‹ Œuvres égyptologiques de William N. GroffChapitre 91 sur 309 · Rédaction élohiste · texte numérisé non relu

Rédaction élohiste

3. Voy. Recueil de Travaux, vol. VIII; cf. Maspero, Le Livre des Morts , dans la Revue de l’histoire des religions, 1887.

4. Litt. : a Non existait ciel », etc. Notons : Khcper « exister », avec la nuance « devenir » (voy. Maspero, La conjugaison , etc., p. 27). Remarquons l’écho, pour ainsi dire, que font les versets 4 à et suiv. de la Genèse, chap. n, au passage précité de la pyramide du roi Pépi : on dirait que le texte égyptien est une page perdue qui aurait précédé la rédaction jéhoviste qui, dans le texte actuel, commence au 4" verset du chap. n de la Genèse. — Cf. « (la) mort n’existait pas », c’est-à-dire : « il n’y avait pas la mort (?) » ; Gcn., ii, 17, et Bulletin de l’Institut , 1892, p. 13 et suiv.

l’égypte et la bible

leste, appelé Père des dieux; la force solaire (Shou) met le ciel en haut et la terre en bas, triomphe du chaos... 1 »

Malheureusement, dans la Bible, le début du document jéhoviste, où aurait été racontée la création, manque; mais, d’après ce qui a été conservé, il semblerait bien, de même qu’en Égypte, que la création aurait eu lieu en un seul jour2.

Quant à la forme de la terre, les Asiatiques et les Égyptiens différaient. Selon les Chaldéens, la terre était comme une barque, non pas longue, mais ronde, renversée ; dans la partie inférieure était le séjour des ténèbres et de la mort; la terre reposait sur l’abîme ; le ciel, comme une vaste calotte hémisphérique, reposait sur la terre3.

Les anciens Égyptiens concevaient la forme de la terre d’après leur propre pays, la vallée du Nil. Pour eux, la terre était censée être comme une longue table ou planche, et le ciel était soutenu par quatre piliers; le Nil, qui traverse l’Égypte du sud au nord, selon les idées de ce temps-là, descendait du ciel, et peut-être, croyait-on, il était là-haut la voie lactée4. Tout cela est purement égyptien et diffère très profondément des doctrines qu’on enseignait en Asie. Mais si l’on examine de plus près le système géographique des anciens Égyptiens, on peut probablement retrouver des traces de l’ancien système prototype asiatique.

Le Sémite et l’Égyptien admettaient chacun quatre points cardinaux ; le Sémite s’orientait en tournant la face vers le côté du soleil levant, qui devenait, pour lui, le côté de devant, l’orient, et, par suite, l’arrière fut l’occident, le côté

Page 1