiques, et on rencontre, peut-être, le nom Éden en égyptien, mais la formule de malédiction est-elle égyptienne, ou n’est-elle pas plutôt sémitique ? Assurément les Sémites et les Égyptiens n’avaient pas manqué de se faire part réciproquement de leurs cycles des mythes, légendes et traditions. On peut supposer que bien des siècles avant que, soit le papyrus, soit le texte hébraïque, fussent dans leur état actuel, il y avait une légende d’après laquelle, lorsque l’homme fut créé, Dieu (ou les dieux) avait prononcé une malédiction terrible : mot-tamout.
Le narrateur jéhoviste conserva dans son récit la vieille formule, quoiqu’elle ne s’accordât plus avec le contexte.
1. Le figuier te'ena, Gen., ni, 7, hiér., tun, est indigène en Égypte (voir Maspero, Hist., p. 8).