HYMNE
su II L'ENTRÉE TRIOMPHALE DES SUISSES DE CHATEAUVIEUX ^
Salut, divin Triomphe ! entre dans nos murailles !
Rends-nous ces guerriers illustrés Pur le sang de Désille et par les funérailles
De tant de Français massacrés.
Jamais rien de si grand n'embellit ton entrée :
Ni quand l'ombre de Mirabeau S'achemina jadis vers la voûte sacrée
Oii la gloire donne un tombeau'; Ni quand Voltaire mort et sa cendre bannie
Rentrèrent aux murs de Paris, Vainqueurs du fanatisme et de la calomnie,
Prosternés devant ses écrits '.
* Publié, le 15 avril 1792, le jour même de la fête, dans le Journal de Paris, dans le corps même du journal et non dans un supplément. Dans la Correspondance polttigue^ du 7 avril, il avait déjà paru des vers contre la fête des Châteauvieux, par un volontaire de la garde nationale; ils ne valent pas la peine d'être cités. On trouvera, dans l'Introduction , les détestables vers que cet événement inspira à Marie- Joseph. Voyez, dans notre édition des Poésies d'André Chénier, les notes qui accompagnent celte pièce.
^ La translation du corps de Mirabeau au Panthéon eut lieu le 5 avril 1791. Voyez le Moniteur, du 6.
^ La translation du corps de Voltaire au Panthéon eut lieu le 11 juillet i791. Voyei le Moniteur, du 13.
18t ŒUVRES POLITIQUES. [15 tynl
Ua seul jour peut atteindre à tant de renommée,
Et ce beau jour luira bientôt !
C'est quand lu conduiras Jourdan^ à notre armée
£t Lafayette à Téchafaud.
Quelle rage à Coblentz! Quel deuil pour tous nos princes,
Qui, partout diffamant nos lois, Excitent contre nous et contre nos provinces
Et les esclaves et les rois !
Ils voulaient nous voir tous à la folie en proie.
Que leur front doit être abattu !
Tandis que, parmi nous, quel orgueil, quelle joie,
Pour les amis de la vertu, Pour vous tous, ô mortels, qui rougissez encore.
Et qui savez baisser les yeux.
De voir des échevins que la Râpée honore*
Asseoir sur un char radieux Ces héros que jadis sur les bancs des galères
Assit un arrêt outrageant, Et qui n*ont égorgé que très-peu de nos frères,
Et volé que très-peu d'argent !
Eh bien, que tardez-vous, harmonieux Orphées?
' Jourdan-coupe-tôle, qui s'était tristement illustré à la tête des brigauds de l'armée de Yauchise dans les troubles du Midi.
* Voyez le n° 144 des Bévolutions de Paris. Voici la note insérée dans le Courrier français^ du 12 avril ." « 11 avril. — Le procureur de la Commune [Manuel) avait requis que la municipalité nouyelle, qui ne proiile plus du repos des fôles, s'assemblât à la Râpée, pour renouveler ses forces dans un repas qui ne ressemblait en rien à un gala d'échevins. On a bu à la liberté, — à la constitution, — au peuple français, à l'Assemblée nationale et aux sociétés patriotiques (car c'est là tout le mystère, car les trois ne font qu'un), — aux nations amies, la France, l'Angleterre, l'Amérique (mention bonorable de la Pologne), — à la cbute des tyrans et des préjugés religieux, — à la traite des noirs abolie, — aux Marseillais qui veulent la paix d'Arles et le bonheur d'Avignon, — à l'union des fonctionnnaires publics, — au vertaeox Péliott, malgré lui. Le dîner a fini par une promenade dans les champs; le soir, chacun était à son posVe. i>