‹ Œuvres égyptologiques de William N. GroffChapitre 94 sur 309 · Voy. Brugsch, Reimç ègyptologique, t. II, p. 324 et sqiv · texte numérisé non relu

Voy. Brugsch, Reimç ègyptologique, t. II, p. 324 et sqiv

l’égypte et la bible

tendrait, par suite, à retrouver des traces du système géographique des Égyptiens employé, relativement à l’Égypte, par des Sémites. Je crois qu’on peut non seulement trouver des traces, mais actuellement constater que la Bible emploie, relativement à l’Égypte, le système égyptien d’orientation, et, une fois ce fait reconnu, on peut expliquer certains passages qui ont beaucoup embarrassé les commentateurs de la Bible. Pour bien se rendre compte de ce fait, il faut faire une étude approfondie de certaines parties de la Bible relatives à l’Égypte'.

Selon le chapitre xli de la Genèse, un roi d’Égypte rêva que sept vaches belles et grasses sortaient du fleuve, puis que sept vaches laides et maigres sortaient après elles. La mise en scène est bien simple. Une promenade au bord du Nil de nos jours, et on peut voir en réalité ce que, dit-on, le roi rêva, et plus exactement qu’on ne le penserait, car la gaînousa, qui aime tant à rester dans le fleuve, le corps couvert par l’eau, doit ressembler singulièrement à la vache dont il est question dans la Genèse. Le roi rêva, dit-on, que les sept vaches maigres dévoraient les sept vaches grasses. Il est bien difficile de concevoir, même dans un songe, des herbivores jouant le rôle de carnivores ; il est donc probable que la narration a été faite pour cadrer avec l’interprétation : ce n’est pas le songe qui a donné naissance à l’explication, mais, au contraire, l’explication au songe.

On raconte que le roi rêva encore que sept sibbolim1 2 grasses et bonnes poussaient d’un seul roseau, « et voici que sept sibbolim maigres et desséchées (par le) qâdim poussèrent après elles ». Le roi aurait rêvé que les sibbolim maigres dévoraient les grasses. Autant le premier songe est facile à

1. Voy. mes Études die ers es, Alger [; cf. p. 87 sqq. du présent volume] ; cf. Bull, de l’Instit. ègr/pt., 1892, p. 14, note 3[; cf. p. 104, note 3, du présent volume].

2. Pour éviter d’employer plus d’une lettre dans la transcription d’une seule, je transcris le shin hébreu par s.

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comprendre, autant le deuxième est difficile. Il y est question d’un végétal desséché, selon le texte hébreu, par le qâdim, qui signifierait, d’après le lexique hébraïque, « l’est, le vent de l’est », un vent brûlant qui dessèche les semailles et les plantes 1 2 . Les nombreux exemples et l’analogie rendent, en quelque sorte, cette traduction obligatoire. Mais, ainsi qu’il a été reconnu depuis longtemps, la traduction vent d'est, signifiant un vent néfaste, ne s’accorderait pas avec l’état météorologique de l’Égypte. C’est le vent du midi, le khamsin, qu’il aurait fallu représenter comme ayant desséché les sibboli/n \ On a supposé que le narrateur biblique, en rédigeant son récit en Chanaan où le vent de l’orient est néfaste, aurait appliqué par inadvertance à l’Égypte une expression qui lui était familière dans son pays, mais ce ne serait pas moins une faute très grave relativement à l’Égypte.

On se demande donc naturellement : Trouve-t-on d’autres exemples où le vent d’orient serait employé là où doit être le vent du midi ?

La tradition voulait que, peu avant l’Exode, il y eût en Égypte des désastres, parmi lesquels une invasion de sauterelles3. D’après une version attribuée à. l’ancien élohiste, « Moïse étendit son bâton sur le pays d’Égypte... et il fit monter les sauterelles sur tout le pays d’Égypte. » D’après une autre version, Moïse aurait étendu la main, au lieu de son bâton, sur la terre d’Égypte. Selon la version dont on doit la conservation au jéhoviste, traduite de l’hébreu, suivant le lexique, les événements se seraient passés de cette manière : « Jéhovah ( Ya/to ) fit souffler un vent d’est {rouah qâdim) sur la terre tout ce jour-là et toute la nuit ; le matin fut et le vent oriental (ve rouali haqqâdim) avait amené

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