Je ne discute pas le mot nahar à cause du hct
2. Je ne discuterai pas ici la question des permutations continuelles entre L et R. Je crois qu’une étude sur ce sujet, au point de vue médical, serait intéressante. Notons toutefois que la race sémitique (de même que, d’après les textes, semblerait-il, les anciens Égyptiens), semble distinguer difficilement L de R prononcé surtout par une personne d’une autre race. Peut-être cette question se rattachait elle à celle des couleurs. Je crois avoir remarqué que les Kabyles de l’Algérie, et, peutêtre, les nègres du Soudan, semblent distinguer mieux le son de L de celui de R que les Arabes.
3. Voir Pierret, Dictionnaire d’archéologie égyptienne, au mot Nil ; cf. Vocabulaire hiéroglyphique. — Je ne discuterai pas dans cette étude les divers noms employés dans la Bible, etc., comme noms du fleuve d’Égypte.
4. Voir Chabas, Voyage, p. 59 et 292; cf. Pierret, Vocal, hièrogl., p. 57, et nahar « couler par torrents » et nahar « fleuve ».
LE NIL
loisible de supposer qu’il fut apparenté au nom populaire, aal = aul, avec lequel on peut considérer inouï identique, ou plutôt une forme vulgaire.
Tâchons d’écrire l’histoire de la forme populaire ou vulgaire du nom du fleuve, le Nil, à la tracer, siècle par siècle, chez les Égyptiens, et à rendre compte de ses migrations chez les peuples étrangers.
Dans un papyrus contenant des instructions sur « Tout ce qu’a produit Ptah et (qu’)a inscrit Thot1 », sorte de généalogie du Ciel et de la Terre2, la première place de la partie hydrographique est occupée par aal, « fleuve ». On peut supposer que le nom suivant iuoul, « rivière », en est un dérivé; en tout cas, ces mots paraissent être représentés en démotique par ial = il ; en copte l’un est conservé sous la forme *^p(A) iepo(T), l’autre par eioop(T) ; cf. iô.po et i*.po(jut) 3.
Comme nom propre du fleuve, le Nil, les peuples d’Asie employaient assez généralement, en transcription par allitération, la forme populaire, aal = aul ( aar = aur) ou plutôt iuoul (iuour) des anciens Égyptiens4.
1. Voir Maspero, Manuel de hiérarchie égyptienne , clans le Journal asiatique , 1888, t. XI, p. 250 et suiv., et surtout p. 252 et 254.