‹ Œuvres égyptologiques de William N. GroffChapitre 82 sur 309 · Ta a'TÔfJ.ara twv Trota^wv · texte numérisé non relu

Ta a'TÔfJ.ara twv Trota^wv

3. Pour le décret de Memphis, voir Letronne, Inscription grecque de Rosette , texte grec et traduction; Revillout, Chrestomathic dènxotique , p. 1 et suiv., textes dëmotique et grec, traduction. Cf. Baillet, Le Décret de Memphis et tes inscriptions de Rosette et de Danxanhour.

4. Le texte démotique porte gôinct, copte, (S'wcojuie, s'cdjul, «liber». Le mot français « livre », signifiant des feuilles reliées, un volume formé d’une réunion de cahiers écrits ou imprimés, rend assez mal, ou plutôt ne correspond pas à l’égyptien (S'cncujiie (cf. hébr. sèpèr ) qui signifie un ouvrage quelconque écrit sur parchemin ou papyrus et conservé souvent sous la forme d’un rouleau. J’emploie ici, faute de mieux, le terme vague «écrit».

5. « Fut une agitation sur le fleuve» (Revillout, Setna, p. 43).

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obtenu l'écrit, on se mit en route ; un peu au nord de Coptos, Mehu se jeta au fleuve ( e-p-il )' ».

Aux passages précités, on trouve les deux mots im, dérivés de l’ancien iuma (sémitique), yâm « mer », et //, rivière ou fleuve. Il est difficile de savoir si, dans le premier exemple, il s’agit des mers dans l’acception moderne du mot, ou bien s’il ne faudrait pas plutôt considérer ne-z'ra-w comme une variante de ne-il-u, « les rivières », car le fleuve, les embranchements du fleuve et ses dépendances, doivent être mentionnés. Il est facile de comprendre comment une synonymie s’est établie entre le mot im, litt. « mer », et ial, il, rivière ou plutôt iaJ-u, ne-ial-u, rivière ou les rivières.

Pendant l’inondation, le Nil, surtout dans le Delta, ressemble à une mer, qui, après le retrait des eaux, se transforme en des rivières, lesquelles se réunissent de nouveau à la prochaine inondation2. Le même mot ( uet'ur ) signifiait le Nil, la mer ou un grand lac. En égyptien, une classe de verbes est composée d’un verbe et d’un substantif; par exemple, avec le verbe//, prendre, ti-moït, litt. « prendre chemin », signifie « conduire, tirer (faire sortir) », etc3. Cette forme du verbe pouvant devenir un substantif, le mot ial, il, offre un exemple intéressaut. Dans l’inscription de Siaritu, il est dit : e-pe-ti ial-n-ise, litt. « pour le prendre rivière d’Isis », c’est-à-dire pour le voyage d’Isis1. Enfin, dans la langue copte, le démotique écrit au moyen des lettres grecques, on trouve des dérivés des noms populaires des anciennes langues.

1. Revillout,, Le Roman de Sctna; étude philologique et critique, avec traduction mot à mot du texte démotique, Paris.

2. Cf. le passage curieux d 'Esaïe, xi, 15; cf. Hérodote, II, xvn, et Maspero, Histoire ancienne , p. 7.

3. Brugsch, Grammaire dèmotique, § 268 et suiv.; Stern, Grammaire copte , p. 316; Peyron, Lexique, p. 108.

4 Voir Revillout, Reçue èggptologique, t. VI, p. 116 et planche I.

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L’arabe, de nos jours, emploie comme équivalent de l’ancien sémitique yâm, hiéroglyphique fuma, le mot bahar, tandis que Nil est la transcription d’un dérivé du Nêilos\

Ainsi, nous constatons que, chez les anciens Égyptiens, le nom populaire du fleuve était aal =. aul ou iuouf , d’où les dérivés démotique et copte. Ce nom leur fut emprunté par les peuples orientaux comme nom propre du Nil. Il dut en être de même, également chez les occidentaux, mais ceuxci, semblerait-il, adoptèrent la forme ne-il-u, — le démotique fal — il au pluriel, précédé de l’article pluriel na ou ne, — qu’ils transcrivirent, en y ajoutant la terminaison sigma, par NeIXo?.

