‹ Œuvres en prose de André Chénier: augmentées d'un grand nombre de morceaux inédits, etChapitre 22 sur 42 · SUR LE GÉNÉRAL LA FAYETTE · texte numérisé non relu

SUR LE GÉNÉRAL LA FAYETTE

n a eu raison de s^annoncer comme parlant au nom de tous les honnêtes gens, puisqu'il n'a fait réellement que leur prêter une voix familière aux oreilles de la Liberté, chère à la Constitution, et à qui la Patrie, tant de fois servie, donne plus de moyens

* Ce poème politique , qui parait avoir été acheTé , puisque ce fragment en est la préface , ridiculisait sans doute les clubs et les clubistes. On ne connaît rien de ce poème.

' Ce morceau, écrit àToccasion de la lettre que M. de la Fayette adressa en juin 1792 à TAssemblée nationale , se i*ctrouYe avec beaucoup de Yariantcs à la fin de la Lettre XVII aux Auteurs du Journal <te Paris, { Voy. plus haut. )

BT UTTfilAIKBS. 233

de persuasion et plus de droits à la confiance , en rappelant à nos Représentans et à tous les citoyens la fidélité scrupuleuse que nous avons tous jurée à la Constitution , en dénonçant au châtiment des magistrats les indignes auteurs ou complices d'attentats qui ont mis TËtat dans le plus grand péril qu'il eût encore couru , en éveillant toutes nos craintes sur les projets et les fureurs de cette hydre jacobme qui attaque Tune après Tautre toutes les autorités légitimes, et menace de dévorer le gouvernement et les lois et FEmpire; il n'a fait que revêtir de réclat que donnent à ses paroles quinze ans d'une reuommée acquise par le courage et par la vertu ; il n'a fait que proclamer, avec une solennité trop nécessaire, le langage constamment tenu par tous les honnêtes gens, et long-temps imité par ceux qui long-temps feignirent de l'être. Certes si , pour nous alar^ mer sur les suites de pareils attentats impunis, si pour nous découvrir l'abtme où nous précipite cette horde de tyrans et de fanatiques, il avait eu besom d*emprunter d'autres lumières que les siennes et d'autres témoignages que le sens commun et que la conscience de tous les Français, ce n'est pas, comme Ta prétendu un journaliste, que d'ingénieuses noirceurs et de tristes bouffonneries rendent piquant au goût de ceux qui ne 8ont point révoltés par l'imposture , la mauvaise foi la plus basse, ce n'est pas aux manifestes de Léopold et de Kaunitz qu'il eût été obligé de recourir, il aurait allégué des autorités d'un plus grand poids sur les bons citoyens et sur les sages ; il eût par exemple cité V Éloge de Franklin.,..

Page 1