Lenormant, Orig. de l’hist., t. II, p
3. Chabas, Voyage , p. 57, 60; Pierret, Voc. hier., p. 83 (cf. Maspero,
Du genre èpist., p. 14, n.). Au sujet du mot Éden, voir Delitzsch, Wo
lag das Paradies ? Schrader, K. A. T., Ve édit., p. 26 s.
Parmi les matériaux d’origine asiatique qui furent employés dans la compilation du Conte des deux frères, la vieille malédiction se trouvait ; le scribe égyptien n’a pas manqué de la garder, quoique dans sa langue elle n’ofïrît plus de sens.
Mais d’où vient cette idée que, dès sa création, l’humanité fut sous le coup d’une malédiction ? Le roman égyptien insinue que les déesses furent jalouses de la beauté de la femme, mais selon une curieuse légende de ces temps antiques, — le narrateur jéhoviste la connaissait bien, — lorsque l’homme fut créé, les dieux furent jaloux de lui, car l’homme était doué d’une faculté que les dieux, eux-mêmes, ne possédaient pas : — il était capable de progrès.
Parmi les épaves échappées au naufrage du monde antique se trouve une page bien précieuse de la littérature des anciens Égyptiens. La petite invocation, ou prière, à l’année qu’elle contient, fournirait le thème d’une étude bien curieuse1 2 :
O année, mère des jours !
Fais apparaître des jours (et) des heures (A) Hathor, maîtresse de Dendérah3,
A l’année de ton cœur.
O (année), mère des moments4 !
Fais apparaître des moments (sur la terre) 5 A Hathor, maîtresse de Dendérah...
A l’année de ton cœur.
1. Voir les Petites Études archéologiques de l’auteur, Alger, 1891, et p. 93-96 du présent volume. L’article actuel a été publié dans le Bulletin de l’Institut égyptien , 3° série, t. III, p. 54-60.
2. Mariette, Dendérah. — M. Lefébure a bien voulu me faire connaître ce morceau.
3. « Le temple de Dendérah fut commencé sous Ptolémée XIII, mais des traditions égyptiennes en faisaient remonter la fondation au temps des premières dynasties » (Pierret, Dict. d'archéologie , p. 182). On peut avoir des doutes quant à l’exactitude de la tradition.