Mais il ne faut pas perdre de vue une très ancienne et curieuse théorie, selon laquelle le mot Néilos serait un nom fabriqué, ou, pour mieux dire, artificiel. Pour rendre compte de cette hypothèse, il me faut faire une digression.

L’antiquité nous a légué un nombre plus considérable peut-être qu’on ne le soupçonne, de mots artificiels. Par exemple, Hyksos est probablement une transcription fictive d’un nom par lequel les Grecs auraient supposé que les Égyptiens, dans leur langue, auraient désigné les Rois Pasteurs. A part des noms formés par de fausses lectures, comme Misphragmouthosis, nom de Thotmès, lu en rejetant, le nom de la divinité à la fin, ou la variante Alisphrogmouthosis, fausse lecture du signe mes 2 qui aurait pu être

1. Nil, Neil, obtention, don, faveur, d’où le mot Nil, fleuve d’Égypte, considéré comme un don du ciel, et Nila, indigo, fourni par le Nil bleu (Belkassem Ben-Sedira, Cours pratique de langue arabe , p. 196 (Alger, 1891). Il nous semble bien peu probable que le mot arabe ait donné naissance au nom grec; c’est bien plutôt le nom grec, ou mieux un dérivé, qui aura servi comme prototype au mot arabe. Quant kNal, atteindre, obtenir, Noul , don, etc., et Nil , cf. ce qui précède. Le Nil est qualifié « voie du ciel descendant»; cf. Guieysse, Hymne au Nil, p. 2, 3 et 4, et Hérodote , II, xxvm.

2. Peut-être aurait-on lu le signe mes, ali , et l’.s, complément phonétique, aurait été lu comme un signe indépendant, d’où alis.

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suggérée par une synonymie entre les mots alou et mes, «enfant», à part également l’écriture dite secrète, choisissons comme exemple de mots artificiels, deux qui se trouvent dans le texte hébreu de la Bible, au livre de Jérémie1, où il est question du roi de Sésak et des habitants de Léb qiamây ; rejetons les voyelles dites massorétiques, et il reste s, s, k et 1, b, q, m, y. Il y a longtemps qu’on a reconnu que ces mots furent formés par un jeu de lettres de l’alphabet. On avait écrit onze des vingt-deux lettres de l’alphabet, puis, en sens inverse, les onze autres, ainsi :

puis on échangea chacune des lettres employées pour écrire le nom réel, contre la lettre qui se trouvait en face, et ainsi fut formé le nom artificiel. Pour retrouver le nom primitif, on n’avait qu’à refaire l’opération. Ainsi du mot s, s, k, la lettre s correspondrait à b, et k à 1; on aurait donc B, B, L, c’est-à-dire Babylone. Par le même procédé, 1, b, q, m, y, deviendrait K, S, D, I, M (Chalclée). C’est bien dans l’esprit de ce temps-là. Le peuple aurait entendu parler le prophète d’un roi, étrange, de Sésak, d’un peuple, inconnu, leb-qamây. La populace aurait dû en être bien préoccupée; les lettrés se seraient mis à rechercher la signification de ces mots bizarres, et auraient trouvé qu’il ne s’agissait de rien moins qu’un roi de Babylone, du peuple de la Chaldée.

Le mot NeIXoç est-il également un nom artificiel ? Autrefois, d’aucuns le pensaient. En Égypte, le retour périodique de l’inondation, de laquelle dépendait soit la prospérité, soit la misère du pays, coïncidait à peu près avec le lever héliaque de l’étoile Sirius, qui indiquait le commencement de l’année naturelle ou agricole; ainsi fut suggérée,

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