‹ Œuvres en prose de André ChénierChapitre 37 sur 121 · A LA NOUVELLE ASSEMBLÉE NATIONALE · texte numérisé non relu

A LA NOUVELLE ASSEMBLÉE NATIONALE

Octobre 1791.

lelqu'un, parmi vous ou hors de vous, représentants du français, trouvait étrange qu'un citoyen obscur el de utorité dans l'État, vienne arrêter vos premiers reurles réflexions que vos devoirs lui ont fait naître, et cette démarche de témérité et de présomption ; celui *ait une pareille remarque n'aurait pas encore assez des leçons de ces deux années et ne se serait pas enevé au niveau des institutions que nous devons aux lude ce siècle et au courage de vos prédécesseurs. Je crois js les membres qui siègent dans votre Assemblée sont -dessus de mes avis. Quelques-uns d'entre eux, qui me srsonnellement connus, me font ainsi juger de tous ; et is je pense qu'il peut vous être utile, et qu'il doit vous réable,de voir, par mon exemple, que lanation qui vous est composée d'hommes qui savent bien quelles charvous ont imposées, et qui peuvent vous dire avec pré-

article fut pablié pour la première fois dans Tédition de 1840, s le manuscrit autographe de l'auteur. » L'éditeur lui donne le 'dresse, qui ne paraît nullement lui convenir. C'est très-pront, à en juger d'après la rédaction du titre qui rappelle celui [ues-uns des morceaux publiés par André Ghénier dans le Moun article qui était destiné au même recueil, et qui ne parut pas : circonstance que nous ignorons. Il rappelle, par le sujet, le article du n» 117 des Révolutions de Paris, daté du 8 octobre est un peu plus tard que fut composé l'article d'André Ghénier. i note 2 de la page 107. On nous permettra de faire remarquer e facile et oratoire du début ; il rappelle l'art simple et aisé de bènes dans ses exordes.

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cision ce que la France attend de vous. Et ici je n'entends Im point parler des différentes parties de la législation que vous II devez entreprendre ou finir, et qui vous ont été souvent ex- k pressément léguées par rAssemblée dont vous occupez la m place ; mais je veux parler de Tesprit général et constant qui m doit vous guider, si vous voulez sincèrement porter ou entretenir le mouvement et la vie dans toutes les branches du système social qui vous est confié.

L'Assemblée nationale constituante, à travers mille obsta- «I clés et mille dangers, a enfin terminé un ouvrage qui a coûté des siècles de fatigue à d'autres peuples : une constitution ; j^ imparfaite sans doute : quel ouvrage humain est parfait? mais A qui porte en elle-même tous les germes de son amélioration, |d et qui n'en est pas moins, quelles que soient les taches dont elle puisse être ternie, le plus bel acte d'organisation sociale qui ait illustré les annales d'aucun peuple. Mais vainement aurait-on une bonne constitution, si toutes les limites tracées par elle n'étaient pas rigoureusement observées, c'est-à-dire si l'on n'avait point de gouveîrnement.

On peut dire que les députés qui succèdent à une Assemblée constituante sont plus propres qu'elle-même à l'établissement d'un gouvernement ; car elle ne peut souvent que présumer la volonté nationale, au lieu que la législature qui lui succède, étant élue par la nation, d'après les formes que la constitution indique, est une preuve indubitable du consentement de la nation à la constitution décrétée.

Vous êtes donc nommés par le peuple français, uniquement pour mettre en œuvre la constitution qu'il approuve et par qui vous existez.

A Dieu ne plaise que je veuille adopter ni répandre les soupçons ridicules dont j'ai vu quelques personnes s'alarmer ! On disait que plusieurs d'entre vous s'étaient réunis pour chercher les moyens de se déclarer pouvoir constituant. Je ne croirai pas qu'il y ait, dans votre sein, des honmaes sacrilèges et per-

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