‹ Œuvres en prose de André ChénierChapitre 51 sur 121 · QU'ON PRÉPARE AUX CHATEAUVIEUX · texte numérisé non relu

QU'ON PRÉPARE AUX CHATEAUVIEUX

Ce 2 avril.

Quelques hommes, toujours habiles à prouver que qui peut tout a raison, même sans nier tous les faits que Ton allègue contre la fête triomphale des soldats de Châteauvieux, neTattribuent qu'à un enthousiasme général, auquel, selon eux, rhonneur de la nation ou de la ville de Paris n'est nullement intéressé.

. D'abord, j'avoue que cet enthousiasme général ne m'a point frappé : j'ai même été frappé du contraire. J'ai vu un petit nombre d'hommes s'agiter, se démener et déclamer de pompeuses ampUfications. Tout le reste des citoyens m'a semblé voir ce projet, les uns avec une juste aversion, les autres, et c'est le plus grand nombre, avec la plus froide indifférence. Quant à ce que l'honneur de la ville de Paris est entièrement désintéressé dans cette affaire, j'ai quelque peine à le concevoir ; car il est bien évident que, ou la garde nationale de Metz ou le régiment de Château vieux ont été des meurtriers et

* Publié, le 4 avril 1792, dans le quarante et unième supplément du Journal de Paris. Quelques phrases de cet article servent d'épigraphe à un article de Regnaud de Saint-Jean d'Angély, inséré dans le n** 27 de VAmi des patnoies. On Ht dans la Feuille du jour, du vendredi 6 avril : « Nous invitons tous ceux de nos lecteurs qui font cas du bon esprit, de la raison animée par l'imaginalion et la sensibilité, des principes invariables de la morale et de la saine politique, à lire la leUre que M. André Chénier a fait insérer dans le supplément du Journal de Paris, de mercredi, contre la procession impie des soldats de Châteauvieux. Quelle distance consolante entre le bon Chénier, parlant avec élévation une langue que tous les coeurs droits entendent, et le Ghénier- Théroigne, qui signe avec transport tout ce que sa faction exhale de frénétique, et qui salit Melponr.cnc de toi/s les hiillons de la démagogie. »

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