‹ Œuvres égyptologiques de William N. GroffChapitre 74 sur 309 · Voir Recueil de Travaux, vol. IV · texte numérisé non relu

Voir Recueil de Travaux, vol. IV

3° champ, pâturage, jeune taureau ; 4° at, rosée1. Employé pour désigner une épidémie, ce mot pouvait recevoir comme déterminatifs : le paquet noué (sign. envelopper, embaumer, maladies) ; l’homme qui se frappe ; un double déterminatif, le bassin (sign. l’eau, le fleuve) et l’homme qui se frappe ; ou le lit (sign. repos, mort, maladie). En résumant les indications fournies par les textes, Yaat serait un fléau périodique personnifié par la déesse Sekhet, l’ardeur dévorante et funeste du soleil, et les Egyptiens cherchaient à en conjurer les atteintes par des moyens magiques. L’enfant né certains jours de la saison de l’inondation était une victime désignée de l’esprit malfaisant, personnification de Yaat. L’épidémie était surtout à redouter la saison suivante, c’està-dire celle des semailles : les germes de la maladie étaient transmis par l’air, mais paraissent avoir été associés avec l’humidité2.

On serait donc porté à croire que la maladie en question était causée par les émanations miasmatiques que le soleil tirait des eaux stagnantes, remplies de matières végétales en décomposition après le retrait des eaux de l’inondation. L ’aat serait, alors, la maladie bien connue : la malaria3.

Tout nous porte à penser que ce fut à la suite des ravages de cette épidémie qu’eut lieu la chute de la première dynastie des anciens Egyptiens4. Bien des siècles plus tard, l’armée de Sennachérib fut, dit-on, détruite par les émanations miasmatiques du Delta. Hérodote et la Bible, chacun à sa

L Voir Pierret, Uoc. hièrogl., p. n ; cf. 55, et ata , p. 54.

2. Cf. Chabas, La peste, etc., dans les Mélanges ègyptologic/ues, lre série (cf. Pierret, Dict. d’avchèol. èggpt., p. 432, et Chabas, Les Pasteurs, p. 24 s.).

3. Ainsi que le docteur Abbate pacha me l’a fait observer, de même, encore de nos jours, après le retrait des eaux de l’inondation, aux mois d’octobre et de novembre, la malaria, le Kami cl beloli des fellahin, se déclare annuellement en Égypte.

Page 1