Voy. Exode, xiv, v
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draient à l’Égypte, et par suite ne donneraient pas un sens satisfaisant. Il me semble bien que toute cette question mérite une étude approfondie tant au point de vue biblique et égyptologique que géographique.
Le rêve d’un roi d’Égypte raconté au chapitre xli de la Genèse appartiendrait, selon la critique moderne, à un des recueils les plus anciens, dont le texte actuel de la Bible a conservé des fragments. Ce document est connu sous le nom de Y ancien élohiste. Le rédacteur, ou plutôt le conteur qui l’aurait dicté1, semble avoir été très familier avec le cycle des vieux mythes, légendes et traditions, et il était très préoccupé des théophanies et des angélophanies ; les rêves étaient censés être des révélations de la divinité2. Mais ce qui caractérise encore ce conteur, c’est la couleur locale, pour ainsi dire, qu’il cherchait à donner à sa narration; par exemple, dans la partie relative à l’Égypte, à part les mœurs dépeintes, il a introduit des mots égyptiens. Pour bien faire ressortir ce fait, examinons de près le rêve, ou, si l’on veut, les rêves du roi racontés au xue chapitre de la Genèse.
Premier rêve, versets 1-4. Pharaon ( Par‘o ) rêva que sept vaches sortaient du fleuve ( min-hay or ) et elles se mirent à brouter l’herbe du marais ( bâ’âhoit ) ; sept autres vaches sortirent et se tinrent à côté d’elles sur la lèvre du fleuve Ç'al-sephat hay’or).
Passons maintenant en revue les mots égyptiens qui sont employés en transcription par allitération dans le texte hébreu de ce passage. Par un étrange destin, deux d’entre eux ont été conservés jusque dans nos langues européennes d’aujourd’hui.
I. Par^o. Les textes égyptiens de l’ancien empire font connaître un titre royal qui se lut, probablement