Mariette-Bey, Les Listes géographiques de Karnak , n
2. M. Renan m’a fait l’honneur d’annoncer ma découverte à son cours au Collège de France, le 13 avril 1885.
3. Étude sur divers monuments du règne de Thoutmès III , tirage à part, p. 56.
4. Remarquons que ne se rencontre qu’une seule fois dans le texte hébreu de la Bible, Mi, i, 11. Le lieu où se trouvait cette ville est inconnu, et en outre les Septante portent en cet endroit Sewaâp.
EN ÉGYPTIEN
n’a pas pu être identifié avec une localité connue; mais, si ces noms sont ethnographiques, tout s’explique et nous n’avons plus à chercher d’identifications géographiques jusqu’ici impossibles. Et, ce qui est le plus curieux encore, nous aurions dans ces noms de tribus non seulement le nom du patriarche Jacob, mais aussi celui de Joseph.
Au premier abord il y a une objection, c’est que le nom de Joseph, tel que nous le donne le texte hébreu de la Bible, est écrit spVQ c’est-à-dire avec un d s au lieu de w s, et le signe hiéroglyphique T »ToT s correspondrait au
Quant au changement du et du d sur le terrain hébraïque même, on n’a besoin que de se rappeler la célèbre histoire de nbstr et de nbso1 2, ce qui nous prouve que la prononciation de et de d variait de tribu en tribu.
Une remarque très intéressante. Les listes de Sesac nous
donnent le mot nbnü sous la forme îïîïf JJ
schiboletli : ici nous avons en égyptien le même caractère lYtYT qui nous occupe dans le nom de Joseph. Les différences dialectales peuvent s’expliquer. La prononciation s’étant adoucie avec le temps, on a remplacé des sons durs par d’autres qui l’étaient moins, et le xô de schibboleth s’est adouci en d chez Éphraïm, tandis que chez les Galaadites on avait gardé l’antique prononciation. Selon M. Delitzsch3, les Babyloniens et les Assyriens prononçaient le rc de plus en plus comme le d. Est-il possible que ce soit le texte égyptien qui nous ait conservé l’antique et vraie prononciation du nom de Joseph sous* la forme Josep-el4, aussi bien
1. Quant au 1, à titre de voyelle quiescente ou mater lectionis , les textes antiques ne nous le présentent pas dans ce rôle (cf. E. de Rougé, Origine de l’alphabet phénicien, p. 98), et cf. la forme &]Din\ Psaumes, lxxxî, 6.