Ken , temps, époque
2. H il inné au Nil: « Apporteur des offrandes (Ka), le grand des approvisionnements, créateur de tous les biens » (Guieysse, Recueil de Tvacaux , tirage à part, p. 7, 8; Sallier II, pl. 12, 1. 3, etc.).
Après avoir demandé à Tannée, « celle qui enfante toutes (choses) », des jours, des heures et des moments, ce poème passe aux saisons. Il est question alors de chacune des saisons, des semailles {per), des moissons ( shemou ), et de l'inondation {s/ta). Dans la saison qui suit celle de l’inondation, c’est-à-dire celle des semailles, on demande d’être protégé contre une maladie, Yaat, dont l’association avec une époque de Tannée indiquerait le retour périodique.
Parmi les jours néfastes de Tannée égyptienne, on disait, au premier mois de la saison s ha, vingt-cinquième jour : « Ne sors pas... au moment de la tombée de la nuit ; ce jour-là, la déesse Sekhet sort vers la montagne de l’Orient. » Il est dit au deuxième mois de la saison sha, quatrième jour: « Ne sors de ta maison sur aucun sentier (en) ce (jour), naissance quelconque en ce jour, (l’esprit malfaisant) Aaten 1 le tuerait en ce jour. » Au jour suivant on disait : « Ne sors de ta maison (sur) aucun sentier en ce jour, etc. » Au troisième mois de la saison sha, vingtième jour : « S’il y a (une) naissance (en) ce (jour), (l’esprit malfaisant de \’)aat-u annuel la tuera. »
.Au premier mois de la saison per, dix-neuvième jour : « Perturbations atmosphériques au ciel en ce jour ; mêlés avec lui (les germes des) aat-u annuels abondamment... » Au jour suivant, on disait : « Garde-toi de te promener sur le sol (c’est-à-dire en dehors de la maison) ou (après) le coucher du soleil2. »
De même que dans l’invocation à Tannée, on trouve une
1. Aaten, substantif, personnification de Yaat formé par n suffixe; cf. en hébreu les substantifs en an ou on, Preiswerk, Gramm. (4e éd.), § 28b, 47. — Pour la place occupée par le pronom, voir mon Étude sur le pronom, dans la Rev. ègijpt., V, p. 148 [; p. 40 du présent volume].
2. Sallier IV, 2, 4, — 4, 3 s., — 8, 9, — 14, 9, 15. Voir Chabas, Le Calendrier des jours fastes et néfastes, etc.; cf. Maspero, Rom. et poès ., p. 29 s., et Contes populaires, p. lxix s. (cf. p. 101). Notons la très curieuse mention, Sallier IV, 17, 1 s. Cf. 14, 7 s., etc.
épidémie, Yaat, associée avec la saison des semailles. Mais ce qui est bien dans l’esprit et les croyances de ces temps reculés, c’est la personnification du fléau, car, pensait-on, les maladies étaient souvent causées par des esprits malfaisants. Pour les éloigner, on avait recours aux incantations, à la magie', et c’était la déesse Sekhet, ou sa forme adoucie, Bast, que les Égyptiens conjuraient dans « sa saison de fléau ». Cette assimilation était aussi employée métaphoriquement : « Ramsès II avait foulé aux pieds la terre de Khéta, » faisant des monceaux de cadavres, comme Sekhet, répan- » dant la calamité à la suite des aat-u \ » Il est dit d’Amenemha (XIIe dynastie) que « sa terreur poursuit les peuples » étrangers, comme Sekhet une année (ou saison) d’alu1 2 3 ». Mais des textes bien plus anciens témoignent des ravages de ce fléau. Il est dit dans une pyramide royale : « Il sort (se » manifeste) au ciel ; sa bouche se manifeste par la flamme » de la grande at-t », et encore : « Ali grande du taureau », etc., etc4.
Le mot at ou aat signifie : 1° malheur, fléau ; 2° impur ;
1. Voir Pierret, Dict. d'archèol. ègi/pt ., p. 432, et cf. Maspero, Hist. anc. (4e éd.), p. 77, etc.
2. Stèle d’Ibsamboul. Le mot neshen, répandre la terreur, employé ici avec Yaat , est bien significatif à cause de neshen, phénomène céleste redoutable; voir Pierret, Dict. hièrogl., p. 284.
3. Le papyrus de Berlin n° 1 ; voir Maspero, Mal. d'archèol ., III, p. 76, et Contes populaires, p. 101. L’allusion aux « royautés de la terre » (cf. Gcn., xxxvi, 31), de même que le nom fautif (?) du roi seraient, peut-être, des indices de la rédaction de ce papyrus vers la XIXe dynastie (!) (voir Maspero, Les premières lignes des Mèm. de Sinouhit, p. 2, et Contes populaires , introd., p. xxm s.). Notons l’expression: « Ma mémoire (est) (cf. Eccl. , ix, 5, et Esa., xxvi, 14), dans le sanctuaire temple? Ah, palais du roi (Pierret, Voc. hièrogl. , p. 78) de tous les dieux. » (Voir Met d'archèol., III, p. 150). On comprendrait cette expression en Égypte, mais Sanehat est supposé être en Chanaan ; peut-être s’agit-il d’une sorte de panthéon ou beth-cl (cf. pourtant Gcn., xxvm). Peut-être est-ce une inadvertance du setube égyptien.