‹ Œuvres en prose de André ChénierChapitre 98 sur 121 · XIX · texte numérisé non relu

XIX

SUR LE SERMENT CIVIQUES ï

En effet, quand le poëte de Naziance dit : a Fuis le arment. — Qu'employerai-je donc pour persuader? -^ Ta parole et des mœurs qui rendent ta parole croyable. » Semblet-il imiter le langage de son divin maître, ou de ses maîtres profanes? Et quand Isidore de Peluse écrit : a Tous les hommes s'accordent à donner plus de crédit à la vie des hommes de bien qu'à un serment'. Si donc nous voulons qu'on nous croie, nous n'avons qu'à bien vivre. » Ne dirait-on pas que Jean Ghrysostome^ dont il était le disciple, lui avait fait moins étudier saint Mathieu que les philosophes?

Les Chinois avouent que leurs fondateurs étaient étrangers. D'ailleurs ils leur attribuent des institutions en tout genre qui décèlent la plus longue expérience. (Montrer et détailler cela,)

Dans les conseils, dans les fêtes, dans les spectacles, la jeunesse est arrogante et injurieuse; l'âge mûr, timide et pu-

< Ce fragment date probablement de 1791. Dans le n« 109 des Révolulions de Paris : a Oui, celui qui jure est honnête homme, ou il ne l'est pas : s'il est honnête homme, il n'a pas besoin de serment pour l'astreindre ; s'il est un fourbe, le serment est inutile, il ne le respectera pas plus que le cri de sa conscience. » Voyez deux articles sur le même sujet dans la Feuille du jour, du 16 et du 24 juin 1791.

siUanime; la vieillesse pétulante et inconsidérée^; Tenfance même déjà cruelle et corrompue.

De grands patriotes ont remarqué que des littérateurs qui écrivaient en hommes libres sous le règne du despotisme, ne s'expriment plus qu'en esclaves depuis que nous avons la liberté.

Les calomnies, même réfutées, n'en laissent pas moins de longues traces dans les cœurs passionnés qui les ont recueillies avec joie et qui les voyent détruire avec regret.

C'est un bienfait du ciel que les hommes qui ne sentent pas et qui ne pratiquent pas la vertu ne sauraient la peindre sans grimace et ne plaisent qu'à leurs pareils.

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